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Que mangent les Français ?

Aller au restaurant demeure une fête pour beaucoup de nos concitoyens. Cependant, les habitudes alimentaires de ces derniers peuvent être profondément modifiées par des conjonctures extérieures. Vous saviez certainement quel produit marchait le mieux sur votre carte, mais la confiance des consommateurs a été ébranlée. Grâce à ces chiffres tirés d'études Insee, vous allez enfin savoir pourquoi votre délicieuse côte de bœuf, si elle reste un mets fort prisé en restaurant, n'a pas eu autant de succès ces dernières années…

Légère accélération de la consommation alimentaire en 2002
En 2002, la dépense en produits alimentaires -hors boissons alcoolisées et tabac - a augmenté un peu plus vite (+ 1,3 % en volume) qu'au cours des deux années précédentes (+ 0,6 % en 2001 et + 0,7 % en 2000).
Après l'arrivée de l'euro et la flambée des prix qui en a découlé, l'année 2002 est marquée par un retour à une évolution plus modérée des prix des fruits, de la viande et des produits laitiers. En effet, en 2001, plusieurs facteurs avaient poussé à la hausse les prix de détail : des conditions climatiques défavorables, l'épizootie de fièvre aphteuse, la crise de la vache folle de l'année 2000 et la pollution maritime par les hydrocarbures.
L'explosion des supermarchés discount, encore inconnus sur le territoire français a permis de relancer la consommation à petits prix. Une fois les hausses dues à l'euro et les inquiétudes sociales inhérentes aux élections présidentielles passées, la consommation a repris avec plus de sérénité.
Petite reprise de la consommation de viandes fraîches
Suite aux recommandations nutritionnelles, les ménages sont, de longue date, encouragés à réduire leur consommation de viandes bovines. Outre les crises de la vache folle en 1996 et en 2000, ces viandes ont été pénalisées par une évolution de prix défavorable au regard de celle de la volaille. En 2000, comme en 2001, les achats de viandes bovines fraîches avaient diminué avant de reprendre en 2002 (+ 0,3 %) pour retrouver le niveau qu'elle avait en 1999.
La consommation de mouton avait fortement souffert en 2001 d'une pénurie de l'offre consécutive à l'épizootie de fièvre aphteuse, qui avait fait très vivement augmenter son prix. Depuis, la hausse du prix de la viande de mouton a quasiment été divisée par 3, mais est encore soutenue (+ 4,9 %, après + 13,7 %) et son achat a nettement moins baissé qu'en 2001 (- 0,7 % après - 12 %).
La viande de volailles avait également été affectée par des prix en hausse marquée et la grippe aviaire survenue l'an dernier n'a rien arrangé. On note + 0,9 % (après - 0,7 %) pour la volaille qui, tirée par la filière poulets, a légèrement repris, alors que les prix retrouvaient une évolution beaucoup plus modérée.
La demande de porc a augmenté de 2,2 % en volume ; les prix ont diminué (- 1,8 %). Ce repli a fait suite à la vive progression de l'année 2001 (+ 11,7 %) : les faibles niveaux de la production porcine des deuxième et troisième trimestres 2001 avaient en effet poussé les prix de détail à la hausse.
Comme c'est le cas depuis plusieurs années, les préparations et conserves de viandes (+ 2,8 %) ont eu plus de succès que les viandes fraîches. Le jambon cuit et la charcuterie de volaille ont continué à être appréciés, bien que le prix du jambon ait augmenté par rapport à 2001.
Par ailleurs, les plats français en conserve, les plats cuisinés et la charcuterie pâtissière des rayons libre service des grands magasins sont toujours très prisés. La consommation de plats surgelés à base de viande, en revanche, n'a toujours pas été très dynamique. Par manque de confiance sans doute…

Elena Bou