Au 34 rue Marboeuf à quelques mètres des Champs Elysées, la plus belle avenue du monde, il y a d'abord eu un cinéma. Puis une salle de réception. Spectacle, accueil : il était presque normal qu'en 1999 vienne s'y élever l'un des plus hauts lieux de la scène parisienne, le Man Ray.
Le Man Ray, bar, restaurant et lounge mais aussi espace modulable pour les grandes entreprises qui veulent y organiser dîners, conférences et débats, a été pensé par Thierry Kléméniuk et porté sur les fonds baptismaux de la vie internationale par quatre des enfants terribles du cinéma nord américain, Johnny Depp, Mick Hucknall, Sean Penn et John Malkovitch, associés au projet. Le lieu est bien à l'image que véhiculent les quatre grandes stars internationales : délibérément ouvert sur la culture positive de notre temps, celle du village planétaire global, celle du Net, celle du monde à portée de main où l'individu, quel qu'il soit, est projeté au cur du système dont il possède désormais la clef et la maîtrise. Ce n'est donc pas un hasard si le lieu porte le nom d'un des plus grands artistes photographes de tous les temps, Man Ray, dont les tirages Noir & Blanc de beautés aériennes et nues épousant de grands masques africains, hiératiques et nobles, ont fait le tour du monde. Man Ray, l'artiste surréaliste qui, au cur des années 30 et des périls totalitaires et racistes montants, a préfiguré en génie visionnaire le discours de l'art pop puis new age-techno contemporains. Celui de l'espoir en un monde meilleur qui serait parvenu à réunir pacifiquement en une seule et même grande ligne de force toutes les cultures du monde.
Réunion de tous les sens
Nous voilà donc confortablement installés dans les divans ou fauteuils profonds de ce lieu majestueux et étonnamment convivial : un décor somptueux et spectaculaire où se mêlent les statues géantes des divinités de la félicité d'Extrême Orient aux fontaines et faïences de l'âge d'Or du Califat humaniste et lettré de Cordoue, sous la grande verrière de vitraux colorés qui filtre la lumière crue du dehors pour donner à l'espace de restauration ceint des salons et du bar tout en courbes de ses mezzanines, ses allures de patio intemporel. L'Occident enfin réconcilié avec ses racines plongées dans les eaux fertiles de toute l'Asie. Voilà l'esprit de l'endroit. Majeur. Forcément majeur.
Il ne suffit pas de planter un décor raffiné et sophistiqué pour attirer une clientèle variée de jet setters et fashionistas issus des milieux de la mode, du show business, de l'art et des affaires et de les mélanger aux jeunes, cadres et branchés de la capitale. Il y faut aussi un esprit de fête. Il faut donc que tous les sens y soient ravis. Là bas, derrière le passe, officie Georges Vernotte. Georges Vernotte ? Un parcours gastronomique impressionnant : le Vaudeville à San Francisco, la ville la plus française des USA. Et puis le Sept, le Maxim's, le Beauvilliers et le Crillon à Paris. Et même, Chef personnel de Francis Ford Coppola, le réalisateur des mythiques Apocalypse Now et Dracula. Un Chef à l'image du Man Ray : une cuisine internationale où l'art culinaire français sait rendre un vibrant hommage à la cuisine japonaise et thaï dans ce qu'elles peuvent avoir de plus beau à travers la patte du Maître Sushi Luu, son camarade de batterie. Qu'on en juge ! Cappuccino de langoustines mousse de poivrons doux ou Cuisses de grenouilles façon sel et poivre au Wok. Pintadeau fermier au parfum de romarin en cocotte ou Nigiri Moriwase. Et pour finir en beauté, Patrice Garreau, ancien élève de Robuchon, le Chef Pâtissier, signe la Macaronade à la pistache du Piémont ou Pailleté aux perles de champagne.
C'est l'esprit qui guide la réussite d'une entreprise
Tous les sens ? A la vue, à l'odorat, au goût, et au toucher des matériaux nobles, il y a aussi l'ouïe. On peut donc aussi y entendre la musique de notre temps dans ce qu'elle a de plus novateur et créateur. Les sonorités traditionnelles d'Afrique, d'Amérique, d'Asie et d'Extrême Orient passées au crible du dernier cri des logiciels de Création musicale Assistée par Ordinateur. Pour que l'âme des aficionados du lieu, les sens rassasiés, s'y élève dans une spiritualité nouvelle et ouverte au monde : celle des beautiful people. Des musts que l'on retrouve dans tous les bacs des bons disquaires sous l'appellation Man Ray.
C'est l'esprit qui guide la réussite d'une entreprise et son succès. Cela vous étonne de trouver depuis le 11 juillet dernier une extension du Man Ray parisien sur la 15ème rue, au cur du Chelsea de New York ?