Un lieu de détente
Le parcours de Rémi Pichon montre clairement qu'il n'était pas destiné à exercer le métier de cafetier : en réalité, avoue-t-il, j'ai fait un DESS de management du sport avec une spécialisation dans la communication de l'événementiel. Ma venue ici, en décembre 1996, fut une pure opportunité, mais la vie est faite d'opportunité. Malgré tout, Rémi Pichon, avait une idée assez précise de ce qu'il voulait créer : je ne voulais pas travailler dans un établissement traditionnel, précise-t-il. Mon objectif était d'offrir des prestations adaptées à une clientèle largement ouverte sur une certaine culture. Car, poursuit-il, le Bistrot d'Utopia se situe dans un complexe culturel qui comprend certes un cinéma du même nom, mais également une salle de concert spécialisée dans le jazz et un studio de danse contemporaine. En outre, j'organise régulièrement des rencontres thématiques après certaines projections cinématographiques ou des expositions de photographies et de peintures afin, non pas de transformer le Bistrot en galerie, mais de faire connaître de jeunes artistes.
Il faut dire que l'environnement du Bistrot d'Utopia est particulièrement propice à cette ambiance de chaleur et de culture : nous sommes à l'écart tout en étant au centre ville, explique Rémi Pichon, dans un ancien bâtiment qui servait à la fabrication d'armes. On vient ici par les rues piétonnières d'où l'on peut voir la tour de l'ancienne chambre des Souverains Pontifes ; on traverse un jardin et on passe sous un porche pour arriver sur une verrière. Ce privilège, on le doit en réalité aux créateurs des cinémas Utopia : ils ont toujours tenu à implanter leurs salles non seulement dans des villes précises, en général étudiantes comme Aix-en-Provence qui a vu l'ouverture de la première salle, mais encore dans des lieux précis, comme à Bordeaux où le cinéma a élu domicile dans une Eglise. Si bien, poursuit-il, que le fait qu'un tel lieu existe à Avignon est exceptionnel et que cela explique sans doute qu'il y a des gens qui viennent ici depuis Manosque ou Montélimar.
Privilégier les relations humaines
De ce fait, on peut facilement comprendre que le rythme du Bistrot d'Utopia suive celui du cinéma, aussi bien en ce qui concerne l'activité commerciale que la relation à la clientèle : Le Bistrot d'Utopia, précise Rémi Pichon, existe à 80% grâce aux activités culturelles qui l'environnent et, notamment, grâce au cinéma qui attire 250 000 personnes par an. Bien évidemment, la grande différence avec un établissement traditionnel, et notre souci principal, est l'afflux par vagues successives des clients en fonction des séances. Outre la nécessaire rapidité du service, nous avons adapté notre offre à la demande en proposant des produits frais à grignoter avant ou après le cinéma, ce qui était répondre à une demande de la clientèle : on propose des tartines grillées, des tartes salées, des salades composées et des sandwichs accompagnés, lorsque les clients le désirent, de vins régionaux que je m'efforce de faire découvrir ; tout cela pour des prix très raisonnables : de 2 à 5,5 si l'on veut manger ; le café à 1 , les bières à la pression ou en bouteille de 2 à 2,8 , des apéritifs de 2,3 à 2,5 ; un verre de vin à 1,6 ou une bouteille à 10 , des boissons chaudes et des rafraîchissements de 1 à 2,5 . Car, poursuit-il, l'une des spécificités du Bistrot d'Utopia, est sa politique de prix peu élevés, conforme à celle du cinéma : les clients qui viennent voir un film ici ne payent pas le même prix qu'ailleurs, de sorte qu'ils ne comprendraient pas que le Bistrot d'Utopia s'alignât sur les prix pratiqués en plein centre.
Mais, quoiqu'il en soit, l'aspect commercial n'est pas nécessairement le souci principal de Rémi Pichon : pour ma part, avoue-t-il, je n'ai jamais développé une publicité agressive, car je conçois plutôt mon activité sous l'aspect humain que sous l'aspect commercial. Certes, je m'efforce de bien accueillir la clientèle, mais je prends également beaucoup de plaisir à discuter avec les clients et à passer un moment avec eux. Ce privilège accordé aux relations humaines a donc permis au Bistrot d'Utopia d'acquérir une clientèle propre : nous avons réussi à fidéliser une clientèle, explique Rémi Pichon, car nous allons directement à l'essentiel. L'ambiance que nous avons créée ne se fonde sur aucun artifice : les après-midis d'hiver, nos clients et surtout nos clientes viennent siroter un verre autour de la cheminée ou lire quelques heures, tandis que l'été ils viennent s'installer à la fraîcheur. Bien évidemment, poursuit-il, nous avons également une clientèle de comédiens du théâtre et de journalistes au moment du festival, car non seulement la rapidité du service et les produits que nous proposons leur permettent de jongler avec les différentes représentations, mais en outre ils avouent eux-mêmes que les prix sont très raisonnables et qu'ils sont très bien chez nous.
Il est vrai que l'on est très bien au Bistrot d'Utopia et on peut souhaiter que Rémi Pichon y demeure longtemps, mais aussi que l'on favorise, d'une manière ou d'une autre, ce type d'établissement, où l'on se sent chez soi.
Les conseils du cafetier Rémi Pichon
Pour faire front à l'afflux de clientèle au moment des séances nous avons adapté notre offre à la demande en proposant des produits frais à grignoter avant
ou après le cinéma.
Pour fidéliser une clientèle propre, c'est-à-dire non nécessairement liée au cinéma, nous avons créé une ambiance chaleureuse et culturelle sans aucun artifice.
- Activités : bar, snack, expositions de peinture et de photographies.
- Ouverture : tous les jours de 12h à 1h.