Comment déterminer la localisation de votre établissement ?
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Parmi les choix que vous devez effectuer, avant d'installer votre établissement, l'un d'entre eux revêt une importance particulière. Celui de la localisation ou du moins de l'emplacement commercial. Ce choix est essentiel car il a une incidence sur le chiffre d'affaires et sur les charges d'exploitation. Hormis les grands restaurants gastronomiques où le nom du chef l'emporte sur celui de l'établissement, l'emplacement et la qualité du service priment sur le propriétaire. Attention, l'emplacement que vous allez choisir va vous engager pour longtemps, alors, réfléchissez-bien !
Le choix de la localisation de votre établissement se base sur un certain nombre de constatations générales faisant apparaître la qualité d'un bon emplacement.

Localisation auprès de la clientèle

Bien placer le client au centre des préoccupations de tous et s'adapter à ses besoins est un atout majeur. Ce n'est certainement pas un élément à négliger, bien au contraire.
Tous les aspects que nous développons ici ont leur importance et de leur bonne prise en compte découle une localisation réussie.

Localisation à proximité d'une "locomotive"

En zone urbaine
Pas de clientèle, pas de vente donc pas d'établissement. Il est important de s'implanter là où se trouve le client. Ne négligez pas ce point, en effet, une implantation dans un centre-ville vous fournira d'emblée une clientèle potentielle que vous ne serez pas obligé de rechercher.
Vous pouvez même acquérir une place à côté d'autres établissements de même nature que la vôtre, car les rues spécialisées sont connues pour attirer une clientèle souvent éloignée.
Pour mettre les chances de votre côté, positionnez-vous à proximité d'une grande et moyenne surface, d'un magasin très attractif ou près d'une gare (ferroviaire, aéroportuaire...). Ce sont des endroits où votre établissement travaillera bien. Le transit y est important d'où le succès, par exemple, des buffets de gare qui ne désemplissent jamais.
Vous pouvez également entrer dans une pépinière d'entreprises ou un dans centre d'affaires. L'union ici fait la force, les entités différentes s'appuient et se complètent. Vous vous retrouverez ainsi dans un environnement propice au démarrage de votre établissement.

Localisation sur un trajet naturel : pédestre ou automobile

L'accessibilité, en voiture ou à pied, est un facteur essentiel du choix de localisation de votre établissement. Observez donc le trafic à l'endroit où vous avez décidé votre implantation, à des heures et jours différents.

En zone urbaine
Voyez si le sens du passage est favorable à votre côté de rue (attention au sens interdit). Les rues difficiles et en pente sont déconseillées, parce que le stationnement y est difficile et les personnes âgées ont du mal à les arpenter.
Evitez aussi de vous excentrer dans des petites rues inconnues des clients. Vous risquez la faillite à moins de disposer d'une trésorerie importante, pour tenir quelques mois, le temps pour vous que le bouche-à-oreille se fasse.
En effet, pour sélectionner un établissement que l'on ne connaît pas, le bouche-à-oreille est le premier moyen utilisé par les clients. Une bonne publicité ne suffit pas.
Le client passant en voiture ou à pied doit pouvoir voir votre établissement. Votre devanture est décisive pour pousser ou non la porte pour 20 % des clients.

En zone industrielle
En zone urbaine, le stationnement peut être problématique. Or, ce critère est fondamental pour la localisation de votre établissement."No parking, No business". L'accès des zones industrielles est plus facile et le stationnement aisé. Le développement de nombreuses chaînes sur ces zones industrielles prouve qu'elles sont attractives.
Non seulement les grands axes routiers se croisent dans ces zones, mais les restaurants peuvent viser comme clientèle, les travailleurs des entreprises installées sur place et les hôtels cibler les VRP.

La localisation pour raisons économiques et sociales

Zone industrielle
Vous pouvez vous implanter dans une zone industrielle, pour bénéficier d'avantages en termes de modération de loyer par rapport à la surface occupée par votre établissement.

Zone rurale
L'absence de CHR dans ces zones signifie la mort des petites communes. Un café-bar est le lieu de rencontre idéal et le poumon social des zones rurales.
C'est pourquoi les petites municipalités développent des subventions et aides diverses à l'implantation afin d'éviter leur désertification.

Développement des zones franches
Notez que depuis plusieurs années, les régions, les bassins d'emploi, les municipalités, font des efforts (mesures fiscales et sociales en faveur des entreprises) pour attirer l'implantation d'entreprises nouvelles sur leur territoire, c'est ce que l'on nomme des zones franches. Vous pouvez également, si vous décidez de vous installer dans certaines régions de France, bénéficier de primes telles que la prime régionale à la création d'entreprise (PRCE), la prime régionaleà l'emploi (PRE) ou d'avances remboursables.Pour connaître les modalités exactes de ces deux primes, vous pouvez vous adresser à votre Conseil Régional.
Ces critères de bon emplacement dispensent-t-ils d'une étude particulière d'implantation avant de prendre une décision ? En d'autres termes, une étude de marché est-t-elle nécessaire pour les CHR ?

Faut-il réaliser une étude de marché ?

L'implantation d'une entreprise dans une zone géographique requiert, normalement, une étude de marché. C'est une démarche qui va vous permettre de concevoir une offre adaptée à votre clientèle, une politique commerciale et une stratégie qui devraient vous emmener vers le succès.
Les informations de cette étude sont primordiales pour la constitution de tout dossier financier et elles représentent un gage sérieux aux yeux de votre banquier et de vos partenaires éventuels.Une étude de marché n'est pas une obligation dans votre secteur d'activité. Il ne s'agit pas d'en faire l'impasse mais sa réalisation n'est pas déterminante pour le secteur des CHR, du fait qu'il n'obéit pas à une logique rationnelle.
Un café, un hôtel, un restaurant, malgré une étude de marché peu favorable peut rencontrer un énorme succès et réussir son implantation. Dans ce secteur, le feeling et l'instinct valent toutes les études de marché. Pour réussir sa localisation, il vous faut respecter, plus qu'une étude, d'autres paramètres :

Ne pas avoir peur de la concurrence
En effet, parmi les freins les plus fréquents à l'implantation en zone urbaine, on retrouve la levée de bouclier des professionnels du secteur.
Certains CHR n'accueillent jamais avec joie un nouvel arrivant, avec pour principal argument, un trop plein de chambres ou une abondance de cafés et restaurants dans leur agglomération. Personne ne pourra leur reprocher leurs craintes, pourtant généralement injustifiées !
En fait, il y a une méconnaissance du comportement et de la motivation d'achat de la clientèle. Cette dernière vagabonde dans toutes les formes de CHR sur un éventail large, selon les tranches de la population et selon leurs revenus. Là où les professionnels veulent voir de la concurrence, les clients ne voient que des formes différentes d'établissements. A chaque envie ou à chaque occasion correspond une formule.

L'ambiance et la convivialité sont déterminantes pour une bonne localisation de votre établissement :
Les hôtels 2 étoiles offrent, quelle soit leur implantation et à quelque chose près, le même confort voire la même literie. La différence entre ces établissements se fera donc dans l'accueil et la convivialité ; la fidélisation du client se fera ici par l'ambiance, la convivialité et l'accueil ; s'agissant d'un restaurant, si son assiette est bonne même s'il est situé à des kilomètres, il aura une clientèle. Par contre, une mauvaise assiette fera fuir le consommateur même si le restaurant est situé en plein centre-ville. Attention, l'assiette ne fait pas tout. Dans un ticket moyen on peut trouver la même chose et la même qualité. D'où l'importance de l'accueil, certains clients boycottent certains types de restaurants parce qu'ils n y trouvent pas de convivialité.En guise de conclusion rappelons que ce qui fera la différence entre un établissement et les autres, ce ne sont pas les produits et services, ce sont ses hommes ! Prenez autant de soins à choisir, à sélectionner votre personnel que de trouver la localisation idéale.

"Il n'est de richesse que l'homme".
Article
Témoignages : 1  2
Sylvia Peixoto et Jean Yves Dupain
La Sphère
La Sphère

La Sphère
17, centre commercial des Alisiers
86550 Mignaloux-Beauvoir
Propriétaire : Cathy BILLEROT
Tél : 05 49 55 15 02

La Sphère : Le lieu de rencontre idéal des mignaliens
La localisation d'un bar-brasserie-pizzeria dans un petit bourg. Sur la route de Limoges, le visiteur, venant pour la première fois à Mignaloux-Beauvoir, se trouvera d'emblée étonné par le dynamisme d'une petite commune de 3 527 habitants. Il a d'ailleurs intérêt à ouvrir grands les yeux tant ce petit bourg de la Vienne, résidentiel et en pleine expansion, situé à 7 km de Poitiers se développe énormément autour de son bar- brasserie-pizzeria, la Sphère.
Rien d'étonnant à cela. Une femme, Cathy Billerot, a beaucoup oeuvré pour la notoriété de la Sphère. Elle avait d'ailleurs, avant d'en être propriétaire, passé plusieurs années à Poitiers comme gérante d'une briocherie... et en connaissait presque tous les secrets.
Comme le précise Jean-Jacques Becognee, son compagnon, "la volonté de travailler avec moi et ses deux filles : l'aînée Véronique et la cadette Delphine, a poussé Cathy à racheter ce fonds de commerce". Pour Jean-Jacques, s'implanter à Mignaloux-Beauvoir, une petite commune, c'était bien sûr l'assurance de travailler en famille, mais c'était aussi choisir un fonds de commerce à un prix abordable et des possibilités de stationnement plus aisées. Les débuts ont été difficiles avoue Cathy Billerot. Le couple a dû se faire connaître et prouver aux habitants qu'il ne s'agissait pas du caprice d'une citadine décidée à monter un endroit branché!

Un établissement accueillant, convivial et familial

"Quand ils ont compris que je voulais mettre en avant l'accueil et la convivialité dans un cadre familial, j'ai pu apprécier la solidarité et les rapports chaleureux entre mes clients. Les mignaliens ont alors découvert un établissement où régnait une ambiance sympathique. Le début du succès tient à peu de choses ! " Le succès est désormais assuré et les jeunes de Mignaloux et des alentours se donnent souvent rendez-vous à la Sphère pour participer à des animations diverses (Karaoké, compétitions de fléchette, soirée de musique à thème...). Une quarantaine de repas sont servis le midi et les week-end des repas associatifs sont organisés.
Pour Véronique, la fille aînée de Cathy, la Sphère doit devenir "un endroit où on a envie de s'arrêter pour boire un verre, pour passer un moment sympathique et pourquoi pas manger une bonne pizza". Comme on la comprend !
Cathy Billerot se fait fort, quant à elle, de faire de la Sphère un lieu de décompression après le travail en insistant davantage sur l'accueil et la convivialité, "parce que le client n'est pas une marchandise mais un membre de la famille".
Stéphane Jarriau
Stéphane Jarriau

AUBERGE DE LA BOIVRE
Chanteloup 2 routes de la forêt
86580 Vouneuil sous Biard
Tél./Fax : 05 49 53 30 33
Propriétaire : M. Stéphane Jarriau
Activité : restaurant
Capacité d'accueil : 250 couverts
Ticket moyen : De 58 francs à 170 francs


L'auberge de la Boivre
Le pari réussi d'un jeune restaurateur de 29 ans.


Stéphane Jarriau, le propriétaire de l'auberge et également chef cuisinier, a fait ses armes sur le terrain. Apprentissage de 1988 à 1990 en Sologne au château de Cheverny. Des saisons de 1992 à 1995. "C'était l'époque de mes 20 ans et j'éprouvais le besoin de bouger constamment", dit-t-il.
Pourquoi n'avoir pas continué l'école ? Disons que notre jeune chef-propriétaire ne s'attendait pas à cette question. Et il embraye sur la sélection scolaire. "Le système scolaire ne voulait pas de moi en secondaire estimant que je n'étais pas fait pour de longues études. Ca tombait bien parce que je ne supportais pas d'être assis toute la journée."
De sa grand-mère, propriétaire d'un restaurant, et de sa mère, serveuse de profession, notre cuisinier avait hérité de la vocation. Après un CAP de cuisine et un court passage chez Pierre Benoist à Croutelle, Stéphane est recruté à l'âge de 23 ans comme chef cuisinier au vieux château de Gençay où il passe 5 ans. "Quand on est chef de cuisine et qu'on ne connaît pas le rôle de gestionnaire, on ne se rend pas compte du travail que cela demande..." Et tant qu'on y est, autant être son propre patron.
"J'ai donc repris, en juin 2000, un restaurant en faillite que j'ai transformé et baptisé la Vieille Auberge. Le tout maintenant est de le maintenir sur la durée compte-tenu de l'augmentation des charges." Pas de doute, à 29 ans, Stéphane a fait du chemin. Aidé de deux serveuses et d'un cuisinier, il est déjà classé au Gault et Millaut.
Mais passionné par son métier, il ne prend pas de vacances et ne délègue pas. "Si je me faisais remplacer par un autre cuisinier, les clients le ressentiraient. On a beau être du même métier, on ne cuisine pas pareil. Il faut pour le plaisir de la clientèle qu'il y ait toujours la même prestation."
Celui qui se sent cuisinier dans l'âme joue le modeste. "Ce métier, on ne le fait pas pour être riche. Mon souci est de faire plaisir aux clients. Il n'y a rien de plus agréable que de se voir dire merci..."

Un endroit idéal

Stéphane a placé le client au centre de ses préoccupations et a insisté sur l'ambiance pour rentabiliser son affaire et il a eu raison. Ce n'était pas évident au départ, puisque son établissement est localisé en pleine campagne. Plus précisément à Vouneuil-sous-Biard, au lieu dit Chanteloup, à 8 minutes de Poitiers et à 15 minutes du Futuroscope. Stéphane a fait le pari d'une localisation excentrée et pourtant il ne s'y est pas trompé.
En effet, son établissement, de style champêtre, bénéficie d'un environnement naturel exceptionnel en bordure de forêt ; c'est l'endroit idéal pour déjeuner ou dîner en famille. L'auberge, vaste et confortable, peut proposer grâce à deux grandes salles, jusqu'à 250 couverts ; l'ambiance, boisée, apporte une sensation de bien-être. L'une des salles dispose d'une scène de spectacle où des soirées sont organisées.
L'auberge de la Boivre offre également une terrasse, un bar, ainsi qu'un petit salon d'accueil et coin cheminée ; l'ensemble est décoré en harmonie avec beaucoup de clarté.
Son objectif à long terme, une fois la Vieille Auberge amortie, est de reprendre un autre fonds de commerce en faillite afin de le rentabiliser pour ensuite le revendre. "Je voudrais d'ici dix ans être à la tête d'un grand restaurant avec beaucoup de personnel et une valeur financière importante."

Créativité et cuisine familiale

Voici comment il définit sa cuisine : "c'est une cuisine traditionnelle et typiquement familiale et non une simple cuisine gastronomique uniquement décorée et où il n'y a rien à manger. Ma cuisine est simple, elle inspire le respect de la nourriture et se distingue par sa fraîcheur et son authenticité."
A la question de savoir pourquoi il cuisine essentiellement français, Stéphane avec humour lance, "on a un si bon pays de tradition culinaire que je ne vois pas la nécessité d'aller chercher des spécialités ailleurs".
Il faut noter que le succès est désormais assuré et les gourmets de la région se donnent rendez-vous à la "Vieille Auberge" pour découvrir les brochettes de lotte aux gambas, les brochettes de poitrine fumée au reblochon, les brochettes de sandre aux écrevisses... Comme on les comprend !
Avec ça, Stéphane propose un large éventail de menus allant de 58 F à 170 F.
Le soir venu, ou plutôt quand la nuit est largement entamée, notre chef-cuisinier regagne l'étage au-dessus du restaurant où il habite pour caliner son petit garçon de quelques mois.
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