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Hôtel de l'Europe N**

39, rue Carnot
86000 Poitiers

Tel : 05 49 88 12 00
Fax : 05 49 88 97 30
L'Hôtel de l'Europe N** l'hôtellerie personnalisée à Poitiers

Après quelques années passées dans une société d'assurance, Joël Moro décide de changer de voie et découvre le plus vieil hôtel de Poitiers. Contrairement, à ce que l'on pourrait croire, ce changement comporte une certaine continuité, car il s'agit dans tous les cas de posséder une politique de gestion. Celle de Joël Moro est à la fois simple et difficile à maintenir : s'adapter aux évolutions en modernisant son instrument de travail afin de répondre aux attentes des clients, c'est-à-dire l'hôtellerie personnalisée.

Le poids du passé
L'Hôtel de l'Europe a une très longue histoire, car c'est le plus vieil hôtel de Poitiers. Ancien relais de Poste avec ses écuries, il fut réquisitionné par la Gestapo sous l'occupation. Ses murs portent les marques de son histoire : composé de trois bâtiment indépendants, il permet de parcourir les âges qui l'ont vu s'agrandir. Ses sous-sols sont également évocateurs, avec leurs caves et leurs catacombes. C'est dire que lorsqu'on travaille à l'Hôtel de l'Europe les responsabilités sont diverses, car il s'agit non seulement de s'assurer de son bon fonctionnement, mais encore d'assumer le poids de son histoire. Ce sont ces responsabilités que n'a pas hésité à prendre Joël Moro en septembre 1995.

Originairement Breton, Joël Moro n'était pas particulièrement destiné à exercer ce métier d'hôtelier : “à 24 ans, nous dit-il, j'ai commencé à travailler dans une société d'assurance. Mais, au bout de sept ans, j'ai eu envie de passer à autre chose. Je me suis alors mis en quête d'une nouvelle affaire, sans me focaliser nécessairement sur un hôtel. C'est donc un peu le hasard qui a fait que je saisisse cette opportunité. Il est vrai que c'est une très belle affaire ; mais, un tel engagement représentait également un très gros investissement : environ 20 millions de francs. Je n'ai cependant pas trop hésité, car c'était pour moi un challenge”. Il faut dire que Joël Moro avait quelques atouts de son côté : “le métier d'assureur est certes différent de celui d'hôtelier, mais, en ce qui concerne la gestion d'un établissement, il n'y a pas de très grandes différences. Par ailleurs, lorsque j'ai acquis l'Hôtel de l'Europe, je n'ai pas eu de très gros travaux à entreprendre, car il avait déjà été refait à neuf”.

Refait à neuf n'est cependant pas synonyme de repos absolu : “nous faisons de gros efforts sur l'entretien et la rénovation des chambres, explique Joël Moro. A cet effet, j'ai embauché un artisan à plein temps. Car mon objectif est non seulement d'apporter le maximum de confort à la clientèle, mais encore de proposer des chambres personnalisées. Récemment, poursuit-il, nous avons refait l'ensemble du bâtiment qui correspond aux anciennes écuries, de manière à créer des chambres dans un esprit plus rustique. Ainsi, les trois bâtiment correspondent à des styles différents, car au rustique, il faut ajouter une décoration moderne dans celui qui donne sur la rue et un style plutôt XVIIIe dans le bâtiment central. En outre, l'ensemble des salons a été refait selon les mêmes principes”.

Ces principes s'appuient eux-mêmes sur une politique d'ensemble à laquelle tient fortement Joël Moro : “aujourd'hui, précise-t-il, les gens désertent de plus en plus les chaînes économiques, précisément parce qu'ils en ont assez de se retrouver dans un décor immuablement identique. C'est la raison pour laquelle, il est nécessaire que les hôteliers indépendants concentrent leurs efforts sur la personnalisation des établissements. C'est ce que je m'efforce de faire et les clients s'y retrouvent totalement : aucune chambre n'est identique à une autre et, dans chacune, nous avons pensé aux détails qui créent chaleur et convivialité, tels des tableaux aux murs, des fauteuils, un bureau en vrai bois, un dressing, un mini-bar, un lit de 160 ou, plus simplement, un sèche-cheveux. Car, de manière générale, la clientèle a envie de nouveauté et il y a de grandes chances qu'elle ne revienne pas dans un établissement si elle sait qu'elle retrouvera toujours la même chambre. Autrement dit, poursuit-il, c'est à nous de savoir faire la différence, car il serait illusoire de penser que les choses arrivent d'elles-mêmes”.

Ces efforts ont sans doute largement contribué à la présence de l'Hôtel de l'Europe dans le Guide Michelin et le Petit Futé qui, en retour, représentent un apport non négligeable : “les guides nous permettent en effet de combler les périodes plutôt creuses avec le tourisme, avoue Joël Moro. Mais, dans l'ensemble, nos clients sont des hommes d'affaires dont la durée moyenne de séjour est de 2 à 3 nuitées. Cela ne signifie pas que c'est plus facile pour nous d'augmenter le taux de fréquentation, bien au contraire : la période actuelle est économiquement difficile pour tout le monde, y compris pour les entreprises. Non seulement les gens font très attention à leurs dépenses, mais encore la concurrence est telle qu'on n'a plus beaucoup de marges de manœuvre. Ainsi, lorsqu'une entreprise vient négocier 500 nuitées avec un certain budget, je mets tout en œuvre pour répondre à sa demande et la satisfaire au mieux en m'adaptant à son budget”.

Cette adaptation n'est d'ailleurs pas simplement circonstancielle, mais un véritable choix : “la clientèle est prête à dépenser un certain budget, précise Joël Moro, à condition de payer le juste prix et d'en avoir pour son argent. Or, il se trouve que tout le monde ne fait pas toujours les efforts nécessaires pour s'adapter aux évolutions et moderniser son outil. En ce qui me concerne, je ne me plains jamais, car j'essaie de vivre avec mon temps, ce qui signifie choisir entre augmenter mon salaire ou capitaliser dans mon instrument de travail, de manière à le revaloriser et, par là, à répondre aux attentes des clients”.

On l'aura compris, la politique de gestion de Joël Moro est à la fois volontariste et optimiste : “bien souvent, conclut-il, l'échec d'une gestion est le résultat d'une incapacité de s'adapter à la réalité en regrettant le passé et en rejetant la faute sur les autres. Mais, en fait, il ne dépend que de moi de faire évoluer mon outil et, pour se faire, de constater, voire d'anticiper les évolutions”.



Capacités : 88 chambres simples, doubles
et triples de 47 à 82 €.
Petit déjeuner : 6,5 €.
Parking privé : 4 €.
Activités : séminaires, repas (pour les groupes).

Philippe Viot