La montée des troupeaux vers le plateau de l'Aubrac a traditionnellement lieu autour du 25 mai, jour de la Saint Urbain. A cette occasion, l'association Traditions en Aubrac organise la Fête de la transhumance qui propose une découverte de la gastronomie et des coutumes locales.
S'il est une pratique que l'on ne pensait pas voir perdurer au XXIe siècle, c'est bien la transhumance. Après avoir transporté les bêtes en camion pour éviter d'encombrer les routes, après avoir même découvert que l'on pouvait fabriquer de la viande à partir d'une bête qui n'avait jamais mangé d'herbe, la transhumance a failli disparaître. Mais l'essor du tourisme vert et le nouvel engouement du public pour les terroirs, doublés d'une recherche par les communes rurales d'une reconnaissance et de revenus visant à palier la désertification, a relancé cette activité.
Dans la région de Saint-Chély d'Aubrac, dans l'Aveyron, une grande Fête de la transhumance est organisée chaque année le week-end le plus proche du 25 mai. Sur deux jours, les traditions liées à la race Aubrac sont développées. Ces vaches massives aux cornes d'auroch richement décorées sont les reines de cette manifestation : le samedi, sur fond de marché de producteurs locaux, la présence d'un troupeau permet aux visiteurs de mieux connaître les particularités de l'animal et de son élevage. Les vaches d'Aubrac fournissent de la viande mais également du lait utilisé pour la tomme : la fabrication artisanale de ce fromage sera effectuée sur place avec le matériel utilisé dans un buron, nom donné aux petites fromageries en Auvergne.
Mais le point culminant de cette fête est sans conteste le dimanche. Traditionnellement, les troupeaux décorés de fleurs chatoyantes, de houx et accompagnés d'attelages de chevaux, traversent le village d'Aubrac en direction des hauts plateaux où ils resteront en estive. Tout au long de la journée, au son des cloches, sonnailles et mugissements des vaches, le public peut ainsi découvrir un territoire et ses coutumes, qu'elles soient rurales ou gastronomiques. Et ces dernières ne sont pas des moindres.
Déjeuner montagnard
Les vrais Aveyronnais savent que c'est dans le village de Salgues, à mi-parcours de la transhumance, qu'il faudra se rendre pour bien commencer la journée : un déjeuner aux tripoux et escargots sera servi entre 7h et 12h
Les personnes prévoyantes flâneront quant à elles au marché de producteurs de pays à Saint-Côme d'Olt, terminus du trajet.
Si les troupeaux ne font qu'y passer, Aubrac vit toute la journée au rythme de la manifestation. A midi et le soir, sous le chapiteau, les menus proposés à 18 (avec 1/4 de vin) sont concoctés à partir des spécialités locales : charcuterie d'Espalion, viandefleur d'Aubrac grillée accompagnée de son aligot, fromage de Laguiole et tarte sont achetées aux artisans et producteurs locaux. Mais les établissements environnants bénéficient également de l'affluence ; l'hôtel-restaurant de la Dômerie, à Aubrac, sert un menu similaire (avec soupe paysanne au jarret de jambon sec à la place de la charcuterie) pour 20 . Ainsi ce sont 300 couverts qui seront servis le midi, contre 60 à 80 un week-end normal de saison.
Après 23 ans d'existence, le succès de la Fête de la transhumance est considérable. L'organisation est bien rôdée, nous dit Isabelle Baldit, de l'association Traditions en Aubrac, mais tous les ans nous essayons d'apporter un petit plus. Ainsi, le service sous chapiteau se fait directement à table, avec des serveurs recrutés sur place. L'affluence est telle que cela ne reflète pas toujours le calme de la région d'Aubrac. Mais beaucoup de personnes qui nous ont connus par le biais de cette manifestation reviennent par la suite.
Preuve en est que le tourisme, utilisé à bon escient, peut s'avérer être un promoteur hors pair du savoir-faire des artisans et des produits d'une région