Quand il évoque l'installation de son établissement, la Cucaracha, à Vannes, Jean-Luc Gallo ne cache pas que les difficultés ont été nombreuses, la question d'argent n'étant pas la moindre d'entre elles : J'ai dû me présenter dans toutes les banques de la région pour finalement en trouver une, qui n'était pas la mienne, prête à me faire confiance et à prendre le risque, en vérité limité, de financer une création
Comme en écho, Catherine Priet, chargée de clientèle professionnelle à la Banque Populaire lui répond : Pour accorder un prêt, il n'y a pas de standard. C'est plutôt au cas par cas : ce serait trop bête d'être figé sur des ratios et des chiffres clefs. En plus, dans chaque situation, il y a une question de feeling entre nous et le demandeur
Quel que soit le projet d'entreprise qui est dans les cartons, l'apport personnel doit être de 25 à 30% du montant total, le spécialiste de la finance commencera par poser des questions de base, les premières d'entre elles étant liées à la personnalité du demandeur : Dans chaque dossier, il y a un homme clef et c'est celui-ci qui nous intéresse le plus. S'il a par exemple de l'expérience à faire valoir, ça peut être un vrai plus. Mais s'il n'en a pas, ce n'est pas rédhibitoire pour autant : il peut stimuler notre confiance par son envie, sa volonté et son engagement. L'autre élément important est de connaître le montant de l'apport personnel qu'il peut mettre dans la balance : on aime bien qu'il se monte à 25 ou 30 % de l'enveloppe globale nécessaire, parce que cela montre que l'engagement de la personne est important. N'empêche il faudra quand même une caution pour couvrir le prêt éventuel : Si la personne n'a aucune valeur patrimoniale, nous demanderons une caution à un membre de sa famille ou à un proche
A ce premier contact, s'ajoutera très vite une étude du projet en lui-même pour en évaluer sa faisabilité, en mettant en parallèle l'idée et le marché : Pour un projet lié à la restauration par exemple, le concept est important ce qui nous oblige à suivre en permanence l'évolution de la profession, les modes et les tendances. Et la question essentielle doit être celle-ci : les clients sont-ils prêts à accepter la nouveauté ? Si bien que le financement d'un même projet peut être accepté à Paris, mais refusé à Saint-Etienne et inversement ! L'emplacement du commerce est un autre élément important pour le montage du dossier. La réflexion sera différente pour un agrandissement ou une rénovation parce que les chiffres existants facilitent le montage du dossier : On va s'attacher à analyser ce que la nouveauté va apporter à l'établissement et s'il y a une réelle nécessité. La demande est-elle trop forte ? Un changement de concept est-il nécessaire ? Mais on pourra regarder les comptes ensemble pour décider si une poursuite de l'endettement est envisageable. Si bien que dans ces cas là, il n'y a pas de montant préétabli : c'est l'importance du chiffre d'affaires qui sera déterminant justifie Catherine Priet.
Pour compléter le soutien bancaire, la Banque du développement des PME propose également un prêt qui s'adresse à toutes les entreprises quel que soit leur secteur d'activités à condition que le demandeur ne soit pas déjà installé dans une autre affaire. Obligatoirement en accompagnement d'un concours bancaire, il peut se monter au triple du prêt initial, dans une fourchette allant de 3000 à 8000 et finance en priorité les besoins immatériels de l'entreprise (frais de démarrage).
Il est pourtant des passés plus difficiles que d'autres à assumer. L'exemple de Dominique Viallon qui à Saint-Etienne vient de racheter La Maison, est en ce sens symptomatique. Que l'établissement ait été en redressement a forcément permis de négocier un prix d'achat plus abordable ; en revanche, il lui a fallu convaincre ses interlocuteurs que le potentiel de l'affaire était important, à condition d'élargir le cercle de clientèle visée. Pour Patrick Chabanol, propriétaire de l'Odyssée, autre établissement stéphanois qui demandait à être relancé, la discussion a par contre été facilitée par l'expérience acquise depuis de nombreuses années dans différents bars, pubs ou brasseries qui ont tous fonctionné parfaitement.
Outre le banquier, la Chambre de Commerce a pour rôle principal de participer au développement économique d'un secteur géographique déterminé, avec en tête l'idée permanente de la pérennité de l'entreprise créée. A cette fin d'augmenter encore et toujours le taux de pérennisation, les C.C.I. ont d'ailleurs créé le concept Entreprendre en France qui permet au créateur de bénéficier d'un réseau de compétences et d'une chaîne de conseils financiers en particulier. S'il n'y a pas forcément d'aides directes, sonnantes et trébuchantes, c'est tout le parcours de montage du dossier, d'étude de faisabilité et de projection sur l'avenir qui est facilité : pas forcément le plus facile à effectuer seul quand on n'est pas du métier !
Les possibilités d'exonération
D'autres aides indirectes sont possibles pour les créateurs d'entreprise. Mais attention, les lois évoluent rapidement
Il est donc indispensable de se renseigner des possibilités existantes au jour J, auprès de la Chambre de Commerce et d'Industrie ou des Directions Départementales des Services Fiscaux. Les exemples cités ci-dessous étaient valables au début de l'année 2003.
Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d'entreprise
1. Chéquiers conseilsObjet : le chéquier conseil est composé de six chèques d'un montant unitaire
de 45, 53 euros pris en charge par l'Etat. Un chèque équivaut à une heure de conseil.
Bénéficiaires : les demandeurs d'emploi non indemnisés inscrits à l'ANPE
depuis plus de six mois, les demandeurs d'emploi indemnisés et les bénéficiaires du RMI, leur conjoint ou concubin.
Modalités : trois chéquiers conseils nominatifs, dont deux au maximum
peuvent être utilisés avant la création de l'entreprise, d'une durée de validité de 18 mois.
2. Exonération de charges socialesObjet : exonération des cotisations sociales pendant un an à compter, soit de la date d'affiliation du créateur au régime des non-salariés, soit du début de l'activité de l'établissement si l'exception du régime de retraite complémentaire. Pour les autres bénéficiaires, l'exonération ne porte que sur la partie des revenus ou rémunérations ne dépassant pas 120 % du SMIC.
Sont donc exonérées les cotisations d'assurance maladie, maternité, invalidité, décès, d'allocations familiales, d'assurance vieillesse de base et d'assurance veuvage.
Exonération d'impôts sur les bénéfices
Objet : sont exonérés à 100 % les bénéfices réalisés au cours des 24 premiers mois ; l'abattement est de 75 % pour la 3ème année, de 50 % pour la 4ème année et de 25 % pour la 5ème année.
Nature de l'activité concernée : industrielle, artisanale, libérale ou commerciale.
Modalités : Création pure d'une entreprise quelle que soit la forme juridique non détenue majoritairement par une autre entreprise ; l'entreprise doit être au régime fiscal du réel.
Exonération de la taxe professionnelle
Objet : l'exonération porte sur les deux premières années d'exigibilité d'impôts locaux, soit les deux années civiles qui suivent celle de la création d'entreprise.
Bénéficiaires : les entreprise nouvelles bénéficiants de l'exonération d'impôts sur les bénéfices et les reprises d'entreprises en difficultés.
Modalités : L'exonération porte sur la taxe professionnelle et/ou la taxe foncière sur les propriétés bâties ; l'exonération doit avoir été décidée par les collectivités locales et les organismes consulaires : sa portée sera donc différente d'une commune à l'autre.
Voulue comme une concrétisation officielle de la reconnaissance du niveau atteint par des professionnels, la généralisation du CPQ, pour Certificat de Qualification Professionnelle, prend tournure. Initié par la fédération nationale de la restauration française, que préside Francis Attrazic, le projet consiste à valoriser ceux qui ont suivi un véritable cursus et de renforcer la démarche qualité préconisée par les instances de la restauration française. Sa détention devrait conduire à des facilités pour s'installer, comme un accueil plus favorable de la part des institutions financières ou des sociétés d'assurance, un accès plus aisé à des aides publiques ou de collectivités territoriales.