De la non-nécessité d’une loi interdisant les chiens
dans les restaurants !
La France est un des pays où l'on aime le plus la
compagnie des animaux domestiques. D'après les derniers chiffres
du ministère de l'Agriculture, plus de cinq millions de foyers (25%
des ménages en France) auraient au moins un chat mais surtout huit
millions (38%) posséderaient un chien. Le vide juridique laisse -
selon l'expression consacrée - la libre
appréciation
à l'établissement d'accueillir ou non nos compagnons à
quatre pattes.
Civisme et règles élémentaires
d'hygiène
Voilà ce que disent exactement les textes de loi à ce sujet
: « le restaurateur n'est pas tenu d'accepter les animaux. S'il
les accepte, il peut imposer la tenue en laisse dans la salle ».
Ce libre arbitre lui laisse ainsi une importante marge de manuvre
pour décider de l'acceptation ou pas de l'accueil des animaux de
compagnie, mais surtout des modalités et des conditions de leur accueil.
De cette latitude, nous, les possesseurs de chiens, arrivons à en
tirer partie en nous adaptant aux contraintes de chacun : petits animaux,
laisse et muselière exigées, extérieur seulement...
Tout cela est parfaitement compris et intégré par chacun d'entre
nous, au nom du respect des libertés individuelles mais surtout des
règles d'hygiène les plus élémentaires.
Mais du côté des professionnels que constate-on
?
Au même titre que les enfants, les animaux sont souvent considérés
par les hôteliers comme gênants pour les autres clients... et
pour eux-mêmes, le manque de propreté et le bruit étant
les deux principaux reproches faits à ces compagnons domestiques.
Il y a ceux qui nous suggèrent de laisser notre chien dans la voiture
ou dans la chambre et les autres qui plutôt que d'interdire les chiens
clairement, préfèrent pratiquer le prix fort sur les animaux
pour décourager leur venue. Mais surtout, ces derniers temps, on
observe un consensus chez les restaurateurs pour stigmatiser l'absence d'une
loi si ce n'est répressive, du moins dissuasive, derrière
laquelle ils pourraient se retrancher et fuir ainsi la responsabilité
de leur choix. Si une telle loi était en vigueur, ce serait priver,
d'une manière catégorique, huit millions de foyers du plus
populaire des loisirs.
Du côté de l'Affectif
Certains argumenteront qu'une telle loi est appliquée dans les magasins
et qu'elle ne pose pas de problèmes particuliers chez les consommateurs.
Mais ce serait comparer ce qui n'a pas lieu d'être, à savoir
que la grande distribution relève du fonctionnel tandis que le domaine
de l'hôtellerie s'apparente à l'affectif. Ce qui fait une différence
de taille ! Concrètement, cela signifie que le client a la nécessité
(la plupart du temps) d'aller en magasin pour se nourrir, alors que le fait
de devoir choisir entre plaisir du ventre et animal favori peut s'avérer
plus délicat. Ce qui peut apparaître ici comme un simple contre-temps
peut prendre des proportions autres lorsqu'il s'agit d'hébergement.
Statistiques à l'appui, il apparaît à l'heure actuelle
que les personnes, voyageant accompagnées de leur animal, ont un
séjour occasionnel et qui dépasse rarement deux nuits, la
principale raison étant que les animaux ne sont pas toujours les
bienvenus dans l'hôtellerie ou alors à des tarifs prohibitifs.
Ces chiffres renforcent l'idée selon laquelle la raison du cur
penche le plus souvent du côté de nos amies les bêtes,
et d'autant plus si nous ne voulons pas grossir le rang des imbéciles
qui, tous les étés, abandonnent leur animal pour partir en
vacances.