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Visuel de l'introDelphine Giovannini, Jeremy Passat et Virginie Degois ont choisi l'apprentissage au CFA de Nimes. Ils sont jeunes et tres motivés par leur métier. Ils ont pour ambition de travailler dans de grands établissements renommés a moins qu'ils ne montent leur propre affaire.
Pauline Christiaëns




Virginie Degois

Le hasard, on le sait, fait bien les choses. C'est ainsi que Virginie est entrée dans ce métier sans véritable motivation et qu'elle est devenue passionnée... et plus que jamais déterminée.

« j'avais une amie apprentie cuisinière, moi je voulais être dessinatrice. Mais, finalement, un peu influencée par mon amie, j'ai opté pour la cuisine. Cela m'a tout de suite plu, et notamment le fait de créer. On réalise véritablement ce que l'on voit dans les magazines ».

Enthousiaste donc, Virginie poursuit. Elle suit une mention complémentaire traiteur, non pour en faire son métier mais pour apprendre, approfondir et élargir ses connaissances. Car Virginie est avide de savoir : « cette mention complémentaire est un atout qui m'a paru indispensable, la viande, la charcuterie, c'est complémentaire à nos métiers ». Alors poursuivant dans cette optique, elle entre en septembre 2002 en mention complémentaire desserts de restaurant au CFA de Nîmes :
« La pâtisserie est un art. Ce que l'on apprend est fin et subtil. C'est délicat et raffiné. Mais, c'est aussi plus difficile. Les proportions, par exemple, doivent être très précises, la marge de manoeuvre est à 5 grammes près. Il faut être calme, recommencer 10 fois le même mouvement pour arriver à des automatismes ».
Un métier riche de connaissances
Virginie est en apprentissage à l'auberge La Borie à Mandagout dans les Cévennes. Elle y est polyvalente en cuisine, aux plats chauds et en desserts. Son maître d'apprentissage Madame Roche est très à l'écoute, comme le précise Virginie : « elle m'explique le métier, elle est très ouverte. Lorsque j'apprends quelque chose de nouveau à l'école, nous l'essayons au restaurant, cela me permet de m'exercer et de progresser. J'applique ce que l'on m'enseigne au CFA ». Virgine est heureuse de ce relationnel et de cette confiance qui lui sont donnés, car cela n'a pas toujours été le cas : « quand on est une femme en cuisine, il me semble que c'est moins facile.
On ne m'a pas toujours donné des responsabilités. Même pour monter la mayonnaise, il fallait que ce soit quelqu'un d'autre qui le fasse. Je pense que cela évolue. Mais il arrive encore trop souvent de tomber sur des patrons qui nous dégoûtent de la profession. Pourtant, j'encourage les jeunes à aller dans ce métier. Il a de l'avenir, il existera toujours. Il y a tellement de possibilités variées de travailler et d'apprendre. Il est si riche de connaissances... »
Un rythme d'étude soutenu
Virginie s'investit énormément. Elle avoue que le rythme d'apprentissage est soutenu « il faut étudier à la maison , cela est nécessaire car l'assiette que l'on présente à son client doit être parfaite, la marge d'erreur en cuisine est très faible". Le rythme justement est tout aussi soutenu pendant le service, mais les coups de feu lui procurent une certaine jubilation : « dès que le premier client arrive, tout s'accélère, c'est le coup de feu pendant deux heures, et cela me procure un bien être, il y a une complicité qui naît de ces moments au sein de l'équipe ».
Les horaires, bien sûr elle y pense « on ne sait jamais à quelle heure on termine. Mais, je ne conÚois pas de faire un autre métier. Les 35 heures, c'est de mon point de vue inapplicable, on ne peut pas jeter le client. Je me demande si les gens qui font la loi connaissent nos métiers. On dit souvent que c'est un métier ingrat et mal payé mais il me semble que dans tous les métiers, lorsque l'on débute on est en bas de l'échelle, au départ, le salaire est faible mais avec l'expérience et les diplômes tout s'enchaîne ».
Devenir son propre patron
Après sa mention complémentaire, Virginie pense au Bac pro. « il me donnera de l'assurance ». Puis forte de ces diplômes, elle s'est donnée pour objectif de monter sa ferme auberge dans les Cévennes : « il n'est pas facile d'être jeune pour s'installer. Je serais une jeune chef et ma propre patronne. Je ferai travailler mon frère en pâtisserie. J'aimerais partager ce projet avec ma famille ». L'objectif de Virginie est de satisfaire ses clients, comme elle le précise : « je n'ai pas de grandes ambitions, la gloire serait que mes 20 clients soient contents et me soient fidèles, les étoiles ne m'intéressent pas ».

Pauline Christiaëns