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Le Cap Bourbon

1, rue Louis-Le-Grand
75002 Paris

Tél : 01 42 61 81 05
www.capbourbon.fr.st
Le Cap Bourbonà Paris

Un îlot de chaleur au cœur de la capitale

Il y a une quinzaine d'années, Chantal et Alain Delfour, alors infirmière et enseignant, décident de changer de métiers pour s'occuper d'une brasserie à l'île de la Réunion. De retour à Paris et après onze ans passés dans le Ve arrondissement, ils achètent Le Cap Bourbon, à proximité de l'opéra Garnier. Mais tous ces changements n'ont pas modifié leur conception de la profession : une convivialité familiale autour de produits réunionnais.

Des parcours sinueux
Chantal et Alain Delfour ont longtemps navigué avant d'arriver au Cap Bourbon : “Je suis originaire de l'île de la Réunion, précise Chantal, mais je suis venue à Paris assez jeune pour faire mes études. Celles-ci terminées, j'ai été infirmière durant plusieurs années, au cours desquelles j'ai rencontré mon époux. Un beau jour, nous avons eu envie de partir à la Réunion. Un an après notre arrivée sur l'île, nous avons eu l'occasion de prendre une brasserie, que nous avons gérée pendant deux ans. Tout marchait très bien et nous nous sommes alors dits que nous pourrions tout aussi bien réussir dans la capitale. Nous sommes donc rentrés en 1991 et nous avons acheté une petite brasserie dans le Ve arrondissement, à proximité de l'institut Curie. Notre clientèle comprenait beaucoup de malades qui venaient suivre des traitements dans ce célèbre institut. D'une certaine manière, poursuit-elle, je continuais mon métier d'infirmière. Après onze ans d'exercice, nous avons décidé de vendre, notamment parce que l'établissement était trop petit et parce que le métier devenait difficile pour moi dans une cuisine où j'étais plus qu'à l'étroit. Nous avons donc acheté le Cap Bourbon en 2002, plus spacieux et plus reposant : à présent, nous avons un cuisinier et notre fils Julien travaille avec nous”.

Pour Alain, les choses sont un peu différentes : “En réalité, avoue-t-il, je suis fils de Bougnats et j'ai été élevé dans l'ambiance du bistrot. Mais, à 20 ans, on a envie d'autre chose. Je me suis donc lancé dans la musique, que j'ai enseignée plusieurs années au Conservatoire. Cependant, au bout de quelques temps, je me suis rendu compte que je ne serais jamais musicien ; que je devrais me contenter d'enseigner, même si ce n'est pas un métier très enrichissant, au sens matériel du terme. Ce fut ma motivation principale ; mais, d'une certaine manière, je revenais aux sources”.
Une chaleur typiquement réunionnaise
Derrière ces sinuosités, on peut déceler une continuité qui se révèle en plusieurs endroits : “Je tiens à ce que Le Cap Bourbon soit considéré comme une brasserie, précise Alain, car non seulement notre activité ne se réduit pas à la seule restauration, mais il y a encore dans cette appellation l'idée d'une ambiance chaleureuse”. Chantal tient tout autant à cette chaleur : “Notre situation est telle, que nous avons peu de touristes, qui se massent plutôt à proximité de l'opéra Garnier. Nos clients sont essentiellement des gens qui travaillent dans le quartier, banquiers, policiers et autres cadres de sociétés environnantes. Si bien que tous les jours nous servons 65 à 70 couverts pour 43 places assises. Le reste de la journée est traditionnel : petit-déjeuner et café le matin, limonades l'après-midi et apéritif le soir. Le Cap Bourbon est certes un établissement plus grand que le précédent, ajoute-t-elle, mais il reste petit et familial. D'ailleurs, je ne peux concevoir de travailler dans une grande brasserie où l'anonymat est total. Ici, au bout de deux ans, nous avons déjà des relations privilégiées avec la clientèle : nous nous connaissons et nous partageons des choses avec nos clients les plus fidèles dont certains sont encore ceux que nous avions dans le Ve arrondissement. Nous recevons des cartes postales de ceux qui partent en vacances et nous organisons des soirées exceptionnelles, pour un anniversaire par exemple, alors qu'en temps normal nous fermons à 20h30”.

Mais, la continuité s'exprime aussi à travers la spécificité du Cap Bourbon : “Comme l'indique son nom, explique Chantal, qui fait référence à la fois à l'ancienne appellation de l'île de la Réunion et à l'une des deux rues où nous nous trouvons, l'originalité de l'établissement réside dans sa spécialité : les produits et plats réunionnais. Ainsi, nous ne servons presque pas d'apéritifs traditionnels, mais du rhum et du p'tit punch maison accompagnés d'amuse-gueules créoles. De même, poursuit-elle, la carte de la brasserie comporte tous les jours un plat réunionnais, qui représente la moitié au moins des couverts quotidiens : un Rougail saucisse, un Cabri massalé, un Carry d'espadon ou encore un sauté de veau à la créole pour 12 €. Enfin, la Réunion est également présente dans le décor du Cap Bourbon, à travers différents tableaux et photos”.
Bien évidemment, on trouve aussi une cuisine plus traditionnelle de brasserie : des salades composées de 4,3 à 7,5 €, des buffets froids et chauds de 4,5 à 8 €, des plats de 9,2 à 10,2 € et des desserts de 3,8 à 6,1 €. L'ensemble peut être accompagné de punchs à 4,8 €, de bières en pression ou en bouteille de 4 à 6,8 €, ou de boissons chaudes ou froides de 2,6 à 3,9 €.

Ce souci de convivialité est d'ailleurs devenu une nécessité : “On peut constater, explique Alain, que depuis quelques années, l'accueil s'est considérablement amélioré dans presque tous les établissements. Les professionnels ont pris conscience de cette priorité. Si ce métier rencontre des difficultés, il faut les chercher ailleurs et pour ma part, j'en vois deux principales : d'abord, l'emplacement : un établissement ne pourra pas fonctionner bien longtemps s'il n'est pas bien situé. Ensuite, le service de midi : il est primordial de ne pas le rater, car si tel est le cas c'est le chiffre d'affaires de la journée qui est raté. D'ailleurs, poursuit-il, ce constat n'est pas sans soulever un paradoxe : il y a 30 ans, un
établissement comme le nôtre pouvait se contenter d'une petite activité snack. Or, aujourd'hui, la brasserie est devenue une
activité indispensable”.
La brasserie : une activité indispensable
On aura compris que Chantal et Alain Delfour aiment leur métier : “C'est un métier pénible, conclut Chantal, mais sympathique, qui ne comporte pas plus d'inconvénients que toute autre profession. C'est l'une des raisons qui nous ont déterminés à fermer le week-end : cela nous permet de nous investir d'autant mieux durant la semaine. Mais heureusement que notre fils Julien travaille avec nous, car outre le fait qu'il nous apporte une clientèle plus jeune, il nous aide toute la journée et prend en charge la fermeture. Autrement dit, le travail en famille nous permet de nous soulager mutuellement”.


Activités : bar, brasserie, spécialités de l'île de la Réunion.
Ouverture : du lundi au vendredi de 6h45 à 20h30.

Philippe Viot