Francis Lopez, Eric Zander et Kévin Coutel sont trois amis de longue date qui ont uni leurs efforts pour créer un établissement original à Poitiers, offrant la triple possibilité de jouer au billard, de surfer sur Internet et de boire un verre. L'idée de réunir ces trois activités en un seul lieu leur est venue du simple constat que, jusqu'ici, elles étaient dispersées. Les Hackers sont jeunes, certes, mais promis à un bel avenir.
Un défi à relever
Potiers est une ville connue et appréciée par bien des touristes français et étrangers en raison non seulement de son moderne Futuroscope, mais encore pour son cadre de vie traditionnel et la diversité de ses activités. Il n'est qu'à parcourir ses artères principales pour s'apercevoir assez rapidement du nombre important de cadres et de flâneurs étrangers qui y ont élu domicile pour quelques temps. Mais, Poitiers a aussi sa périphérie qui, pour être certainement moins connue que son centre ville et ses installations futuristes, n'en existe pas moins avec toute une partie de la population qui y vit, y travaille et aspire également à s'y détendre. C'est sans doute l'une des raisons qui ont déterminé Francis Lopez, Eric Zander et Kévin Coutel à y élire domicile en créant, au début du mois de septembre 2003, Les Hackers.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser aucun des trois n'est originairement poitevin : nous nous sommes rencontrés tous les trois en Vendée, nous dit Eric Zander, et au fil des ans, l'idée a germé de nous associer pour créer un établissement de ce type. Au départ, l'idée était un peu différente : il y a deux ans, précise Francis Lopez, notre ambition était d'ouvrir un cyber café. Mais, la vie est ainsi faite que nous avons dû y renoncer. Cependant, l'envie est demeurée intacte et, par la suite, nous nous sommes lancés à la recherche d'un local. En réalité, poursuit-il, nous n'avions pas dans l'idée de nous installer à Poitiers : c'est le hasard qui nous a fourni l'opportunité d'investir cet ancien garage. Bien évidemment, une telle création ne va pas sans quelques inquiétudes : en ce qui me concerne, explique Eric Zander, je travaillais auparavant dans le bâtiment. J'ai tout laissé pour me lancer dans cette aventure. Mais, en même temps, j'avais envie de changer de métier et de vie. Je n'ai donc pas trop hésité, même si l'on n'est jamais sûr de l'avenir.
Cette inquiétude est d'autant plus grande qu'une telle création a nécessité un investissement important : nous avons dû demander une rallonge aux banques, avoue Francis Lopez, car les prix sont plus élevés ici que dans les endroits où nous avions prévu de nous installer. Ce qui signifie que si, par malheur, les choses n'allait pas comme il faudrait qu'elles aillent, nous nous retrouverions à la rue !
Cependant, tout n'est pas véritablement incertain, car Francis Lopez, Eric Zander et Kévin Coutel ont fait en sorte de limiter la place du hasard : avant de nous installer, précise Eric Zander, nous avons pu constater qu'il existait un véritable potentiel, car le quartier ne possède pas d'établissement de ce type, alors qu'il y a deux lycées et une caserne militaire. Les clients étaient donc obligés de se rendre en centre-ville dès qu'ils voulait passer un moment à jouer au billard ou sur ordinateur tout en buvant un verre. En effet, Les Hackers ne se limitent pas au traditionnel bistrot : ils possèdent une salle de billard et une salle d'ordinateur où l'on peut se connecter à Internet ou jouer en réseau. L'idée du billard s'est en fait imposée d'elle-même : en réalité, avoue Francis Lopez, nous sommes passionnés de billard et nous y jouons depuis très longtemps. Or, nous nous sommes aperçus que, tandis que la Vienne est le département qui possède le plus de licenciés, la ville de Poitiers n'offrait qu'une seule salle de billard. Nous avons donc décidé de concilier l'utile et l'agréable : nous travaillons avec l'A. F. E. B. A. S. et, tous les jours, nous avons de nouveaux clients qui viennent jouer et s'entraîner. Si bien que nous envisageons d'organiser quelques tournois. Quant aux ordinateurs, poursuit-il, c'était notre idée de départ. Nous y sommes restés fidèles notamment parce que nous avons constaté que certes il existe des cyber cafés en centre-ville, mais qu'aucun ne propose en même temps les trois activités que nous offrons ici.
On comprend dès lors que la clientèle ne se soit pas fait attendre très longtemps : nous avons distribué quelques flyers et mis quelques affiches, explique Eric Zander, mais l'essentiel demeure le bouche à oreille. Car, tous les jours nous voyons de nouveaux clients arriver, notamment en fin d'après-midi. Les gens viennent boire un verre et se mettent à jouer au billard ou à naviguer sur le Net. De fait, poursuit Francis Lopez, une certaine convivialité s'est installée : le nombre des habitués augmente rapidement et, en même temps, le cercle de nos copains s'accroît. Le fait d'être trois y est d'ailleurs pour quelque chose, car il y en a toujours un qui est disponible pour aller discuter un moment avec les clients. En outre, les heures d'ouverture de 14h à 2h du matin, nous permettent d'accueillir des types différents de clientèle, des lycéens du quartier dans la journée jusqu'aux couples en soirée qui viennent passer un moment. C'est la raison pour laquelle, nous avons décidé de ne pas ouvrir le matin, car outre que cela serait difficile à gérer, ce ne serait pas véritablement efficace dans la mesure où il y a un creux très important entre 8h30 et 13h.
Mais, Les Hackers pratiquent aussi une certaine politique des prix : en moyenne, précise Kévin Coutel, nous sommes 50% moins cher la journée et 25% le soir que les autres établissements. Cela s'explique notamment parce que nous ne sommes pas en centre-ville et que, par conséquent, il ne s'agit que d'une concurrence indirecte ; mais également parce que nous préférons plutôt tabler sur le volume de la clientèle que sur une hausse des prix. Ainsi, les apéritifs se situent dans une fourchette de 1,6 à 10 (pour le champagne) ; les digestifs sont à 4,9 ; les boissons chaudes et non alcoolisées vont de 1,1 à 2,5 . Les Hackers proposent en outre un très grand choix de bières et de whiskys. A la pression, on trouve la Fisher tradition, la Holsten, la Derolei, la Floreff d'abbaye ou blanche de 2,1 à 5 selon la quantité. Parmi les 22 bières en bouteilles de 2,2 à 7 , on a la Bière du démon, la Chimay blanche, bleue ou rouge, la Desperados, la Leffe tripe ou encore la Délirium tremens. Les whiskys ont, quant à eux, jusqu'à 25 ans d'âge, comme le Balvenic à 4,8 ; d'autres sont plus jeunes : le Glenfiddich (18 ans) à 4 , le Lagavulin (16 ans) à 4 , le Laphroaig (15 ans) à 4 , et d'autres encore plus jeunes de 2 à 2,9 . A cela, on peut ajouter les cocktails de 3 à 6,2 .
Mais, les Hackers ne comptent pas en rester là : nous envisageons, à partir du mois de janvier, d'organiser des soirées à thèmes, conclut Eric Zander, notamment pour les étudiants. Nous espérons également obtenir une dérogation d'ouverture jusqu'à 3h ou 4h du matin, de manière à pouvoir faire venir des groupes de musique. Dans cette perspective, nous avons prévu de modifier et de sécuriser l'entrée de l'établissement, car nous serions obligés d'être beaucoup plus vigilants.
Activités : bar, billards, cyber café, snack.
Ouverture : tous les jours de 14h à 2h.