Lumière et chaleur de la Méditerranée et
d'ailleurs
On connaît la côte méditerranéenne pour l'attraction qu'elle exerce sur le tourisme national et international dont on constate les effets notamment à la terrasse des cafés et autres glaciers où les vacanciers se plaisent à se prélasser et à perdre un temps qu'ils cherchent à gagner le reste de l'année. Perdre son temps est le luxe touristique par excellence et révèle, à bien des égards, le fond caché des comportements ordinaires et stéréotypés du quotidien. Mais, la côte méditerranéenne, c'est aussi autre chose : des couleurs, des odeurs et des sons qui poussent à se laisser aller, c'est-à-dire à se révéler. Une lumière aveuglante en pleine journée, qui confond dans un bleu azur celui du ciel et celui de la mer ; des odeurs mélangées de pins maritimes et de sels marins ; le son assourdissant et cependant diffus des cigales chantantes et peu soucieuses des jours moins heureux où la bise sera venue. En fait, c'est pour tous ces éléments que l'on aime se rendre sur la côte méditerranéenne, et pour bien d'autres encore. Mais, le touriste ne réalise pas toujours que son lieu de vacances n'est pas seulement cela ; il est également un lieu de vie, c'est-à-dire un lieu où des gens vivent et travaillent toute l'année. C'est le cas, notamment, de Thierry Torres au Camino del Havana sur le port de Santa Lucia à Saint-Raphaël.
Lumière et chaleur sont en effet propres à Thierry Torres non seulement parce qu'il est né et a vécu à Saint-Raphaël, mais encore parce qu'il a passé un certain nombre d'années dans les îles : de 1992 à 2000, précise-t-il, j'étais en Guadeloupe où j'avais trois magasins et un café. Quand je suis revenu, je suis resté un an sans travailler. En réalité, j'ai utilisé cette année sabbatique pour observer l'évolution de la région et des comportements. Au début, poursuit-il, j'avais dans l'idée de reprendre une discothèque, mais très vite j'ai changé de cap. L'idée d'ouvrir un établissement cubain m'est venue d'une double observation : d'abord, mes différents déplacements sur la côte m'ont permis de constater que la formule des bars d'ambiance, et notamment cubains, était en pleine expansion ; ensuite, j'ai su que cet établissement, qui fut une discothèque antillaise, était fermé depuis un an. Je me suis donc décidé en janvier 2001 et, après trois mois de travaux, El camino del Havana a ouvert ses portes en mai de la même année.
Le bar d'ambiance cubaine
Mais, les formules à la mode et l'opportunité d'une occasion n'expliquent pas tout : Je suis d'origine espagnole, avoue Thierry Torres, ce qui explique que les ambiances chaudes et festives sont constitutives de mon être. Pour moi, la musique est un mouvement qui nous porte et je ne pourrais pas concevoir de vivre autrement que dans une atmosphère de fête. Autrement dit, les bars d'ambiance cubaine sont certes une tendance à la mode, mais en ce qui me concerne, c'est d'abord un choix personnel, et cela d'autant plus qu'à mon retour des îles je n'avais vraiment pas envie de tenir un troquet classique.
L'originalité du Camino del Havana se décline de différentes manières : L'emplacement est important, explique Thierry Torres, car le fait d'être situé sur le port de Santa Lucia, le port le plus récent de Saint-Raphaël, nous permet d'avoir une clientèle différente de celle qui fréquente le centre-ville, c'est-à-dire moins familiale. Ainsi, été comme hiver, nos clients ont une moyenne d'âge d'environ 30 ans, ce qui signifie qu'ils possèdent un pouvoir d'achat supérieur à la fois aux plus jeunes et aux familles. Car, nous avons ce précieux privilège d'avoir une clientèle fidèle qui vient au Camino del Havana y compris l'hiver. C'est une clientèle essentiellement locale, qui apprécie l'existence du parking et de pouvoir profiter de la terrasse dès que les beaux jours arrivent. De notre côté, nous faisons venir un groupe de salsa tous les jeudis et nous offrons à nos clients des cours de salsa ou de merengue de 22h à minuit. Le reste de la semaine, c'est-à-dire du mercredi au dimanche, c'est notre D. J., Tchino, qui officie. Mais, poursuit-il, l'arrivée de la période estivale apporte quelques modifications en raison de l'accroissement du taux de fréquentation. Par exemple, je ne fais plus venir de groupes afin de laisser plus de place pour danser, et nous sommes moins exigeants sur la tenue vestimentaire, alors que l'hiver nous exerçons une forte sélection à l'entrée. D'ailleurs, cette sélection est non seulement efficace pour préserver la réputation de l'établissement, mais elle a permis en outre d'accroître notre clientèle féminine qui se sait sécurisée. Enfin, El camino del Havana est à proximité du C. E. S. pour sportifs de haut niveau, ce qui signifie que nous en voyons souvent venir passer une soirée ici et nous leur demandons d'inscrire un petit mot sur les portes de l'issue de secours.
On l'aura compris, El camino del Havana est non seulement un bar d'ambiance cubaine, mais également un établissement nocturne, avec tout ce que cela implique : Nous ouvrons nos portes à 18h et nous les fermons à 4h, explique Thierry Torres, avec deux personnes qui sont chargées d'assurer la sécurité. De même, nous sommes attentifs à la quantité d'alcool que boivent nos clients. Mais, généralement, quand ils viennent en groupe, il y en a toujours un qui ne boit pas. C'est également l'une des raison qui nous a poussés à proposer des tapas à toute heure de la nuit : pour 4 la portion, on peut grignoter des poivrons marinés, des ailerons de poulet, une salade de pomme de terre gourmande, des moules salsa, un roulé de jambon cru au fromage ou des champignons salsa. Mais, l'essentiel du Camino del Havana demeure bien évidemment les cocktails de 7 à 10 : les Torrides avec le Havana (rhum et jus exotique), le Santa Clara (rhum, banane, liqueur de cacao et ananas) ou le Cuba Libre (rhum, coca et citron) ; les Incontournables avec le Merengue (mariage de whisky, rhum brun, fruits de la passion et jus d'ananas), le Chacha (voyage de rhum, malibu, coco, ananas et jus exotique) ou El Camino (rhum, martini blanc, jus d'ananas et curaçao bleu) ; enfin les Sans Souci, c'est-à-dire sans alcool, le Hamac (ananas, banane, coco), le Pacha (astuce de goyave, fruits de la passion et sa larme de jus d'orange) ou le Chichina (mélange jus d'ananas, orange, poire et son trait de grenadine).
Finalement, Thierry Torres est plutôt heureux et fier de sa réussite : Mes recettes, conclut-il, sont en constante augmentation, ce qui signifie que mon établissement est attractif. Souvent, j'entends mes confrères se plaindre du manque de clientèle ; ce n'est pas du tout mon cas, et je me dis que si la clientèle potentielle déserte les établissements, la responsabilité n'est peut-être pas à chercher seulement du côté des clients.
Activités : bar d'ambiance cubaine, groupes de musique, cours de danse.
Ouverture : tous les jours d'avril à septembre, du mercredi au dimanche en hiver.