Après de nombreuses années passées dans de grands établissements parisiens, Jocelyne Debache décide de souffler un peu sans pour autant abandonner toute activité ni sa profession. Elle décide alors de s'orienter vers l'hôtellerie et s'installe au Cheval Blanc à La Plaine Saint-Denis. Un hôtel pittoresque et chaleureux dont l'intérêt social est loin d'être négligeable.
Un hôtel reposant
Que l'on soit parisien ou non, il n'est pas nécessaire de décrire les avantages et les charmes de Paris pour en apprécier la chaleur. La proche banlieue manifeste elle aussi jusque dans les briques rouges de ses immeubles presque centenaires une nostalgie à laquelle on ne peut échapper. Ici, à La Plaine Saint-Denis, on comprend que les romans policiers de Léo Malet ne sont pas seulement des fictions, car les ruelles où défilent les ombres et les hôtels où l'on vit demeurent. Tardi a dû se promener dans les environs pour dessiner le cœur parisien qui ne se révèle qu'à la nuit tombante.
L'hôtel du Cheval Blanc aurait pu figurer dans l'un de ces romans, ainsi que sa directrice, Jocelyne Debache dont le parcours s'enracine dans la tradition des grandes brasseries parisiennes : “j'ai toujours exercé ce métier, avoue-t-elle, par goût du contact avec la clientèle. J'ai tenu un gros établissement près de la Madeleine, Le Majestic, puis une pizzeria à République, Le Milos. Mais, comme je commençais à être un peu fatiguée, j'ai voulu trouver une activité à la fois plus reposante et qui me permettrait de rester dans la profession. Car, au Milos, il m'arrivait souvent de servir 350 couverts de 18h à 1h du matin et je n'avais pas le temps de me reposer. C'est la raison pour laquelle j'ai cherché un hôtel un peu excentrer qui me permettrait à la fois de continuer d'exercer mon métier de gestionnaire que je connais très bien et de souffler un peu. J'ai trouvé Le Cheval Blanc et je l'ai adopté, car non seulement j'apprécie l'hôtel pour sa tranquillité, mais encore parce que pendant très longtemps j'ai eu une écurie de 32 chevaux à Chantilly !”.
Un intérêt social
L'hôtel du Cheval Blanc a cependant une particularité : “en fait, explique Jocelyne Debache, je travaille principalement avec des organismes sociaux officiels qui placent ici des familles en attente d'un relogement. Ce sont des gens dont les immeubles ont pris feu, par exemple, ou des personnes qui ont perdu leur travail et qui ne peuvent plus payer leur loyer. Pour moi, c'est une façon comme une autre de travailler qui, en plus, a un intérêt social. Certes, je suis payé par le Trésor Public et cela prend toujours un certain temps. Mais, ce serait sûrement au moins aussi long si je travaillais avec des tours operators.
En revanche, poursuit-elle, avec les organismes officiels, l'hôtel est presque complet toute l'année, car les familles restent de 15 jours à 6 mois et dès que l'une s'en va, une autre arrive, car il y a 12 millions d'habitants en Ile de France, et les foyers sociaux d'accueil sont eux-mêmes complets”.
Il y a une ambiance familiale très chaleureuse
Ce mode de fonctionnement n'exclut pas néanmoins le travail normal et traditionnel d'un hôtel : “malgré les longs séjours de certaines familles, précise Jocelyne Debache, Le Cheval Blanc propose un service normal avec tout le confort adéquat. Les chambres son faites tous les jours et les serviettes sont systématiquement changées. Lorsque des clients qui sont restés longtemps ont trouvé un autre logement, nous refaisons la chambre, car il faut la rafraîchir. Mais, poursuit-elle, nous accueillons également une clientèle plus classique : une speakerine étrangère en stage en France a passé plusieurs mois ici et nous avons souvent des candidats qui passent dans les différentes émissions de télévision, car les studios sont juste en face”. Finalement, Le Cheval Blanc est une véritable maison de famille : “j'ai de très bonnes relations avec ma clientèle, avoue Jocelyne Debache. Je reçois mes clients toujours très aimablement, car il est toujours très difficile de devoir quitter son logement. Dans ces situations délicates, il faut être psychologue et diplomate. Dans l'ensemble, poursuit-elle, il y a une ambiance familiale très chaleureuse : tout le monde se parle et quand ils repartent je les vois souvent verser une larme”.
Une restauration familiale
Le restaurant, en revanche, n'est pas comparable aux établissements que Jocelyne Debache avait tenu auparavant : “En réalité, précise-t-elle, c'est une petite affaire qui propose essentiellement des pizzas et des plats familiaux au déjeuner. La clientèle est composée, pour la plus grande partie, d'habitués qui travaillent dans le quartier pour une moyenne de 20 à 25 couverts par jour. Je comptais beaucoup sur le Stade de France, mais en fait il est trop éloigné et nous n'en avons aucune retombée. Mon objectif de départ n'était cependant pas de développer le restaurant, mais de tout axer sur l'hôtel”. Malgré tout, Le Cheval Blanc propose un menu à 10 € et une carte relativement fournie : des pizzas de 6 à 9 € (Margueritte, Napolitaine, Isabella, Neptune, Orientale, Quatre saisons, Romaine, etc.) ; des entrées et des salades de 3 à 8 € ; des omelettes garnies de frites ou de salade, de 6 à 8 € ; des pâtes de 6 à 8 € (Spaghettis Napolitaine, Bolognaise ou à l'Orientale, Tagliatelles Carbonara et Pennes Bolognaise gratinées au four). Le menu à 10 € propose, après les entrées : Entrecôte grillée Maître d'Hôtel, Escalope Milanaise, Pavé de Saumon grillé ou façon normande ; plateau de fromages et desserts.
Finalement, Jocelyne Debache a réussi à trouver l'activité qui répond exactement à ses ambitions : “après tant d'années de suractivité, je suis heureuse d'être ici, conclut-elle, et de m'occuper entièrement du Cheval Blanc. En outre, je suis actuellement en train d'acheter un autre hôtel pour y faire à peu près la même chose”.
Activités : hôtel, bar, restaurant
Hôtel : 28 chambres (dont 22 grandes) de 55 à 60 €
Restaurant : menu à 10 € ; pizzas, pâtes