Jean-Paul Batsalle a toujours travaillé avec les ressources que fournissaient la terre
Jean-Paul Batsalle a toujours travaillé avec les ressources que fournissait la terre, mais avant d'investir dans les chèvres, c'est avec les ressources fossiles qu'il avait affaire. Cadre dans la société British Petroleum, il a une femme et quatre enfants. Ses beaux-parents cultivent la terre dans le Poitou-Charentes et ses enfants leur rendent régulièrement visite.
Alors qu'il était encore lycéen, un des fils de Jean-Paul Batsalle prénommé Jérôme a évoqué le souhait de devenir agriculteur. Jérôme, déjà sensible aux métiers de la terre, aimerait prendre la relève d'un paysan de la région, prêt à tout lui apprendre. Nous sommes alors en 1993 et le jeune homme poursuit encore des études qu'il souhaite mener à terme. Ni son jeune âge, ni les objectifs scolaires qu'il s'est fixés ne s'accordent pour l'instant avec ce projet dans le Poitou-Charentes.
Un tournant à 180°
Jean-Paul Batsalle et son épouse, tous deux originaires de la région, décident alors de s'investir dans le projet de leur fils, constatant à quel point ce dessein tient à cur au jeune homme. Jean-Paul reconnaît avoir été emballé par ce projet au fil des conversations et a refusé de laisser passer l'occasion qui s'offrait à eux.
Ainsi Jean-Paul Batsalle décide de devenir propriétaire des terres de l'agriculteur retraité, terres dont il s'occupera jusqu'à ce que son fils finisse ses quatre années d'études en bonne et due forme. C'est un tournant décisif dans la vie de Jean-Paul Batsalle qui, pour rendre possible le rêve de son fils, modifie sa trajectoire de vie. Il effectue plusieurs stages, notamment avec l'Enil (Ecole nationale des industries laitières) où il apprend les techniques de fabrication du fromage. Après avoir vendu à la laiterie de Surgères le lait de ses 140 chevrettes, il se lance, au bout d'un an, dans la fabrication de fromages qu'il va commercialiser sur les marchés.
En 1998, après avoir passé son baccalauréat et validé son BTS d'éleveur, Jérôme, toujours animé par ce projet, rachète les chèvres à son père et intègre la société en bon professionnel. Le travail est alors réparti : pendant que Jérôme s'occupe des bêtes et des champs dans lesquels elles sont élevées, le père gère tout ce qui a trait à la fabrication et à la commercialisation des produits.
Depuis, la belle-fille de Jean-Paul a pris en charge la fabrication de fromages, pendant que les hommes construisent une nouvelle chèvrerie aux normes CEE. La volonté de cette famille est à louer, car ils ne sont plus que deux éleveurs dans la région
Retrouver le goût d'antan
Au début, le Guigne chèvre ne proposait que du lait, comme le faisait son prédécesseur. Puis au fil du temps, avec un peu plus d'expérience et de savoir-faire, la famille s'est lancée dans la fabrication de différents fromages. Leur goût unique en est le premier témoin et leur succès fulgurant la garantie d'une qualité reconnue. Ayant une matière première de qualité, il était tentant de l'exploiter sous toutes ses formes. D'autant que la traçabilité est simple : tous les fromages sont fabriqués à partir du lait des chèvres de la famille Batsalle, qui se nourrissent sur leurs propres terres
Ainsi, la fromagerie s'implante près de la bergerie et rapidement, les produits se diversifient.
La bergerie et la fromagerie s'agrandissent et sont agrées normes CEE. La famille Batsalle se soumet régulièrement à des contrôles alimentaires précis et tous les deux mois, des échantillons de fromages sont testés en laboratoire près de La Rochelle. Mais attention : les conditions drastiques d'hygiène ne dénaturent pas la saveur des produits et n'altèrent pas les méthodes authentiques pratiquées. Tous les conseils donnés par l'agriculteur qui leur a vendu les terres sont paroles d'évangile et ont été respectés avec minutie.
Désormais la petite bergerie prend des airs d'entreprise en bonne santé. La famille Batsalle parvient à satisfaire une demande en perpétuelle croissance mais attention : si les produits sont fabriqués en quantité, on n'en néglige pas pour autant la qualité !
Aujourd'hui le Guigne Chèvre propose neuf types de fromages allant du sec au crémeux, du doux au fort, du conique au cylindrique
afin de satisfaire tous les palais et égayer tous les plateaux à fromages.
Les méthodes de fabrication des divers fromages sont simples mais demandent au maître-fromager une maîtrise parfaite du produit. C'est ce savoir-faire qui a été reconnu par l'Institut régional agro-alimentaire Poitou-Charentes et l'ARIA Poitou-Charentes (Association régionale des industries agroalimentaires) en délivrant la qualification Produits Régionaux à l'entreprise Le Guigne Chèvre.
Quand il fait le bilan, Jean-Paul Batsalle ne regrette en rien d'avoir changé le cours de sa vie et de s'être consacré au rêve de son enfant. Le Guigne Chèvre, une histoire de famille aux destins croisés et la vraie valeur de la terre retrouvée.
Terrine de fromages de chèvre fraisPour 6 personnes- 1 kg de fromage de chèvre frais
- 1/2 litre de crème épaisse
- 200 g de tapenade
- 3 poivrons rouges
- huile d'olive
PréparationPassez les poivrons sous le gril du four 10 minutes de chaque côté. Quand ils sont bien grillés, mettez-les dans une passoire. Couvrez, réservez. Pendant ce temps, écrasez le fromage de chèvre avec la crème fraîche. Chemisez une terrine avec un film alimentaire. Débarrassez les poivrons de leur peau et de leurs graines. Commencez le montage de la terrine par une couche de poivrons, puis le mélange chèvre-crème fraîche, continuez avec la tapenade, et ainsi de suite. Recouvrez avec un film alimentaire.
Tassez bien, posez un poids dessus. Laissez la terrine au réfrigérateur pendant 24 heures avant de la servir, accompagnée d'une salade mesclun.