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Les groupes, ces mal-aimés
Deux questions pour vous aider à bien
commencer la rentrée, deux questions autour des groupes :
- Pourquoi les entreprises préfèrent-elles les chaînes aux indépendants pour organiser leurs séminaires ?
- Pourquoi les groupes sont mal aimés des restaurants ?


Commençons par la première question. D'une façon générale, les entreprises préfèrent s'adresser à un restaurant de chaîne, notamment une certaine chaîne aux couleurs blanc et bleu, qu'à un restaurant indépendant. Pourquoi ? Car chacun sait que cette chaîne, qui a pour habitude de se mettre aux sorties d'autoroute se caractérise par une “bouffe” globalement épouvantable, avec les mêmes plats qui défient le temps et la bonne cuisine. Et pourtant, les salons réservés aux séminaires sont toujours pleins, comme l'est le restaurant au moment du déjeuner. Pourquoi ? La raison est simple : cette chaîne, depuis de nombreuses années, à défaut de découvrir la grande cuisine, a compris ce qu'attendait un groupe d'un restaurant pouvant les accueillir pour un séminaire. D'abord d'être accueilli dès l'arrivée, d'avoir quelqu'un qui vous amène à la salle de réunion qui est agencée en conséquence. Dans cette salle, participants et organisateurs doivent y trouver des tables modulaires. La forme de la table a des effets sur le déroulement de la réunion et doit être laissée à l'appréciation de l'animateur. Ce point de vue n'est pas encore unanimement partagé par tous les restaurateurs qui reçoivent groupes et séminaires. Les sièges ne doivent être ni des supports de torture, ni des aides à la sieste, ils doivent être tout simplement confortables. Enfin, il doit y avoir dans la salle de réunion des “prothèses” incontournables, à savoir un tableau papier, avec un rouleau de papier… et des marqueurs qui marquent. Aujourd'hui, l'écran pour les projections est indispensable et à la place du rétroprojecteur, il est judicieux d'avoir un vidéo projecteur. On trouve du matériel acceptable à moins de 2000 euros. En plus ou à défaut d'avoir du matériel, il faut prévoir des prises électriques bien placées et une rallonge électrique. Bien sûr, les participants apprécient, matin et après-midi, la traditionnelle pause café avec viennoiseries et mignardises.
Et alors me direz-vous, où est le problème ?
Le groupe est pénalisé
Les problèmes avec ces groupes sont nombreux. A la commande, on est obligé pour valider sa réservation d'un groupe de s'engager sur le parcours du combattant… Plusieurs interlocuteurs, pas toujours en place entre eux, s'attardent plus sur la prestation du déjeuner que sur les modalités de l'accueil lui-même. On peut comprendre que pour faciliter le service il soit nécessaire d'offrir une prestation simple à préparer… mais tout de même, au-delà de l'éternelle grillade-frites. J'ai même eu cette proposition chez un étoilé !
On ne comprend pas toujours pourquoi un établissement ouvert au public, par définition ne sachant pas à l'avance qui vient déjeuner, panique lorsqu'il faut recevoir un groupe qui s'est annoncé, qui souvent a versé un acompte et qui mange ce qu'on lui prépare à l'avance… sans discuter.
Sanctionner les désistements ?
Il faut par ailleurs m'expliquer pourquoi, dans un restaurant, si je me décommande de ma réservation, j'ai presque toujours droit à des remerciements liés à la compréhension du patron.
Et pourquoi, dans le même restaurant, lorsqu'un groupe prévu à quinze compte un manquant, si je préviens le matin ou la veille, c'est trop tard et je dois payer ?! Il faut m'expliquer car je ne comprends pas… ou alors que “le groupe” est pour le restaurateur une “bête à coup de fusil”…

Au mois prochain,
Benjamin

Qui est Benjamin ?
Sous le pseudonyme “Benjamin” un Chef d'entreprise tient cette rubrique.
Celui-ci, pour ses obligations professionnelles, prend en moyenne
une dizaine de repas par semaine au restaurant.
La rédaction.

Benjamin