Montbrison, chaque deuxième week-end du mois d'octobre, célèbre sa fourme, fromage à pâte douce produit dans les montagnes alentour depuis des siècles et des siècles : à déguster avec un petit verre de Côtes du Forez
La fourme de Montbrison n'est surtout pas un produit récent, elle a été créée pour s'adapter à un marché en mal de nouveautés. Ce fut même l'un des tous premiers fromages de France, dont le nom est hérité du récipient qui contenait le caillé : forma, en latin
L'étymologie est d'ailleurs identique à celle de fromage ! Dans les monts du Forez, cette moyenne montagne qui domine Montbrison et où se produit la fourme, elle était connue avant le Xe siècle : elle avait même une telle importance dans la vie rurale que sa trace se retrouve sculptée sur les murs de l'église de Sauvain et de la chapelle de la Chaulme, situées dans de petits villages voisins.
Depuis plus de quarante ans
Il n'y avait donc rien d'incongru à ce qu'elle soit célébrée avec lustre et respect. Depuis plus de quarante ans, il en est donc ainsi avec des fêtes de la fourme qui, chaque deuxième week-end du mois d'octobre, drainent des dizaines de milliers de personnes à Montbrison, sous-préfecture du département de la Loire. Au fil des années, le fromage a eu la générosité d'accepter un deuxième produit vedette, les Côtes du Forez. Le territoire de ce vin, doté d'une A.O.C. depuis quelques années, est dans la continuité de celui de la fourme : les vaches paissent en altitude et les vignes poussent sur les premiers contreforts des reliefs, si bien que ces deux fleurons de la production forézienne semblent faits pour aller de paire.
Lors des fêtes d'octobre, la dégustation de l'un ne peut aller sans l'autre et les chiffres parlent d'eux-mêmes : lors des dernières éditions, ce sont environ 4 tonnes de fourme qui ont été vendues ou consommées, du vendredi au dimanche, accompagnées de 3000 bouteilles et de plus d'une tonne de pain de seigle, pour aider à la digestion ! Les Compères du Gai Barrelet et les Compagnons de la Fourme, deux confréries qui ont pour vocation de promouvoir terroir et production locale, ne se privent pas d'assurer cette promotion, d'autant qu'à chaque fête de nouveaux impétrants sont intronisés
Le corso fleuri vient suppléer les nombreuses animations du week-end et clôt, telle la cerise sur
le fromage, les festivités du dimanche après-midi. De multiples épreuves sportives, randonnées pédestres et cyclistes, sont là pour ouvrir l'appétit et des expositions apicoles ou mycologiques pour mettre l'eau à la bouche ; des spectacles de danses folkloriques en soirée prouvent que la production fromagère et viticole n'est qu'un pan de la culture locale et régionale. Et bien sûr, il y a des stands de fabrication de la fourme de Montbrison, qui nécessite entre 20 et 25 litres de lait cru et dont l'originalité est d'être salée en cours de moulage. Il ne reste plus qu'à déguster ce fromage à pâte douce et moyennement persillée
accompagné, comme il se doit, d'un petit verre de Côtes du Forez !