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La Bastide de l'Adrech

Robert et Géraldine Le Bozec
Avenue des Serrets
04100 Manosque

Tél : 04 92 71 14 18
La Bastide de l'Adrech convivialité au cœur de la Provence

Dans les quartiers verts de Manosque, il n'est pas rare de tomber sur une vieille demeure aux allures provençales. La Bastide de l'Adrech est un de ces joyaux, mis en valeur par le bon goût et l'énergie d'un couple de Marseillais. Maison et table d'hôtes cosy et chaleureuse, voici le doublé gagnant de Robert et Géraldine Le Bozec.

Au bout d'une allée terreuse, la Bastide présente un joli profil au visiteur. Des fleurs accrochées au mur, des portes en bois aux couleurs surannées, des pierres apparentes… Tout y est pour coller au stéréotype de la bastide rêvée.
Pénétrer chez Robert et Géraldine Le Bozec est une promesse de bien-être. Les murs intérieurs, passés à la chaux, s'accordent à merveille avec une décoration de style provençal du siècle dernier. Les meubles, provenant de l'ancienne maison des propriétaires ou chinés ça et là produisent un effet chaleureux : “Nous n'avons pas acheté beaucoup de meubles pour équiper la bastide. De toute façon nous voulions créer un cadre simple”, explique Géraldine. La quarantaine épanouie, elle parcourt les tomettes de la bastide, toujours affairée. Habillée d'une jupe en toile rose et d'un tee-shirt beige, elle cultive un style décontracté chic qui ressemble à ce qu'elle et son mari Robert ont souhaité afficher : sobriété et élégance.
En entrant, le visiteur plonge instantanément dans l'ambiance de la bastide. La salle à manger aux hautes fenêtres donne sur un parc vert qui ne souffre d'aucune fioriture. Le gazon bien tondu est ceinturé d'arbres. Seule une table rectangulaire en fer forgé et mosaïque semble défier l'immense façade. Depuis le parc, la vue somptueuse révèle des champs, des montagnes et la plénitude de la campagne tant convoitée par les citadins.
Toujours en rez-de-chaussée, un hall succède à la salle à manger et présente un large escalier en fer travaillé. Le premier étage distribue les quatre chambres simples et claires. Mais attention, rien ne manque et le moindre détail est étudié.
Un univers oriental
A l'étage, une pièce se distingue des autres : c'est le salon oriental. Originaire d'Afrique du Nord, Géraldine La Bozec a fabriqué une sorte de petit paradis perdu. “J'ai voulu recréer une ambiance de jeunesse. Je suis partie d'Algérie adolescente et il me reste des souvenirs, des ambiances, des couleurs…” Une touche très personnelle, un voyage auquel nous invite Géraldine. Les murs rouges réchauffent cette pièce ornée d'une cheminée en marbre, d'un miroir, d'une console en marbre et fer forgé. Les détails flirtent avec le rococo, les tapis sont chamarrés de rouges et de bruns et les appliques anciennes fixées aux murs finissent d'apporter une identité forte au lieu. L'endroit est idéal pour déguster un dernier verre ou boire un thé en hiver.
Mansardées ou non, les chambres disposent d'un placard (en bois travaillé) ou d'une armoire. La salle de bain attenante possède une douche, avec vue sur le jardin et les vignes de muscat ! Sobre, le mobilier respecte le style des autres pièces de la maison. De petits fauteuils en toile de Jouy et un guéridon chiné chez un antiquaire ont trouvé leur place sur les tomettes anciennes. Naturellement, un boutis (couverture surpiquée traditionnelle) est jeté sur le lit : on est en Provence !
La cuisine de Robert Le Bozec termine le rez-de-chaussée où une vielle table en bois épais trône. Les larges carreaux rouge brique qui tapissent les murs donnent un éclat étrange et chaud à ce lieu essentiel. Cette pièce doit encore évoluer : “On a prévu d'autres améliorations, mais on étale les travaux dans le temps pour ne pas trop débourser d'un coup. On a trouvé quelques astuces pour alléger les frais”, explique Géraldine. Les murs sont par exemple badigeonnés de chaux : l'effet est assuré et peu onéreux. A l'extérieur, la table de jardin a des allures de mobilier chic de cottage anglais, pourtant, Géraldine l'a rapportée d'un grand magasin de bricolage pour une somme modique. Le mélange astucieux entre vieux objets et détails débusqués à faible coût est un bon équilibre : le tout s'harmonise et restitue une ambiance vivante…
Des cours de cuisine particuliers
Côté fourneaux, c'est Robert qui officie. Passionné de gastronomie méditerranéenne, le chef est aussi un mordu d'huile d'olive : “L'olive, c'est la Méditerranée. Et la Méditerranée, c'est vraiment mon pays !” s'exclame-t-il. Plus précisément, c'est l'olivier qui le fascine : “Même après un incendie, l'olivier repousse un jour”. Une rencontre avec un technicien oléicole fût le déclic. Stages et pratique ont fait le reste. Aujourd'hui, Robert Le Bozec s'occupe quotidiennement de ses 7,5 hectares d'oliviers (1200 arbres), plantés sur les hauteurs, derrière la bastide. Un univers qu'il invite à partager durant ses cours de cuisine dispensés dans l'aile de la demeure. Une belle cuisine moderne carrelée de vert et blanc reçoit les apprentis d'un week-end. Pédagogue, Robert confectionne des plats provençaux simples à réaliser, comme une Bohémienne de légumes dans des fleurs de courgettes.
Heureux devant ses élèves, Robert a flatté les papilles de ses clients pendant des années dans son restaurant de Gémenos, Le Baron Brisse. Avec sa femme, qui œuvrait en salle, ils ont décidé, il y a quatre ans, de prendre le large. La Bastide n'attendait qu'un souffle pour revivre. Abandonnée depuis quelques années, la demeure était en piteux état. Mais l'énergie du couple Le Bozec lui a redonné éclat et chaleur. Même si les moments de découragement ont pu titiller la vaillance du duo, leur motivation ne les a pas lâchés. Désormais, l'endroit exulte dans sa nouvelle vie et les clients deviennent des fidèles.
“Des gens viennent de l'étranger, on fait de belles rencontres, confie Géraldine. On partage le repas avec les clients, c'est vraiment sympa, on découvre beaucoup de choses et des gens intéressants. Il arrive que certains deviennent des amis à force de venir chez nous !” “Chez eux”, c'est bien la carte que ce couple joue avec brio : aller à la Bastide de l'Adrech, c'est surtout être reçu par Robert et Géraldine qui donnent une âme à cette adresse de charme.
Le plus : pique-nique gastronomique
A certaines périodes de l'année Robert Le Bozec emmène ses “invités” en pique-nique. Le pays de Giono se donne à voir et à entendre dans les explications du chef. En cours de route, Géraldine rejoint le groupe pour apporter le pique-nique confectionné par Robert : Tian de légumes à l'huile d'olive, tapenade ou terrine de gibier sont au menu de ce festin champêtre.
Les prix
- La nuit, le dîner et le petit-déjeuner pour deux personnes : 110 euros, 165 euros pour trois personnes
- La nuit, le dîner, le petit-déjeuner, la balade et le pique-nique pour deux personnes : 150 euros
- Cours de cuisine : 25 euros les 2h30, 50 euros la journée avec repas.
Les conseils des propriétaires Géraldine et Robert Le Bozec
• Vive la chaux ! “La chaux gomme les défauts et permet de reboucher de petits trous. Ça sèche très vite et cela ne revient pas très cher. C'est un produit miracle” affirme Géraldine.
• Un conseil culinaire : avant de découper une viande cuite, il faut la laisser reposer 1/4 d'heure. De cette manière, le sang reste dans la chair qui sera plus tendre dans les assiettes !
• A la saison de l'ail nouveau (violet), c'est le moment de l'ail “en chemise” pour accompagner les viandes. Inciser les têtes en bas, les faire pocher dans l'eau 5 minutes, les égoutter et les mettre au four avec un filet d'huile d'olive et du thym à four très chaud.

Marie-Laurence Com