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Brasserie Le 5

Zone artisanale
Le Gouyonnière
42480 La Fouillouse

Tél : 04 77 55 69 46
Brasserie Le 5
Un village en plein cœur d'une zone industrielle
A quelques kilomètres au nord de Saint-Etienne, dans une périphérie urbaine entre autoroute et aéroport, la ville n'est plus guère structurée. Ici, ce n'est qu'entreprises, entrepôts et grandes surfaces. Alors, ouvrir un restaurant avec la volonté d'y recréer le cadre et l'ambiance d'un petit village n'était pas la moindre des gageures, ni le moins fou des paris. A la fin des années 90, Maryse Monteux et son époux se sont pourtant lancés dans l'aventure à corps perdus en imaginant Le 5, dénommé ainsi parce qu'il allait être le cinquième établissement du couple après une série de pizzerias qui avait essaimé dans la grande région stéphanoise : “L'idée de départ était encore de conserver l'esprit pizzeria, puis elle a évolué au fur et à mesure de nos réflexions pour déboucher sur cette idée de rue, dans laquelle nous voulions installer des activités artisanales”.
De la fontaine de Trévi au Pont des Soupirs
De l'idée à la concrétisation, le chemin a été long et la route tortueuse. L'itinéraire a même emmené les initiateurs du projet outre-Atlantique : “A Los Angeles, nous avons en particulier visité les studios cinématographiques Universal où nous avons vu une reconstitution de rues françaises. Puis, nous sommes allés à Las Vegas pour voir les différents décors mis en place dans les multiples casinos”. Au retour, le plus difficile a été de trouver un professionnel capable de réaliser le chantier, de s'immerger entièrement dans le projet : “L'architecte a eu des difficultés à comprendre ce que l'on voulait réellement. Heureusement, nous avons trouvé David Juillard, un jeune décorateur qui a accepté d'aller plus loin, qui a compris nos désirs, qui a multiplié les recherches…”
Fin 99, la brasserie pouvait être inaugurée sans les activités annexes au restaurant prévues initialement : “Nous avions demandé aux élèves de l'école des beaux-arts de Saint-Etienne de venir travailler dans l'établissement, de réaliser des portraits de clients. Ca n'a pas accroché les jeunes artistes et nous avons laissé tomber. Dommage ! Mais ce que nous avions réalisé n'était pas si mal et se suffisait à lui-même” se réjouit Maryse Monteux. La salle principale du 5 est donc une place de village. Certains la trouvent provençale, d'autres italienne. Maryse Monteux opte pour le qualificatif de transalpine… Une fontaine, qui pourrait être la copie de celle de Trévi, au centre de la capitale romaine, sépare la salle en deux, les consommateurs y jettent quelques menues monnaies dans l'espoir de faire bonne fortune. De part et d'autre, la décoration des tables est volontairement différente pour accentuer cette séparation.
Accrochés aux murs pastel, trônent deux balcons où sèche du linge ; des moucharabiers laissent croire à des spectateurs discrets et de petits anges en plâtre, dans un style très italien, sont dispersés au gré des tables et des lampadaires : “Parmi tous les éléments de décoration, certains sont d'authentiques antiquités, les anges et les moucharabiers en particulier. D'autres ont été créés de toutes pièces par le décorateur”. Le bar donne sur la place et se veut être une échoppe de village. A sa gauche, part une ruelle, surmontée d'un passage, qui pourrait être le pont des Soupirs de la Venise éternelle… mais qui ne conduit pas du tribunal à la prison comme l'original. Au 5, il est en fait un élément de décor utilisé pour dissimuler du matériel technique, de sonorisation et de climatisation…
Dans la rue du Marché, comme en témoigne une plaque émaillée récupérée chez un brocanteur au même titre que celle de l'agence postale, le décorateur n'a pas lésiné sur les détails, allant jusqu'à reproduire aux murs des publicités d'antan pour le chocolat ou pour une marque de cyclomoteur. La rue donne accès à une salle plus intime que la grande place, au décor plus sophistiqué : de superbes colonnes sculptées, à l'origine dûment estampillées, ornent l'entrée et une fresque arrondie, représentant une angélique sarabande digne d'une véritable chapelle italienne, est peinte au plafond. Au bout de la rue, l'espace s'ouvre encore sur une terrasse extérieure où plus de cent convives peuvent prendre place. Là encore, une fontaine est adossée à un mur et le décorateur s'est permis une peinture en trompe-l'œil… le représentant au travail !
Service à emporter
Dans ce cadre magnifique, la carte est variée pour satisfaire aux désirs d'une clientèle disparate : “Au déjeuner, nous travaillons beaucoup avec les entreprises de la zone industrielle du quartier, autant avec les cadres venus prendre un repas d'affaires que les employés qui veulent un plat du jour abordable financièrement et vite servi. Le soir et le week-end, la clientèle est plus familiale, elle n'hésite pas à venir de Saint-Etienne en raison des facilités d'accès et du parking”. Les plateaux de fruits de mer sont une des spécialités de la maison avec la choucroute aux moules. Les plats peuvent être préparés pour être emportés : “Nous les présentons alors comme un bouquet de fleurs enveloppé dans un papier transparent”. Pour répondre aux attentes des chefs d'entreprise alentour, Maryse Monteux a également mis en place un service de cocktails : “Ils peuvent être servis sur place ou préparés pour être emportés. Mais dans ce dernier cas, comme nous ne sommes pas traiteur, ce sont les clients qui doivent se débrouiller pour assurer la livraison et le service dans leurs locaux”.
Sur cette même carte, à côté de l'entre- côte de bœuf et du steak tartare, se trouve aussi le hamburger de la Confédération paysanne, le syndicat agricole cher à José Bové : “C'est un clin d'œil à Bové qui, à l'époque où nous avons lancé ce plat, était encore porte-parole de l'organisation, mais aussi au fast-food qui est notre plus proche voisin” ! Car aujourd'hui, Le 5 n'est plus le seul établissement installé dans la zone industrielle. Tout près, outre le fast-food, un autre restaurant et une cave à vin se sont créés : “On n'est jamais content quand on voit une concurrence s'installer à notre porte, mais en définitive elle s'avère positive en nous obligeant à toujours nous dépasser” reconnaît Maryse Monteux, une propriétaire qui veille telle une édile sur la vie quotidienne de son village et sur la trentaine d'employés… municipaux !
Les conseils de la propriétaire Maryse Monteux
“Le décor est une chose, la carte en est une autre. Nous essayons de ne pas tricher avec nos clients, ni sur la qualité, ni sur la quantité”.

Propriétaire : Maryse Monteux

Jean-Yves Dupain