Sérénité, avant-gardisme et poissons rouges à tous les étages.
Hi est une variété de carpe japonaise, signifie bonjour en anglais ou peut s'entendre comme le symbole de la technologie : la e-culture faisant pénétrer l'adsl dans chaque chambre de ce e-hôtel. C'est sciemment que les deux jeunes directeurs du Hi ont choisi ce phonème facile à prononcer dans toutes les langues pour que chacun puisse se l'approprier.
HI, lit-on sur la façade blanche, sans aucune autre inscription. L'immeuble des années 30 qui abrite l'hôtel est d'un style pour le moins dépouillé : pas de moulures, ni de nom d'architecte en guise de signature. Juste une façade immaculée et des lignes aussi épurées et droites que les deux lettres qui vous accueillent, H et I
A deux pas du cours Gambetta et des allées Victor-Hugo, les Champs-Elysées de Nice, l'hôtel est idéalement placé. Pourquoi, alors, rester dans cette confidentialité ? Pas de mot Hôtel et encore moins d'étoiles brillant au-dessus de l'entrée à portes vitrées fushia. C'est un choix délibéré, affirme Patrick Elouarghi, comparse de Philippe Chapelet avec qui il dirige cet établissement hors normes depuis février 2003. Nous attirons une clientèle internationale de tourisme et d'affaires qui sait que nos prestations sont de qualité. L'office de tourisme de Nice nous pousse d'ailleurs à l'obtention de cette classification 4* appuie-t-il avant de décrire les services et concepts que l'on peut expérimenter dans l'établissement.
S'approprier l'espace, les formes,
reconstruire ses habitudes
Vous trouverez un bagagiste, des cire-chaussures à tous les étages et une petite piscine sur le toit, mais le Hi n'a rien du décorum de l'hôtel de luxe que ses furtifs occupants sont obligés d'adopter. Simplicité et intimité sont au cur du concept de l'hôtel. On a voulu que les clients se sentent comme chez eux. Nous souhaitons réunir dans une maison contemporaine l'esprit convivial d'une guest-house. Des livres sont à disposition dans les chambres et si les hôtes rentrent de boîte affamés à 4 heures du matin, ils pourront venir au Hi-food comme s'ils ouvraient leur frigo.
Dans l'esprit communautaire, où chacun vit à son rythme, l'autre n'est plus un étranger mais un compagnon de séjour : on ne vit pas caché dans sa maison commente le concepteur. Patrick et Philippe n'ont pour autant pas ménagé leurs hôtes : dans la chambre white&white open spa, le jacuzzi qui trône sur la terrasse privative est surplombé par les balcons. La chambre monospace ne possède, elle, aucune cloison : des tranches de couleur définissent la zone de repos, celle des loisirs et de la salle de bains. Deux vitres dépolies, sans porte, dissimulent les toilettes et la douche. Idem dans la chambre up&down où des claies de châtaignier tressé courent le long des murs et, formant une petite palissade, délimitent la salle de bain. L'espace n'est plus défini que par la fonction : la chambre happy day souligne le passage du jour à la nuit par une métamorphose. Ici, le salon en harmonie de bois clair et de vert acide se transforme le soir venu en chambre par la simple ouverture de deux portes ; de l'alcôve rose qui abrite chaussons et carafe d'eau pour la nuit se dégage l'autre moitié du lit. Une fois la fonction terminée, vous vous rapproprierez l'espace
La finalité étant de renouer avec les gestes essentiels qui ne sont plus ici dirigés par l'objet mais par la façon dont vous voulez les réaliser.
La e-culture au Hi hôtel
Pour pousser le concept du comme à la maison, les deux jeunes patrons ont voulu gommer la notion d'argent en incluant d'office un port de connexion adsl en accès libre dans la chambre. Sur ce même support, vous trouverez la télécommande de la télévision à écran plat et votre téléphone portable de chambre qui demeure joignable où que vous soyez dans l'hôtel. Vous descendrez en peignoir au hammam ou prendrez une verrine au Hi-food que vous amènerez au bord de la piscine ou dans votre chambre, pour la manger assis sur le sofablaster (canapé avec casque intégré diffusant la discothèque du label F Communications), en regardant votre poisson rouge perso dormir. Car ici, tout est tellement zen que les poissons piquent parfois un somme
Vous l'aurez compris, dans les neuf concepts de chambre proposés, sérénité, fonctionnalité, high-tech et bocal avec poisson rouge sont omniprésents.
Etre l'architecte de son propre intérieur
Afin de cristalliser leurs idées, Patrick et Philippe identifient rapidement le travail d'une jeune femme designer. matali crasset écrit son nom avec des minuscules, comme si les lettres étaient interchangeables, des lettres toutes simples comme ses meubles et objets en matériaux simples, du cuir, du bois clair laminé, colorés de grands aplats bleus, verts ou fushia. Pour permettre l'interactivité entre l'objet et son utilisateur, cette jeune designer qui a travaillé -entre autres- avec Stark, a joué la carte du modulable. Dans le lounge, dédié aux repas, au travail et à la convivialité, les banquettes sont fixes, suspendues à la nacelle. Ce sont tous les autres éléments qui vous aideront à construire votre petit coin : bougez la table, rapprochez donc cette autre, attrapez ce pouf en forme d'énorme valise
Là où un 4* conventionnel bloque les sens et les envies par surcroît d'éducation, le Hi vous pousse à expérimenter.
Au Hi, la nacelle est une véritable plate-forme d'envol, tant pour les hôtes, qui peuvent s'attarder dans ce lieu ouvert sur le patio, que pour les dj's ou cinéastes qui viennent s'y produire. Dans l'esprit d'interaction du lieu, sets de musique électronique et projections sont ouverts au public extérieur. Urbain et avant-gardiste, Hi devient alors un lieu d'échange et de culture, locale et internationale, d'interpénétration entre ici et ailleurs, l'intérieur et l'extérieur, un lieu de vie et d'expérimentation, de découverte de l'autre
et de soi.