
Christian Scalisi
Christian Scalisi, Maître Sommelier au « Jardin
du Sommelier » à Toulon
Ce titre de Maître-sommelier est le couronnement
d'un parcours exemplaire dans le Vin, parachevé par l'acquisition
d'un établissement dénommé le « Jardin du
sommelier ».
Le Jardin du SommelierChristian Scalisi
20, allée Amiral Courbet
83000 Toulon
Tél : 04 94 62 03 27
Des rencontres déterminantes
C'est à 19 ans que M. Scalisi obtient son CAP de sommelier à
l'institut d'nologie de Bordeaux après une formation classique
au Lycée d'Hôtellerie de Marseille. Rien ne le prédestinait
à embrasser une carrière dans la sommellerie si ce n'est sa
rencontre fortuite avec un professeur à l'école Hôtelière
de Marseille. Ce dernier lui a notamment fait toucher du doigt la dimension
relationnelle liée à l'nologie. Son diplôme en
poche, il fait ses premières armes chez « le Chapon fin »
à Bordeaux, restaurant qui, possède 2 étoiles au guide
Michelin. Puis il exerce en tant que chef-sommelier dans sa région
natale, à Toulon.
Ces trois rencontres ont contribué à forger, chez notre homme,
l'approche qu'il aborde désormais concernant son métier. A
savoir que si ce métier est fait d'une bonne part de gestion et de
technique, la maîtrise des relations humaines reste le fer de lance
de la profession. Il estime que ses anciens employeurs, en lui laissant
une totale autonomie et la possibilité de laisser libre cours à
son savoir quant à la composition d'une carte, ont concouru au plein
épanouissement de son art « Il est très important
de pouvoir acheter nous-même nos vins et qu'on ne nous impose pas
une carte ».
Pour cela il se doit d'être à l'écoute des clients et
plus précisément à l'écoute du goût de
ses clients. C'est par rapport à ce ressenti, que le sommelier suggère,
conseille sur la base d'une carte qu'il a, lui-même élaborée.
Parmi les critères liés à l'essence d'un vin, les techniques
de vini-fications, les saveurs, c'est l'histoire liée aux vins qui
intéresse le plus les clients. « On n'est pas là
pour inonder ses clients de son savoir. Souvent les sommeliers étalent
leurs connaissances et oublient que le client est là pour passer
un moment de bonheur et non pour recevoir un cours. »
Pour lui , chaque vin vendu à une histoire qui lui est propre, et
ce, d'autant plus avec le vin de terroir « qui ressemble à
l'endroit où il est produit et même mieux, il ressemble à
son vigneron ». Il déplore toutefois le fait que l'évolution
de sa profession restreigne considérablement le contact local avec
les petits producteurs de la région. Faute de temps et aux vues des
responsabilités qui sont les siennes, il centralise désormais
les dégustations de vin chez lui.
Ainsi, sa cave qui compte une moyenne de 200 références, avec
une proportion de 80 % de Bordeaux pour 20 % de vins de pays, dénombre
5 ou 6 nouveautés par mois. L'immense tonalité de sa carte
donnée aux Bordeaux n'est pas seulement dû au seul critère
qualitatif.
En effet, les vins de pays, composés en majorité
de vins de Provence et de la Vallée du Rhône, ont un rendement
assez faible, de l'ordre de 12 bouteilles par an. Les vins de Bordeaux,
possèdent un système de courtier qui facilite aisément
la mise en place de nouvelles bouteilles.
De plus sa clientèle du restaurent, composées de moitié
de repas d'affaire, est très demandeuse de Bordeaux : « ça
fait plus d'effet un grand Bordeaux qu'un grand Bourgogne et il ne faut
pas oublier que la tendance d'un millésime se fait sur le Bordeaux
« .
Les différentes casquettes du sommelier
Que se soit l'homme d'affaires ou le sommelier qui parle, sa parole peut
prévaloir comme une référence en la matière,
si on s'en tient à son impressionnant palmarès.
Ainsi, dans l'ordre chronologique, il fut élu meilleur jeune sommelier
pour la région Aquitaine en 1987, pour la région Languedoc-Roussillon
en 1989, pour la région Provence Alpes Côte d'Azur en 1990
et enfin pour Marseille en 1994. Parallèlement, il fut 4 fois finaliste
dans la catégorie « meilleur sommelier de France »
et élu en tant que vice-meilleur sommelier de France.
Sa plus grande distinction réside cependant dans l'obtention, en
1998, du titre très envié de « Maître-sommelier »
décerné une fois par an par l'Union des Sommeliers de France.
Ce titre honorifique est la plus haute distinction que puisse avoir un sommelier
, car l'on en dénombre que 200 dans le monde. Cette nomination est
attribuée sur étude de dossier, après que chaque délégation
régionale de France ait présenté un seul et unique
candidat.
Face à ce tableau d'hon-neur qui ne laisse que très peu de
place à une quelconque autre pro-motion, M. Scalisi envisage une
autre façon d'exercer ses talents. Il observe depuis quelques années
une tendance à la délocalisation de la profession vis à
vis des restaurants au profit de la grande distribution, des cavistes et
des consultants. Cette évolution de la profession, qu'il juge tout
à fait prévisible, va de paire avec cet engouement lié
au vin, constaté depuis plusieurs années. « La culture
du vin est à la mode et cela est facilité parce le vin est
devenu accessible désormais avec les foires aux vins ».
C'est donc tout naturellement qu'il envisage de compléter son cursus,
déjà bien abouti, par des consultations en dehors de son établissement
et de diversifier ainsi son activité.