
Jacques Roche
Le Suffren à Marseille : une vue sur le monde
Après quelques années d'interruption, Jacques
Roche retourne aux sources, c'est-à-dire au bar-brasserie. C'est
en effet en 1998 qu'il acquiert La Brasserie du Stade, tout près
d'un des lieux les plus sacrés de Marseille, à savoir le stade
Vélodrome, pour réaliser, 3 ans plus tard, un rêve de
jeunesse en devenant propriétaire du Suffren sur le
Vieux-Port
et aux pieds de la Canebière.
Retour aux sources
Lorsque Jacques Roche, en 1998, acquiert la Brasserie du Stade dans le 8ème
arrondissement de Marseille, il entame un véritable retour aux sources
: « Mon enfance, avoue-t-il, a été bercée
par ce métier, car mes parents tenaient un café à Marseille
et il m'arrivait souvent de leur donner un coup de main. Par la suite, j'ai
passé quelques années au Club Med pour finalement créer
une entreprise du bâtiment, espaces verts et décoration intérieure.
Cette expérience s'est terminée en 1997 et un an après
j'étais à la Brasserie du Stade ». Ce changement
correspond à un événement qui a marqué Marseille
: « la Coupe du Monde de football fut en effet pour les marseillais
un événement extraordinaire, explique Jacques Roche, car elle
a complètement modifié l'image de Marseille. C'est au même
moment que mon épouse et moi avons repris la Brasserie du Stade dont
nous avons modifié radicalement l'aspect, et changé le nom ».
Aujourd'hui, la Brasserie du Stade est devenue l'institution du Vélodrome
: « En semaine, précise Jacques Roche, nous fonctionnons
essentiellement à midi avec une clientèle de proximité,
c'est-à-dire des gens qui travaillent dans les banques et les bureaux
avoisinants. Mais, les soirs d'événement sportif, en particulier
pour le football, la Brasserie du Stade est le point de ralliement des supporters
et des entreprises qui organisent des repas après les matchs. Par
conséquent, poursuit-il, nous avons là une clientèle
très hétérogène, car la particularité
du football et des soirées qui s'ensuivent est de mélanger
les catégories socioprofessionnelles ». Mais, malgré
sa réussite à la Brasserie du Stade, Jacques Roche ne s'est
pas arrêté là : « nous sommes en développement
croissant, avoue-t-il, mais mon ambition était d'acquérir
une autre affaire dont le critère essentiel fût un bon emplacement ».
Le Suffren : un rêve de jeunesse
Cette ambition a vu le jour à la fin du mois de juin 2001 lorsque
Jacques Roche est devenu propriétaire du Suffren sur le Vieux-Port
de Marseille, aux pieds de la Canebière : « c'était
non seulement une ambition professionnelle, précise Jacques Roche,
mais encore un projet personnel et un rêve de jeunesse, car j'ai passé
ici de bons et longs moments lorsque j'étais plus jeune. Mais, ce
que j'ai trouvé quand je suis arrivé n'était plus tout
à fait ce que j'avais connu. Le Suffren fut en effet racheté
en 1999 à des personnes qui l'ont tenus durant plus de 40 ans. En
2 ans, son état s'est considérablement délabré
et le taux de fréquentation a également diminué. De
sorte, poursuit-il, qu'il a fallu entreprendre des travaux importants et
attirer une clientèle qui avait disparu. Or, nous n'avons pu entreprendre
ces travaux qu'en 2 temps, car lorsque j'ai acheté Le Suffren, la
saison touristique avait déjà commencé. Nous avons
donc refait tout le premier étage qui est devenu Le Pont Supérieur,
un restaurant gastronomique ; quant au rez-de-chaussée, nous avons
dû attendre la fin de l'année 2001 ».
Aujourd'hui, Le Suffren s'est refait une beauté et une jeunesse adaptées
à sa situation : « l'idée directrice de la décoration,
explique Jacques Roche, fut le bateau et la mer. Le premier étage,
qui est une véritable création, a un aspect de vieux bateau
avec hublots et boiseries récupérés sur d'authentiques
bateaux, tandis que le rez-de-chaussée est plus moderne, avec des
matériaux à base d'aluminium ». Cette différence
d'aspect correspond en fait à une différence plus fondamentale
: « mon but, précise Jacques Roche, était de créer
un établissement à 2 vitesses. Le premier étage, qui
est indépendant du rez-de-chaussée, correspond à un
restaurant gastronomique avec une cuisine indépendante et une vue
imprenable sur le Vieux-Port de Marseille. La salle, que nous avons créée,
est en fait polyvalente, car nous y accueillons des groupes aussi bien en
séminaires d'entreprises que pour des banquets familiaux. Le rez-de-chaussée,
en revanche, correspond plus à un bar-brasserie avec des endroits
plus intimistes. Nous avons créé un comptoir central pour
que l'ambiance soit plus conviviale et plus chaleureuse, une cuisine indépendante,
et nous organisons des concerts et des soirées à thèmes ».
A la brasserie, on pourra choisir, pour le déjeuner, des formules
de 12,15 e à 17,69 e, des salades à 9,08 e, des grillades
à 13,85 e, des pâtes à 10 e et des desserts à
4,62 e. Au Pont Supérieur, on aura le choix, parmi de nombreux plats,
entre un Caviar d'aubergines et ses toasts, une Salade au foie gras maison
pour 9,15 e ou une Soupe de poissons pour 13,08 e ; une Daurade grillée
pour 12,96 e, un Loup en croûte de sel de Guérande pour 6,92
e les 100g, un Carré d'agneau rôti et son jus au basilic pour
19,23 e ou un Pigeon rôti au foie gras frais pour 30 e ; fromages
et salades pour 6,9 e ; un Entremet moëlleux au chocolat pour 6,10
e ou un Nougat glacé au gingembre pour 6,9 e.
Un emplacement idéal
Dès le début, Le Suffren a connu une affluence considérable
: « la saison estivale 2001 a été formidable, avoue
Jacques Roche. Mais, en général, nous accueillons toujours
beaucoup de touristes, car Le Suffren est idéalement situé
à la fois sur le Vieux-Port et au pied de la Canebière, ce
qui signifie qu'il y a énormément de passage. En même
temps, nous avons une clientèle d'habitués qui viennent déjeuner
à la brasserie ». Le Suffren bénéficie non
seulement des améliorations qui ont été apportées
et de son emplacement, mais encore d'une politique municipale qui a considérablement
modifié l'image de Marseille : « la réputation de
Marseille n'est plus du tout ce qu'elle était, explique Jacques Roche.
Il y a de plus en plus de manifestions sportives et culturelles autour du
Vieux-Port ; il y a également de plus en plus de touristes qui découvrent
ou redécouvrent Marseille ; et puis, le T. G. V. fait énormément
pour Marseille, de sorte qu'on voit de plus en plus de parisiens venir à
Marseille acheter une résidence secondaire. Autrement dit, poursuit-il,
Marseille est véritablement devenue une ville internationale ».
On aura compris que, dans ces conditions, la situation, l'histoire
et l'accueil du Suffren participent à cette image : « mon
épouse et moi, précise Jacques Roche, privilégions
l'accueil et l'écoute de la clientèle, car c'est la meilleure
façon de s'adapter aux nouvelles exigences des clients. La clientèle
est en effet devenue très exigeante aussi bien sur la qualité
que sur le service ou l'accueil. Il s'agit donc, de notre côté,
de répondre à cette exigence dans un contexte agréable,
chaleureux et convivial. Car, conclut-il, on ne peut plus se contenter du
bar traditionnel, c'est-à-dire d'attendre les clients derrière
son comptoir : les gens veulent autre chose et l'animation, concerts ou
soirées à thèmes, est une véritable nécessité ».