A Rouen, un Lycée pour les étudiants
en hôtellerie-restauration et en boulangerie
un Lycée pour les étudiants <br>en hôtellerie-restauration et en boulangerie

Entre son emplacement actuel et son futur déménagement, le lycée hôtelier de Rouen n'est pas encore dans les cartons, mais déjà en ébullition.
Prévu pour 2003, le lycée s'installera sur Canteleu (agglomération rouennaise) sur un site dédié de plus de 9000 m2, et réunira enfin les deux établissements scindés en hôtellerie/restauration (rive droite) et boulangerie (rive gauche).

Une formation de renom

Plus ancienne formation hôtelière de Haute Normandie (depuis la création des centres d'apprentissage après la seconde guerre mondiale), le lycée trouve et fonde sa réputation sur quelques secrets propres : d'une part, la taille assez réduite de la structure actuelle impose non seulement une sélection rigoureuse lors des admissions (peu de place en internat, et peu de place tout court car le recrutement est réalisé sur cinq départements en boulangerie !), mais facilite aussi le rapprochement entre professeurs et élèves, échanges qui favorisent l'apprentissage. D'autre part, la section boulangerie située rive gauche partage le site avec la direction nationale de l'INPB (Institut National des Professions de la Boulangerie), cette proximité de circonstance permet une perpétuelle mise à niveau des enseignants, ainsi qu'une meilleure prise en main des élèves, indirectement bénéficiaires de ce voisinage ! Enfin, le lycée trouve sa renommée dans les partenariats qu'il a su tisser avec l'hôtellerie de prestige de la Côte d'Azur (Le Martinez, Le Hilton...), où la quasi totalité des anciens élèves sont maintenant en activité.

Des études prometteuses

Les possibilités sont actuellement restreintes surtout par manque d'espace disponible (c'est le cas dans le complexe de la rive droite, pour l'hôtellerie/restauration, car le bâtiment de la section boulangerie date quant à lui de 94 et est donc parfaitement à jour). Pour 350 élèves (200 en hôtellerie, le reste en boulangerie), l'avenir s'annonce radieux : ainsi seront proposées la mention complémentaire en boulangerie spécialisée et surtout les mentions complémentaires traiteur, accueil/réception, barman, et cuisinier en dessert de restauration sur le prochain Lycée. Viendront s'ajouter deux sections BTS (arts de la table et art mercatile de gestion), une classe passerelle pour intégrer un BTS après un bac général et, enfin, des cours réservés aux professionnels en partenariat avec le GRETA.
C'est donc une évolution radicale qui fera du lycée de Rouen l'un des pôles régionaux (sinon le pôle régional) du milieu de l'hôtellerie et de la restauration, assurant à ses élèves à la fois une formation adaptée et au plus près des besoins du monde professionnel, mais surtout une réputation solide.

Des activités nombreuses

Il ne faudrait pourtant pas croire que le manque d'espace limite l'imagination et la motivation des enseignants et de leurs élèves !
Bien au contraire ! Toujours inscrit dans cette démarche du lycée dynamique et entreprenant, l'établissement est à l'initiative de plusieurs manifestations, dont la plus importante est sans doute le marché régional organisé chaque année : le but est d'inviter un maximum de producteurs locaux pour favoriser la découverte d'une culture culinaire locale trop souvent oubliée. Cette manifestation se déroule durant toute la semaine du goût et s'accompagne de menus de circonstance dans le restaurant d'application du lycée.
Durant cette même fête du goût, une animation autour du chocolat est proposée avec moulage et dégustation, ainsi qu'un atelier de cuisson du pain à l'ancienne (dans un véritable four à bois traditionnel), toujours dans le double but de sensibiliser le public et de former les élèves. Enfin, les soirs de cette semaine exceptionnelle est organisée une animation autour du célèbre « canard à la rouennaise ». Canard qui fait d'ailleurs l'objet d'un concours, organisé par l'ordre des canardiers, dont les deux dernières éditions ont été remportées par des élèves de l'école. Autres concours prestigieux, le George Baptiste, qui récompense les qualités du service d'un maître d'hôtel, et qui fut remporté à maintes reprises par le lycée.
Sur ces manifestations ponctuelles se greffent des ateliers culturels hebdomadaires : sont proposés le théâtre, l'informatique (maintenance du site internet de l'école, hébergé par le rectorat de Rouen), musique et arts appliqués. Enfin les PPCP (Projets Pluridisciplinaires à Caractère Professionnels) permettent des placements en France où à l'étranger pour découvrir à la fois les traditions culturelles mais surtout culinaires d'une région.
Deux projets sont ainsi à l'étude pour cette année : un déplacement dans d'autres régions de France, et la création d'un guide promotionnel sur la ville de Rouen. De quoi bien occuper les étudiants !

Le couple enseignants/étudiants

Ces étudiants justement, ne s'en plaignent pas, bien au contraire ! non contents de devoir travailler leur gamme de futurs boulangers ou restaurateurs, certains en redemandent ! Motivés ! et pour cause : ils sont assurés de trouver du travail à la fin de leurs études. Cette ambiance générale est due en partie au fait que les étudiants, dans leur grande majorité, suivent un cursus complet au sein du lycée, ce qui permet d'établir un lien de connivence étroit entre élèves et professeurs. Cependant le Proviseur, M. Lefebvre, conseille tout de même à ses élèves d'accumuler deux ou plusieurs diplômes pour qu'ils soient pleinement polyvalents lors de leur entrée sur le monde du travail. Autre point important qui accentue cette ambiance, le fait que le nombre de places au sein du lycée soit insuffiant crée une sélection - même involontaire - qui se traduit par une plus forte motivation des élèves... Reste qu'avec 6 professeurs de cuisine, et 5 en service (dont certains sont eux-mêmes d'anciens élèves !) les lycéens de la section hôtellerie sont bien entourés !

Le passage de 2003

Ce déménagement semble à la fois être vécu comme une libération, puisqu'il permettra d'enseigner enfin dans de « meilleures » conditions, mais il reste encore quelques zones d'ombre. Si le nom du lycée est presque validé (il se nommera Georges Baptiste, en hommage au rouennais et aux valeurs professionnelles et humaines qu'il incarnait), et qu'il reste encore plus d'un an pour le préparer, si les plans sont mémorisés par l'équipe de direction et les machines en commande, l'inconnue reste de savoir comment élèves et enseignants vont s'adapter à un si grand complexe... et comment la qualité de l'enseignement va-t-elle évoluer avec la soudaine augmentation des effectifs ? Mais tous ici ont l'air serein.
Article
Témoignages
Julien Palier
un Lycée pour les étudiants <br>en hôtellerie-restauration et en boulangerie

Lerouge Céline et Baptiste Thomas
Céline et Thomas sont tous deux élèves au lycée hotelier de Rouen. Motivés et passionnés par leurs études, nous leur avons posé quelques questions. Portrait croisé :

Lerouge Céline, rouennaise, 18 ans, en Bac Pro restauration /service en salle
Baptiste Thomas, né à Deauville mais exilé en Haute Normandie, 19 ans, en Bac Pro avec Céline.

PdV : qu'est-ce qui vous a amené vers cette formation ?

Céline : c'est un métier qui m'a plu pour le contact humain, le relationnel, bouger, rencontrer du monde ... ça m'a toujours plu.
Thomas : j'ai toujours souhaité faire ce métier... en fait mes parents sont déjà dans le milieu et je suis tombé dedans quand j'étais petit ! Du coup j'ai fait un BEP/CAP (serveur) ici, et en 2000 un BEP cuisine, ce qui m'apporte une certaine polyvalence et puis l'établissement est à échelle humaine, on s'y sent bien alors on y reste !

Pdv : et maintenant que vous le pratiquez, ce qui vous motive le plus dans ce(s) métier(s) ?

Thomas : c'est tout de même la garantie de trouver du travail assez facilement, ce qui n'est pas forcément donné à tout le monde... et puis je m'y sens bien.
Céline : il faut donner de sa personne, moralement et physiquement, et quand on y arrive, c'est vraiment plaisant. Et puis il y a un soupçon de frime : c'est pas donné à tout le monde de pouvoir flamber un ananas ! en clair c'est un sacré investissement personnel, un métier où l'on a des responsabilités et dans lequel on progresse sans cesse.



Thomas : sereinement mais dans une autre fonction... tout le côté gestion, organisation me plaît beaucoup, je me vois bien manager et organiser dîners et manifestations...
Céline : moi je souhaite m'orienter vers l'enseignement, ou alors ouvrir mon propre restaurant, de toute façon, je veux rester dans le milieu et y travailler. Les horaires sont peut-être durs, mais le plaisir prend le dessus. L'hôtellerie, c'est une grande famille !
Archives
Voici le sommaire du numéro 56 :
Accueil | Editorial | Restaurant | Café | Hôtel | Epicier | Traiteur | Agenda | Les échos | Dossier | Métiers de demain | Nouveautés salon | Parole de caviste | Témoignage | Histoire de marque | Sommelier | Carrière | Ambiance | Livres