De retour des Etats-Unis, François Pugeaut se lance dans les hamburgers, qu'il souhaite faire connaître aux Français. Après l'époque flashy de la fin des années 80, ce pâtissier aventurier dans l'âme a opéré un revirement total de décoration qui lui vaut d'avoir conservé ces anciens clients
tout en ayant conquis de nouveaux amateurs.
François Pugeaut doit beaucoup à l'Amérique
et à sa fantaisie. Après 5 ans et demi passés aux Etats-Unis, son rêve d'enfance, le jeune pâtissier originaire de Chalon-sur-Saone rentre en France. Une fois dans sa ville d'origine, le constat est simple : Les restaurants de la région n'avaient pas les moyens de s'offrir un chef pâtissier et je ne comptais pas allonger la liste de pâtissiers dans les pages jaunes, nous confie François Pugeaut. Alors, après 15 bons jours de réflexion, j'ai pensé ouvrir un restaurant à hamburgers semblable à ceux que je fréquentais aux Etats-Unis. En 1988, les fast-food n'ont pas encore gagné la ville, et le marché est encore vierge. A 26 ans, ce fou du hamburger ouvre donc le Teen's Club, dans la mouvance branchée de l'époque : déco flashy et style Hard Rock Café, avec un écran géant
Je visais une clientèle jeune avec un certain budget, et ça a immédiatement marché, s'enthousiasme le directeur. Dès le début, j'ai proposé des hamburgers haut-de-gamme, au saumon-sauce ciboulette, au blanc de poulet revenu avec des champignons
et j'ai également misé sur le service, que je voulais sympathique mais de qualité.
Mais, comme il le dit lui-même avec beaucoup d'humour, ma clientèle a vieilli et moi avec ! Les lycéens sont devenus des pères de famille
et je ne correspondais plus au look de l'établissement
En 1999, le Teen's Club devient donc le Trapper's House.
Dépaysement à l'état brut
Je voulais une ambiance plus chaleureuse, plus cosy, avec du bois nous dit cet artiste. Sortie de son imagination, la cabane du trappeur prend peu à peu forme. L'adresse demeure inchangée, et il faut composer avec un local long, étroit et une mezzanine. François Pugeaut fait alors appel à un architecte. En un mois, la mezzanine est agrandie et les ferronniers dévalisent les poulaillers de la région pour récupérer les vieilles tôles rouillées qui serviront à la décoration, en les remplaçant, bien entendu, par des tôles neuves. François Pugeaut, bouillonnant d'idées, rend visite à 25 ébénistes pour trouver celui qui lui fabriquera les chaises dont il rêve, faites de branches brutes (Tout à fait inconfortables, avoue le trappeur, mais les gens adorent !). L'éclairage auquel notre aventurier avait pensé - des lampes à pétrole équipées d'ampoules électriques - ne peut, pour des raisons de délai d'homologation être réalisé. Qu'à cela ne tienne ! On mettra des lustres existant dans le commerce mais
pendus au bout de chaînes à vaches.
J'ai vraiment voulu que les gens se sentent dépaysés, qu'ils sortent de Chalon-sur-Saône l'espace d'un repas
lance l'éternel voyageur dans l'âme. Pour ce faire, il a sillonné les marchés aux puces, agrémentant son lieu, çà et là, d'objets divers. Le descriptif du restaurant tient de l'inventaire de Prévert : l'enseigne, tout comme les cadres, à l'intérieur, a été fabriquée de la main du propriétaire en bois et écorces. Pour habiller le volume de l'établissement, des barils de vin sur lesquels il a peint Powder et Danger surplombent la salle. Les tables sont recouvertes d'une nappe en skaï, et sur les napperons-menu, des mugs émaillés (si possible dépareillés) sont posés. Pour continuer dans la fantaisie, le chili con carne de la maison est servi dans un plat en terre et la fajita qui l'accompagne y est maintenue à l'aide d'une pince à linge. Pour rester dans le style, François Pugeaut, dont le caleçon long sèche au-dessus du poêle à bois, ne laisse décidément rien au hasard : l'addition est portée dans une tapette à souris et les clients coincent les billets dedans s'amuse-t-il. Touche finale, pour ne pas oublier que cette cabane est celle d'un trappeur, un imposant trophée de caribou et une peau de renard argenté ornent la salle. Un trappeur professionnel de grand mérite si l'on en croit le véritable ours brun empaillé qui trône dans la salle ! Et après une bonne chasse dans le froid, quoi de mieux qu'un jus de castor, le cocktail maison ?
Les produits sont de première qualité
Et comme dans toute vraie cabane, on trouvera un peu de poussière sur les lampes, une toile d'araignée dans l'angle de la poutre
Elle est magnifique ! s'exclame le patron des lieux, qui avoue tout de même faire le ménage au-dessus des tables. Et avec ça, il n'a jamais eu de problème avec l'inspection sanitaire : Un cahier des charges rigoureux est établi avec mes fournisseurs. Les produits sont de première qualité et la crise de la vache folle ne m'a jamais fait de tort. Bien au contraire, depuis qu'il a ouvert sa nouvelle formule, il y a quatre ans, à sa clientèle habituelle de trentenaires et de familles s'est ajoutée une population plus âgée aux revenus supérieurs. En quinze ans, son succès, à l'image de ses hamburgers (sortie imminente du Maxiburger de 1 kilo de viande
) n'a cessé de s'accroître. Finalement, même à Chalon-sur-Saône, on peut dire que pour François Pugeaut, c'est toujours l'Amérique !
Heureux de son succès et amoureux de sa liberté de trappeur, François Pugeaut souhaite partager son expérience sans passer par la franchise de sa marque :
Le concept que j'ai patiemment mis en place fonctionne bien et, même sans une grande formation en cuisine ni un budget faramineux, un jeune peut s'installer et gagner de l'argent dès le premier mois. Il ne suffit pas de copier, car j'ai mis quinze ans à peaufiner le concept et la carte, mais je suis prêt à former des gens, leur proposer un training d'un mois dans mon restaurant, pour qu'ensuite ils volent de leurs propres ailes. Alors n'hésitez pas à entrer en relation avec lui
Les conseils du propriétaire François Pugeaut
Proposer un produit original. Les hamburgers, on ne trouve ça que chez moi !
Veiller à la régularité dans la qualité du produit.
Toujours avoir le sourire. Le client pardonnera l'attente s'il passe un bon moment.
Fermé dimanche et lundi
Ticket moyen : 15 le midi, 25 le soir