
Philippe Andrieu
Philippe Andrieu, ou la création qui s'inscrit dans
la durée.
Après un parcours ponctué de voyages et marqué
par Michel Bras et Pierre Hermé, Philippe Andrieu s'exprime pleinement
dans les coulisses de la célèbre maison Ladurée, à
Paris.
Se définissant d'abord comme un technicien du goût, ce jeune
professionnel de 33 ans libère toute sa créativité
en conjuguant le moelleux, le fondant, le craquant, le croquant et le croustillant.
La durée
75, Avenue des Champs Elysée
75008 Paris
Tél. : 01 40 75 08 75
16, rue Royale - 75008 Paris
Tél. : 01 42 60 21 79
Au Grand Magasin du Printemps
64, Boulevard Haussmann
75009
Paris
Tél. : 01 42 82 40 10
Tous les jours de l'année, de 7 heures 30 à 1 heure
du matin, on y sert petit déjeuner, déjeuner, thé,
dîner et souper, pour environ 3.000 clients par jour.
Au rez-de-chaussée, la verrière « Eiffel »
et la terrasse de 100 places offrent une vitrine sur les Champs-Elysées.
Au premier étage, une enfilade de salons dédiés aux
égéries de l'époque (« Paeva »,
« Castiglione », « Mathilde » ainsi
que « la Bibliothèque » et « la Chocolaterie »)
proposent des atmosphères différentes, reconstituées
dans le style Second Empire par le décorateur Jacques Garcia.
C'est en septembre 1997 que David et Francis Holder ont ouvert ce nouveau
Ladurée, recréant l'atmosphère raffinée de la
rue Royale en un lieu unique et particulièrement gourmand sur la
plus belle avenue du monde. Un lieu authentique et raffiné qui conjugue
à la fois les activités de salon de thé, restaurant,
pâtisserie et chocolaterie. Et surtout une grande maison dont les
quelques chiffres donnent le vertige.
Côté personnel : 85 pâtissiers, 70 cuisiniers, 95 personnes
en salle. Et côté production : 45 000 croissants aux noix,
1,5 tonne de marrons glacés, plus de 2 millions de petits macarons,
le petit gâteau rond maison à la fois moelleux et croustillant.
Sans compter une carte sucrée qui présente en permanence une
cinquantaine de pâtisseries renouvelées au gré des saisons
et de l'inspiration du chef-pâtissier, Philippe Andrieu.
A l'automne 1998, les professionnels de la profession de cette spécialité
ne donnent pas six mois à ce jeune chef qui a décidé
de voler de ses propres ailes. Un vrai challenge s'ouvre à ce technicien
du goût soucieux de s'exprimer, après avoir travaillé
trois ans auprès de Michel Bras et près de cinq aux côtés
de Pierre Hermé.
Natif de Figeac, c'est en donnant le coup de main au service du restaurant
familial qui lui prend l'envie de faire l'Ecole Hôtelière de
Souillac. De fil en aiguille, et du service à la cuisine, il trouve
peu à peu sa passion. Le CAP de cuisinier en poche, il prend vite
goût à la rigueur des bases pâtissières et décroche
son CAP de pâtissier. C'est chez Michel Bras qu'il touche à
la création. Aux côtés de l'étoilé de
Laguiole, il s'enthousiasme pour le Biscuit de chocolat fondant et le Millefeuille
à la nougatine au beurre et à la crème fromagère.
Et comme la saison ne dure que l'été, il part l'hiver au « Bourgogne »,
un Relais Châteaux de Punta del Este, en Uruguay. Bien obligé
d'aller de l'avant, il multiplie les initiatives avec son équipe.
Trois ans durant, il partage alors sa carrière entre l'Uruguay et
la France, avant d'intégrer la maison Fauchon en 1995. Il n'aura
guère le temps de poser ses valises. En 24 mois, il ouvre pour Fauchon
deux magasins en Corée (Séoul et Pusan), un à Hong
Kong, un au Caire, tout en assurant des démonstrations au Japon.
Le temps de se poser étant venu, il accepte alors de prendre la suite
de Pierre Hermé chez Ladurée à la direction des deux
laboratoires desservant les trois adresses parisiennes : la rue Royale,
le grand magasin du Printemps boulevard Haussmann et donc les Champs Elysées.
Le défi est aujourd'hui bel et bien relevé. Tout en assurant
logistique, management et formation permanente du personnel, Philippe Andrieu
a réussi à faire évoluer la pâtisserie Ladurée,
tout en diversité gourmande. En trois ans à peine, certaines
de ses créations sont déjà des classiques comme « Symphonie
Noire », où le croustillant, le craquant et l'onctuosité
s'harmonisent avec les saveurs fruitées, la légère
amertume et le goût fumé du chocolat noir pur origine Madagascar.
Pour saluer la naissance de l'an 2000, il avait frappé fort en créant
« L'Etoile du Millénaire », un gâteau en
forme d'étoile, véritable feu d'artifice de saveurs sur le
thème du chocolat : un biscuit dacquoise au cacao, de fines feuilles
croustillantes, un praliné d'amandes et de noisettes caramélisées,
un biscuit cacao imbibé de sirop cacao, et une mousse sabayon au
chocolat... le tout habillé de chocolat noir et parsemé d'or
fin.
Ce fin spécialiste du chocolat s'est aussi montré très
fruité, avec une Charlotte aux Fraises imbibée au jus de fraises
en hommage à sa mère. Ensuite, provocateur pour certains ou
tout simplement innovateur, il a lancé deux nouvelles Religieuses
: une à la pistache, et l'autre à la rose (crème aux
pétales de roses, framboises fraîches, fondant rose). Enfin,
entre tradition et innovation, il a aussi créé avec succès
un macaron Caramel parfumé à la fleur de sel, un Millefeuilles
caramélisé au Praliné croustillant, un autre à
la gelée de cassis avec une crème allégée parfumée
à la violette. Ce, sans oublier une de ses fiertés le bonbon
de chocolat « 75 Champs Elysées » au chocolat
noir amer et ganache avec nougatine au grué de cacao.
L'hiver devrait voir aussi nombre de nouveautés à la carte.
On attend une Tarte à l'Ananas cru et rôti et le Royale Caramel
Praliné (biscuit dacquoise noisettes du Piémont, mousse pralinée
et crème onctueuse caramel). La gamme des emblématiques macarons
Ladurée va s'étoffer d'un macaron noisettes/praliné
et d'un macaron garni au lait d'amandes. Philippe Andrieu, 33 ans, affirme
: « Notre métier est un métier de passion. S'il
n'y a pas la foi, ce n'est pas la peine, car on ne peut tromper personne
quand c'est le cur qui parle. Mon plaisir passe au travers de celui
que je procure aux autres. C'est un beau métier, vous ne trouvez
pas ? ! »