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La Maison Bigallet

Un subtil dosage de modernité et d'authenticité

Au début, les frères Bigallet ont lancé des liqueurs destinées aux cafés et aux auberges. Actuellement, la maison compte plus de 6 000 clients, des cafés, restaurants, épiceries fines, cavistes, magasins de produits régionaux, grossistes. Un développement maîtrisé, qui privilégie, avant tout, la qualité plutôt que la quantité, car “Les deux ne vont pas ensemble”, estime Dominique Bigallet.

Voilà 132 ans déjà que la maison Bigallet existe, soit plus d'un siècle dédié au respect de la tradition familiale. En 1872, Félix Bigallet, son frère et quelques collaborateurs démarrent leur activité avec les liqueurs et les boissons de l'époque : Bitter, Amer, Goudron, Quinquina, China China, la liqueur aux écorces d'oranges, et font du citron leur spécialité.
L'entreprise perpétue une grande tradition, la fabrication de sirops à base de fruits.
Près de 75 ans plus tard, les sirops constituent l'activité principale, avec notamment la citronade, qui est un sirop incolore, à base de zestes de citrons. Pour l'anecdote, le nom “citronade”, orthographié avec un seul “n” par ses créateurs, fait alors son apparition dans la langue française. Aujourd'hui, c'est Dominique et Hubert Bigallet, derniers arrières-petits-enfants des fondateurs, qui dirigent l'entreprise. Dominique s'occupe de l'administratif et Hubert de la fabrication. Trente-sept autres personnes travaillent, pour la plupart, dans les services production, commercial, logistique et administratif, depuis de nombreuses années. Car l'esprit est familial, “Chez nous, c'est un peu comme autrefois, il y a des gens qui ont plus de 35 ans d'ancienneté, des gens qui font toute leur carrière chez nous”, confie Dominique Bigallet.
Le citron reste la spécialité et d'autres variétés apparaissent
Des nouveautés ont fait leur apparition au fil des années, telles que les apéritifs à base de vin et de fruits, les apéritifs issus d'une macération de pulpes de fruits dans l'alcool, les crèmes, les liqueurs et les liqueurs oubliées : Viriana China, Liqueur de Verveine, Dessertine, Eau d'Arquebuse Vulnéraire des Carmes, Elixir de Genépi, Elixir de Verveine et Grog. Les produits sont conçus à base de noix, pêche, griotte, framboise, myrtille, châtaigne, orange, poire, mûre, fraise des bois, melon, abricot, genépi et gentiane. Installée à Virieu-sur-Bourbre, en région Rhône-Alpes, l'entreprise produit la traditionnelle liqueur de génépi. Cette dernière utilise 3 variétés, l'artemisia mutellina, le spicata et le glacialis, soit 80 kilos de plantes sèches achetées annuellement. La fabrication comporte 2 composantes, “La macération apporte de la couleur et du parfum et la distillation de la finesse, le travail du fabriquant est de trouver le meilleur équilibre”, explique Dominique Bigallet.

Tout cela est précieusement définit dans un cahier des charges afin de perpétuer le savoir-faire de l'entreprise. 39 sirops sont proposés actuellement, pour en sortir un, comme toute nouveauté, il faut environ 6 mois. Généralement, les clients demandent des produits aux commerciaux, qui font remonter l'information aux dirigeants. Puis des essais sont effectués sur plusieurs parfums, car le but est de trouver quelque chose d'original, de nouveau et qui soit apprécié par les consommateurs. C'est dans cette optique, qu'est sorti au printemps dernier le sirop de nectarine, “on est parti de la pêche, qui est un sirop qui marche bien et qui se mélange avec la bière, puis on est arrivé à la nectarine, avec du zeste de citron vert, qui apporte une note exotique” explique Dominique Bigallet. Car les goûts changent avec les années, “Avant on faisait de la citronade douce, aujourd'hui les gens la veulent plus acide”, voilà ce qu'il a notamment constaté.

Quand Félix Bigallet s'est installé, il livrait ses sirops en bonbonnes de verre cerclées d'osier tressé. Il fallait ensuite les transvaser dans des bouteilles en verre peintes au nom de la maison. Depuis, cela a changé, 100 000 bouteilles sont cirées manuellement, pour apporter la touche ancienne qui plait beaucoup aux gens d'aujourd'hui. Car la maison Bigallet vit avec son temps, elle perpétue certaines recettes, en sort de nouvelles, en laissant au conditionnement un côté ancestral, pour ne pas oublier que tout cela ne date pas d'hier.

Sandrine Thiery