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Episode d'une nuit passée à l'hôtel (presque imaginaire…)


Il y a comme moi, des centaines de milliers de nouveaux nomades, dont les obligations professionnelles les amènent à coucher, en semaine, hors de leur lit habituel.
Selon l'époque et le lieu, on les appelle aujourd'hui des hommes d'affaires ou bien hier, des voyageurs de commerce. Ces nomades ont tous un point commun : ils vont à l'hôtel.
C'est souvent très bien… mais c'est parfois moins bien et des fois franchement horrible…
Alors amis hôteliers, prêts pour lire le récit d'une nuit passée à l'hôtel presque imaginaire du client que je suis ? Allons-y…
Réserver, c'est parfois difficile
La réservation de la chambre : c'est parfois très sportif si l'on n'est pas connu : plusieurs coups de fils, des fax, des n° de carte de crédit, etc. On continue par l'accueil, ou plus exactement l'absence d'accueil. Les contraintes professionnelles ajoutées aux retards d'avion, plus le temps de louer sa voiture, plus le temps du trajet font que j'arrive à mon hôtel entre 23h et minuit.

Bien évidemment, ma chambre a été confirmée par fax et j'ai usé mon portable pour expliquer après ce premier train de démarches administratives que mon heure d'arrivée sera tardive. Là, tout se gâte… Je me prends un éventail de critiques sur le thème “on a autre chose à faire qu'à attendre les noctambules…” Un peu plus de portable et j'obtiens très péniblement que la clé soit laissée sous le paillasson ou dans la jarre qui est à droite de l'entrée…
Evidemment, le balisage de l'hôtel est aléatoire et je fais deux fois le tour de l'agglomération avant de le trouver, au milieu d'une cour éteinte, ce qui me permet de faire connaissance avec les buissons. Aux piqûres doublées de griffures, j'identifie de l'excellent Pyracantha.
Je me mets à espérer ne pas avoir déchiré mon pantalon et entame un nouveau jeu de pistes pour trouver clé et chambre. Ah ! le sentiment de délivrance que l'on a en y rentrant.
La nuit, le client a faim
Ce sentiment est vite estompé par une autre certitude : “j'ai faim” et le petit sandwich servi dans l'avion est bien loin. Je cherche dans le frigo. Rien si ce n'est des bouteilles d'eau dont l'une est déjà entamée… Même pas de cacahuètes…
Je me mets à fantasmer sur une large palette de nourriture simple que je serais prêt à payer sans en discuter le prix : tranche de jambon, barquette de salade, viande froide, œufs durs… A défaut de manger, je veux recharger mon téléphone portable et me mets à la recherche d'une prise électrique. Hélas, mon hôtelier voulant sans doute me protéger contre la tentation de m'électrocuter les a proprement supprimées… et le frigo est bloqué rendant inaccessible sa prise.
Cette recherche infructueuse me permet de découvrir, placardée contre la porte, une information sur l'obligation d'économiser l'énergie, comme l'a d'ailleurs recommandé Madame la Ministre de l'environnement…
Communication hypocrite
Mais je n'en ai pas fini avec la “communication hypocrite”. Dans la salle de bains, un autre avis péremptoire m'informe que mon hôte est un farouche partisan de “l'investissement durable” et que je ne dois pas user d'eau ou les serviettes dont je n'ai pas strictement besoin.
Autre souci : le petit-déjeuner. Je découvre placardé dans un autre coin de la chambre un avis m'informant que celui-ci doit être commandé avant 22h. Je m'endors soucieux de la future privation.
Le lendemain matin : renégociation pour obtenir un petit-déjeuner et j'ai droit au très classique petit-déjeuner continental.
En finir avec le triste continental
A l'heure où certains hôtels offrent à leurs clients de somptueux buffets avec des plats chauds salés-sucrés, je contemple avec effroi le contenu du plateau dudit continental...
Le café ressemble trop au café des petits-déjeuners continentaux, c'est à dire qu'il n'est pas bon. Je grignote avec tristesse les croissants trop réchauffés et me redemande pour la énième fois ce que je fais dans cet endroit. Je résiste pour ne pas évoquer la machine à Carte Bleue qui était en panne, etc.
Bien sûr, ce que je raconte est une nuit presque imaginaire.
Nous, les clients avons changé. Nos besoins sont peut-être plus complexes, nécessitent une plus grande écoute de la part de l'hôtelier et un minimum de prise de risques mais l'attrait de la rentabilité de l'entreprise hôtelière n'est-il pas un beau challenge ?
Je pense être un client normal et, à ce titre, attendre de mon hôtelier qu'il m'apporte, en plus de la chambre, un minimum de restauration dissociée des horaires classiques.


Au mois prochain, Benjamin


Qui est Benjamin ?

Sous le pseudonyme “Benjamin” un Chef d'entreprise tient cette rubrique.
Celui-ci, pour ses obligations professionnelles, prend en moyenne
une dizaine de repas par semaine au restaurant.
La rédaction.

Benjamin