L'appellation, venue des USA, comporte le mot RA, dieu
du soleil. Le rapprochement est aisé avec le ton ambré du
produit. La suite se décline au travers des temps forts et anecdotes
de l'histoire comme l'engouement
des ménagères pour
les verres givrés qui contenaient le condiment. Une visite pleine
de saveurs à travers le monde de la moutarde en même temps
que celui d'une entreprise dont la création remonte à 1756.
Entre la ville de Dijon et la Moutarde, c'est comme
une histoire d'amour

Il
n'y a de moutarde que de Dijon. Nul n'en doute. Mais, savez vous que ce
piquant condiment n'est aucunement protégé au niveau de son
appellation ? De la moutarde de Dijon peut donc être fabriquée
à New-York ou Hong-Kong. Par contre, le procédé de
fabrication, lui, l'est. Pour en revenir à la Bourgogne, il semble
que dès le XIVème siècle, Dijon ait acquis une solide
réputation dans l'art de fabriquer la moutarde et ce, grâce
aux ducs de Bourgogne. La moutarde était très appréciée
dans les banquets donnés par la cour de Bourgogne et de nombreux
registres attestent que les ducs faisaient régulièrement don
de barils à la cour du roi de France.
Sa fabrication reste artisanale pendant de longs siècles. Au Moyen-Age,
chaque village possédait son moulin à moutarde, où
chacun allait moudre les grains de moutarde dont il avait besoin. Au milieu
du XIXème siècle, Maurice Grey introduit la première
mécanisation, reprise par son successeur Pierre Poupon. Mais peu
de choses ont changé quant à sa fabrication. La graine de
sénevé, graine de moutarde, est concassée, puis malaxée
dans du "verjus" (jus de raisin vert, moût de raisin ou comme aujourd'hui
mélange de vinaigre, d'eau et de sel) donnant naissance à
la moutarde. Son goût piquant caractéristique provient de l'allyl-sévenol
qui se libère au cours du trempage.
AMORA : une prestigieuse généalogie de
moutardiers
L'entreprise fut fondée en 1703 lorsque François Naigeon,
laboureur, fut reçu "maître-vinaigrier". Cependant, c'est en
1956, lorsque son fils Jean Baptiste substitua le jus de raisin vert au
vinaigre, et trouve ainsi un moyen de conservation de la moutarde, que l'on
peut dater le début de cette fabuleuse aventure humaine.
En 1919, leurs successeurs, les Bizouards, déposent la marque Amora
au greffe du tribunal de commerce de Dijon. Toutefois, ils n'utiliseront
pas le nom Amora, préférant garder le nom de Bizouard. Albert
Bizouard fait inscrire en 1880 sur la faïence immaculée de ses
pots à moutarde : "Moutarde extra-fine de A Bizouard - Successeur
de Naigeon et Fremiet - Maison fondée en 1756 à Dijon".
C'est sous l'influence de Raymond Sanchot, docteur en droit ayant fait des
études économiques à la fondation Rockfeller aux Etats
Unis, que parallèlement, la dénomination « Amora »
est lancée et que de nouveau process de fabrication sont mis en uvre.
Il s'ensuit de nouvelles conditions de travail, de nouveaux conditionnements
mais surtout une production qui double de volume.
C'est dans cette perspective que naît chez Raymond Sanchot, l'idée
du verre Amora en 1932, réminiscence des pots à moutarde apparus
aux alentours de 1700. Ce dernier, entrepreneur énergique rompu aux
techniques publicitaire les plus avancée, a l'idée géniale
d'utiliser un conditionnement en verre réutilisable.
En 1939, Amora est ainsi n° 1 sur le marché national. Dans cette
foulée, Il fait aussi l'acquisition de ses concurrents, diversifie
ses produits et renforce l'image de marque de la société.
Entre diversification et fusion
A partir de 1950, Amora grandit rapidement par croissance externe, et s'installe
dans des secteurs périphériques comme les cornichons, les
olives et les épices.
En 1963 naît la Générale Alimentaire qui regroupe des
industries à marché limité mais à bons rendements
(fabricants de pain d'épices, d'entremets, de bonbons-confiseries...)
au sein d'une structure commune. En 1972, plusieurs actionnaires cherchant
à se défaire de leurs titres font tomber la Générale
Alimentaire sous le contrôle de la Générale Occidentale,
qui 8 ans plus tard cèdera Amora, à BSN du groupe Gervais
Danone.
Dans les années 80, la marque est concurrencée par des spécialistes
: Heinz pour le ketchup, Ducros pour les épices, mais aussi Lessieur
et Bénédicta pour les sauces. S'en suit une vaste remise à
plat de la stratégie dès 1992. Amora entend désormais
s'affirmer comme le seul acteur de l'ensemble de l'univers des sauces et
condiments. Un slogan célèbre : "Par amour du goût !"
définit le positionnement fédérateur de la marque.

En 1985, Amora lance le concept de la vinaigrette prête à l'emploi,
gagne du terrain sur le marché du ketchup en lançant un flacon
souple ludique et convivial à l'attention du public jeune. Autre
succès : avec son positionnement dit" cur de marché"
Amora touche 90% de la population française, à l'inverse de
sa concurrente et néanmoins consur Maille plus haut de gamme.
BSN procède alors à la création d'une seule et unique
société LMA résultant de la fusion des 3 sociétés
: Liebig, maille et amora. Cette fusion inaugurera le nom et le statut actuel
de la marque « amora-maille », acquis en l'an 2000 par
le groupe Unilever.