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Visuel de l'introLe premier fête son 30e été dans les Landes.
Le second vit son premier sur les Champs-Elysées. Et tous deux sont Meilleurs Ouvriers de France.
François De la Valle




Les Prés d'Eugénie

40320 Eugénie les Bains

Tél : 05 58 05 06 07
Fax : 05 58 51 10 10

Michel Guérard

Michel Guérard, ou trente ans aux Prés d'Eugénie
1974/2004 : trente ans au service de la gastronomie, de la cuisine minceur et du thermalisme. L'ancien chef-pâtissier, Meilleur Ouvrier de France 1958, est devenu le chef d'une entreprise qui incarne le bon et le bien vivre à la française.
Meilleur Ouvrier de France Pâtissier,
Michel Guérard est une figure emblématique de la gastronomie française. Pape de la cuisine minceur, inventeur de la salade folle, initiateur des cures thermales savoureuses, il confie n'avoir jamais pensé à la réussite, soucieux de remporter le challenge quotidien d'une profession qui oblige à des astreintes et sacrifices, le tout nourri d'un enthousiasme créatif qu'il résume d'un : “La créativité, c'est comme le sport. Si on arrête, c'est foutu !” Aujourd'hui, 200 personnes travaillent à ses côtés à Eugénie les Bains (40), entre le restaurant gastronomique trois étoiles Michelin, la cuisine minceur et la ferme aux Grives où les rôtis chantonnent dans la cheminée.

“Trente ans cette année, vous avez raison. Mais vous savez, je n'ai jamais rêvé de rien du tout. En 1974, cela faisait presque dix ans que nous avions créé le restaurant Le Pot au Feu, à Asnières
(2 étoiles Michelin), et nous avons dû partir parce que l'on était expropriés. Eugénie était une station thermale perdue dans les Landes. On recevait des curistes en les logeant à 70 francs tout compris en pension complète remboursés par la sécurité sociale. Ensuite, nous avons commencé à faire du luxe, mais nous continuons les cures thermales médicalisées à raison de 500 à 600 personnes par jour. Nous avons juste trouvé le moyen que ça marche, mais avec la cuisine minceur qui, reprise dans mon livre, a fait le tour du monde”. Michel Guérard, 71 ans, a la modestie du professionnel sûr de son art. Quand, il restaure en 1974 avec son épouse Christine (une ancienne d'HEC), le complexe de restauration, hôtellerie et thermalisme, Les Prés d'Eugénie, membre de la Chaîne Thermale du Soleil, il en fait le premier Village Minceur de France… et atteint le record de fréquentation thermale étrangère soit 12% de sa clientèle, obtenant une étoile Michelin.
Michel Guérard, 71 ans, a la modestie du professionnel sûr de son art.
L'année suivante, le restaurant décroche deux étoiles Michelin et, en 1977, ce sera la troisième étoile. Comme le dit Paul Bocuse : “Si Michel a inventé la salade folle, copiée partout dans le monde, c'est bien qu'il n'est pas fou ! Ou alors ce serait un “fou chantant”. Lui, souligne simplement : “Christine et moi avons toujours cru aux choses simples et vraies, à un art de vivre qui repose à la fois sur le sens de la tradition et celui du bien-être. Un feu de cheminée dans la chambre, des meubles de bois fruitier patinés par l'âge, des senteurs d'aromates et de linge frais repassé, des mariages de matières naturelles, une candeur raffinée… Le savoir-faire, c'est aussi savoir choisir ce qui est rassurant, solidesimple et éternel”.
Cette philosophie, ce fils de bouchers-éleveurs la tient depuis l'enfance. Né en Normandie, il passera les années de guerre aux côtés d'un copain d'école, fils de pâtissier, qui l'entraînait dans le laboratoire. “J'ai très vite été émerveillé par ce côté magique et cela m'a amené à m'orienter vers cette discipline après mes études secondaires au lycée Corneille de Rouen”. C'est en 1950 qu'il devient apprenti pâtissier chez Kléber Alix, pâtissier-traiteur à Mantes-la-Jolie : “Un apprentissage dur comme le silex qui vous façonne un homme à vie. Quand on a acquis cette force qui fait l'homme, tous les déboires, vous les distillez. On faisait tout : nos beurres, nos pâtes, nos quenelles à partir des veaux achetés. Il y avait même une vigne. Et surtout, il voulait que l'on crée un nouveau gâteau tous les dimanches. Il y avait obligation à la créativité. Et c'est comme un sport : si l'on arrête, c'est foutu !”
En 1957, Michel Guérard est chef-pâtissier du Crillon, puis en 1958, il décroche le titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF Pâtissier) avant de rejoindre le Lido. Puis, en 1965, il crée Le Pot au Feu, un restaurant à Asnières (92), après avoir travaillé au Camélia de Bougival, aux côtés de Jean Delaveyne : “Pour un pâtissier entraîné à la régularité et à l'exactitude, la cuisine n'est pas si difficile”. Cinq ans plus tard, Le Pot au Feu a 2 étoiles Michelin. Puis, expropriation oblige, l'aventure des Prés d'Eugénie pourra commencer avec la nouvelle cuisine minceur française et le thermalisme.
"Notre concurrence est internationale. Notre discipline se rapproche plus d'une écurie de Formule 1 que d'un transport de car"
Dix ans à peine après leur installation, Michel et Christine Guérard acquièrent le Domaine historique du Château de Bachen, ses anciens chais et ses terres à vignes dans la région viticole du Tursan. Ils restaurent le château et en font un petit musée de la table, puis replantent et développent le vignoble, réhabilitent, modernisent et agrandissent les chais. “On a repris une vieille bâtisse. Il était utile, quoi qu'il arrive, de mettre en forme un petit vignoble permettant de subvenir à nos besoins. N'ayant jamais fait de vin, j'ai cru utile de m'inscrire à l'université de Bordeaux pour suivre pendant sept mois une formation en œnologie. Vous savez, nous sommes toujours sur le qui vive, c'est une obligation à avancer sans cesse, notre concurrence est internationale. Notre discipline se rapproche plus d'une écurie de Formule 1 que d'un transport de car. On entre dans un challenge quotidien qui oblige à des astreintes et à des sacrifices ; le tout nourri d'enthousiasme. Si on a tout ça, on a une vie accomplie”, conclue le cuisinier qui, à la tête de 200 personnes, entend créer mais pas “sur-créer” à travers trois cuisines : la cuisine minceur et tout ce qu'il est possible de faire sans trop de calories ; la Ferme aux Grives avec ses rôtis dans la cheminée ; et le restaurant 3 étoiles où gastronomie rime avec grande cuisine, atemporelle et délicatement originale.

François De la Valle