 Le CFA Simone Brandy a Bordeaux forme les jeunes aux métiers de la restauration sous contrat d'alternance. Le processus mis en oeuvre durant la formation garantit aux stagiaires d'acquérir des compétences opérationnelles et techniques a un rythme alternant présence en entreprise et en cours. Voici les récits de quatre d'entre eux qui relatent leurs premiers pas dans le monde professionnel de la restauration. Sandrine Thiery
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Audrey HOSTEINS 17 ans CAP Restaurant en contrat d'apprentissage 2e année. Audrey sort d'une seconde générale et a choisi des études lui permettant d'entrer dans la vie active et d'avoir son indépendance financière. Elle a choisi le CAP, alors qu'elle pouvait entrer en BEP, en pensant aux exigences des employeurs : Les patrons préfèrent un CAP, on est formé au service, c'est très approfondi. Le choix de la filière restauration lui permet d'entrevoir un avenir professionnel riche et varié : Le service, c'est un métier qui ouvre beaucoup de voies, on peut voyager, travailler dans tous les milieux : gastronomique, traditionnel, brasserie
. Le métier de serveuse correspond bien à Audrey qui a besoin d'exprimer une énergie débordante. Jusqu'à l'âge de 12 ans, je ne pensais pas à ce métier et quand j'ai commencé à sortir, j'ai pensé qu'il me fallait un métier comme ça, qui bouge et qui me permette d'être en contact avec beaucoup de gens. Elle n'avait jamais servi et les premiers jours se sont avérés difficiles. Pour rien au monde je n'échangerais ma place C'est un peu grâce à la patronne du restaurant La table tartine à Lesparre Médoc, si elle a persévéré : Au début, j'en ai bavé, je n'avais jamais servi et la patronne m'a beaucoup rassuré, elle m'a mise derrière le bar et m'a appris à porter une assiette. La première semaine, je ne pensais jamais tenir et actuellement pour rien au monde je n'échangerais ma place. Audrey apprécie la convivialité qui règne dans le restaurant : Il y a beaucoup d'habitués, on s'appelle par notre prénom, on sait ce que le client mange et on fait beaucoup de connaissances. Pour l'avenir, Audrey est partagée entre son désir d'arrêter au CAP pour partir en Angleterre afin de visiter le pays et apprendre l'anglais, et de poursuivre ses études : Ma patronne souhaite que je fasse un BEP et moi j'aimerais avoir le courage d'aller en Angleterre après le CAP, mais je pense qu'elle va réussir à me convaincre de faire le BEP et le BAC.
Sandrine Thiery |
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Aurélie RUIZ 18 ans CAP cuisine en contrat d'apprentissage 2e année. C'est après une troisième générale qu'Aurélie s'est orientée vers les métiers de la restauration en entreprenant de faire le CAP Cuisine. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle voulait faire, son amour pour les animaux lui fait envisager un moment le métier d'auxiliaire vétérinaire et l'idée de les voir souffrir lui fait abandonner l'idée. Une copine lui parle de la formation qu'elle envisage de poursuivre et lui met la puce à l'oreille : J'avais pas vraiment d'idée de ce que je voulais faire, j'aimais regarder les émissions culinaires, on était abonné à un magazine à la maison, j'aimais bien suivre les instructions et faire des essais. Aurélie apprécie la rigueur qu'exige le métier, le respect des règles notamment en matière d'hygiène. Au restaurant où je travaille, à L'Olivier du Clavel à Bordeaux , il y a beaucoup de choses à respecter, il ne faut pas laisser les aliments à l'extérieur, souvent se laver les mains, ce que je faisais déjà souvent naturellement, confie Aurélie.
La formation lui permet de maîtriser le langage culinaire et de mieux comprendre les recettes. La possibilité de créer un plat, le rendu esthétique, les formes, les couleurs sont aussi une source de satisfaction. La contrainte, c'est les horaires, lorsqu'il faut travailler tard le soir. On sait quand on commence mais jamais lorsqu'on finit !, déclare-t-elle avec regret. C'est pourquoi Aurélie envisage après le CAP de rentrer dans l'armée, soit en tant que volontaire ou en tant que cuisinier. J'ai fais ma journée d'appel pour la défense lorsque j'étais en 1ère année de CAP et cela m'a donné encore plus envie de le faire. Son CAP en poche, elle pense également passer des concours lui permettant d'entrer dans la gendarmerie ou d'exercer le métier de gardien de prison. Comme l'explique Aurélie, J'aimerais m'engager un an pour voir comment ça se passe et pour essayer autre chose. Avec mon diplôme, je pourrai toujours retourner dans la restauration, plus j'aurai de bagages, plus je serai en mesure de faire le bon choix plus tard.
Sandrine Thiery |
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Pierre PELLIZOTTI 16 ans CAP Cuisine en contrat d'apprentissage 2e année. Pierre voulait être gendarme lorsqu'il était petit, comme son grand-père. Et c'est en cuisinant avec sa maman, des gâteaux pour commencer et puis des choses simples comme des salades de riz, qu'il a décidé, à l'âge de 10 ans, qu'il travaillerait dans les métiers de bouche. Après la cinquième, il a arrêté le cursus classique pour faire une quatrième et une troisième à la Maison familiale et rurale de Pujols, un établissement de formation par alternance qui aide à choisir son orientation. Je préfère être derrière les fourneaux que passer mon temps en cours. Ces classes, permettant de faire 3 stages par an, ont permis à Pierre d'en effectuer un chez un charcutier/traiteur, un autre chez un boulanger et un dernier chez un restaurateur : J'ai préféré toucher à tout, j'aimais bien le métier de traiteur mais le restaurant a confirmé ce que je voulais faire. Dès qu'il a eu l'âge d'entrer en CAP, en contrat de qualification, Pierre a choisi Le cap à Preignac, le restaurant gastronomique où il a effectué un stage en en troisième, pour signer son contrat. Le CAP en alternance lui convient particulièrement : J'apprends à travailler en même temps, je préfère être derrière les fourneaux que passer mon temps en cours. Pour le moment, je suis avec le chef aux entrées et aux desserts et bientôt je vais voir le chaud avec le fils. Ses projets sont déjà tout tracés, après le CAP il passera le BEP, puis le BAC professionnel au minimum, et peut-être le BTS. Il souhaite ensuite voyager pour découvrir d'autres spécialités et travailler dans de grandes brigades, pour travailler plus souvent des produits élaborés comme la truffe et la décoration des assiettes : Je préfère qu'un plat ait du goût plutôt qu'une belle décoration, mais l'idéal c'est les deux !. Après une quinzaine d'années dans la cuisine, il projette d'entrer en tant que responsable dans une grande chaîne de cuisines pour être dégagé des contraintes horaires que connaissent beaucoup de professionnels de la branche : C'est plus de la gestion mais on s'occupe toujours de la cuisine, on peut davantage s'arranger pour les horaires, ça permet d'avoir une vie de famille.
Sandrine Thiery |
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Charlotte BOURGOIN 19 ans BEP Restaurant en contrat d'apprentissage 2e année. C'est un peu par hasard que la restauration est devenue une passion pour Charlotte. A l'âge de 16 ans, elle accepte un travail à la plonge dans un restaurant. Le week-end, elle continue à travailler en extra, jusqu'au jour où on lui propose le service. Cela va durer un an : Ma sur, qui avait déjà travaillé en salle m'a expliqué comment il fallait faire mais pour le reste ça été sur le tas. Je voulais me faire un peu d'argent et c'est devenu une passion Un problème de locomotion la contraint à arrêter de travailler. Elle se consacre à sa première sciences médico-sociales car Charlotte a une passion pour les enfants et souhaite leur apporter son aide. Pour cela, elle désire devenir éducatrice de jeunes enfants et travailler dans les hôpitaux. Mais elle se rend compte que sa sensibilité ne lui permettra pas d'exercer un tel métier. Parallèlement à cela, la restauration lui manque : A la base, je voulais me faire un peu d'argent et c'est devenu une passion, avec celle des enfants. Elle décide en 2003, de faire à nouveau des saisons en tant que serveuse à l'hôtel restaurant L'Arberet à Vendays Montalivet et choisira l'établissement pour effectuer son apprentissage. Ce n'est pas une décision que j'ai prise à la légère, de ne pas aller jusqu'au bac lorsque j'étais en première. J'aurai ce qu'il y a de mieux pour moi plus tard. Le BEP m'apporte les bases, les mots techniques, au niveau du service ça allait. Dans l'apprentissage, on voit la vraie face du métier car il y a beaucoup de contraintes, mais quand on aime le métier on passe outre, estime Charlotte. Elle a trouvé dans ce métier une nouvelle manière d'être attentive aux autres : Il y a une communication entre le client et la serveuse, on commence par la prise du menu et en fonction de ça on propose le plat du jour ou certains vins. On cerne le client par ses choix, on sait s'il va être facile ou plus pointu. Ensuite, Charlotte souhaite poursuivre ses études : Un BAC professionnel pour approfondir les connaissances, savoir découper une pièce montée par exemple, c'est important pour travailler chez un traiteur et pour monter en grade, et j'aimerais tenter une mention complémentaire en sommellerie pour conseiller la personne et trouver les goûts qu'elle recherche.
Sandrine Thiery |
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