L'établissement de Guy Baster, ouvert à l'automne dernier, est tout entier dédié à la moto et à la culture américaine : un paradis pour les amateurs de deux-roues, de blues et de convivialité.
La passion de la moto
Guy Baster est un néophyte dans le monde du bar-restaurant. Pas dans celui du commerce. Bijoutier de formation, il a arrêté cette activité voici vingt ans pour allier travail et passion, en ouvrant dans un même bâtiment un atelier de carrosserie et un musée de la moto. Car, le deux roues, il en est passionné depuis la naissance. Comme si en guise de berceau, ses parents lui avaient offert une Harley-Davidson. Alors depuis longtemps, il achète, il recherche, il collectionne tout ce qui a trait à l'univers des gros cubes jusqu'à posséder une collection d'importance, suffisante pour ouvrir un musée : A l'intérieur du musée, j'avais créé un petit bar pour les visiteurs. Mais je suis maniaque et, entre autres, je ne voulais pas que les clients fument
Ce pourrait n'être qu'anecdotique. Cela ne l'est pas car Guy Baster a décidé voici quelques années de transformer l'atelier de carrosserie en bar-restaurant. En saloon de l'Ouest américain plus exactement : Je me suis occupé de tout le design de l'établissement. Et je me souvenais des films de cow-boys que je regardais lorsque j'étais enfant, des B.D. de Lucky-Lucke
C'était ce genre de saloon que je voulais ouvrir : un bar tout en bois, avec des motos en décoration et une scène parce que les bikers aiment bien la musique. Pour ne rien laisser au hasard, Guy Baster n'a hésité sur aucun sacrifice : Quand j'ai attaqué le chantier, je suis parti aux Etats-Unis avec un copain décorateur et un architecte. Nous sommes allés à un rassemblement Harley à Daytona et nous avons traversé les U.S.A. de Miami à Atlanta. Bizarrement, nous n'avons ramené aucune idée. Non pas qu'ils n'ont pas d'idées, mais ça ne correspondait pas à ce que je cherchais.
Un bar tout en bois, avec des motos en décoration et une scène
Aujourd'hui, l'Indian Saloon, du nom d'une marque de moto américaine bien sûr, est ouvert depuis huit mois. Sans publicité spécifique, mais en s'appuyant sur le bouche à oreille et un réseau amical chez les motards, l'établissement fait le plein avec en moyenne mille clients le samedi : Le premier bilan, après six mois d'exercice, fait apparaître un chiffre d'affaires deux fois et demi plus important que l'objectif fixé. Une réussite qui n'étonne pas lorsqu'on visite l'endroit.
L'Indian Saloon est immense, 600 m2, fait d'une grande salle centrale devant la scène et d'une mezzanine, autant lieu de consommation que d'exposition. Guy Baster a transféré une petite partie de son musée dans son bar-restaurant, où tout est dédié à la moto et à la culture américaine. Si des engins de toutes marques, Indian en particulier, sont parsemés dans l'établissement, ils côtoient des pompes à essence, des statues d'indiens ou de pin-up, des plaques de rues au doux nom d'Elvis Presley boulevard, Rock and roll avenue ou Harley Davidson road, des tomahawks et d'innombrables plaques émaillées publicitaires.
Pour asseoir encore plus la spécificité de l'Indian Saloon, des concerts sont organisés deux à trois fois par semaine, avec au programme du blues, du country et du rock bien sûr. Mais Guy Baster ne s'arrête pas à cette animation musicale et n'hésite pas à viser haut. Début mai, il a ainsi mis sur pied une exposition de camions américains, ces trucks gigantesques : 80 % du parc français était présent à Riom. Et cet été, les 12 et 13 juillet, pour fêter les cent ans de la marque Harley Davidson, il a prévu d'organiser un rassemblement de motos et de motards
Comme le musée attenant fonctionne toujours, il peut aujourd'hui assurer un service complet pour les amateurs : visite de l'exposition et repas, rôtisserie principalement, ou consommation. L'idée forcément séduit les voyagistes qui peuvent proposer un véritable pack. D'autant que le stationnement ne pose pas problème : Guy Baster possède plusieurs hectares de terrain autour de l'Indian Saloon. D'ailleurs, quand la terrasse couverte de 200 places sera effective, il songe déjà à construire un hôtel
Le conseil du propriétaire Guy Baster
A l'occasion du rassemblement de trucks organisé lors du week-end du premier mai, une tombola a été organisée. Classique ? Pas forcément quand on connaît les lots mis en jeu ! Le premier prix était un pick-up et le second une moto Harley-Davidson
Pour parvenir à rentrer dans ses frais, voire réaliser un léger bénéfice, il a dû vendre 5000 billets au prix unitaire de 5 Euros. Et ça a marché au-delà des espérances : il est vrai que pour l'occasion, une campagne publicitaire a été effectuée sur les radios F.M., mais aussi par affichage dans la France entière !