L'Internet s'invite à table.
L’Internet s’invite à table.
L’Internet s’invite à table.

Info ou intox ?
Internet va-t-il envahir nos vies et les transformer... « le monde ne sera plus comme avant », Bill Gates l'a dit. Entre domotique et WAP, l'Internet est bien là.

Succès du téléphone portable, toute puissance de la télévision, arrivée de l'Internet, si le XXème siècle se devait d'être spirituel, son successeur est placé sous le signe de la communication. Mais si la télévision a fait ses preuves depuis presque un demi siècle, si le téléphone est dores et déjà adopté, Internet n'a pas encore gagné le coeur de tous les foyers français. Passé l'effet de nouveauté, le Net semble bien moins attrayant et l'ordinateur toujours rebutant ! Alors le web, simple gadget ou véritable outil ? Comment trouver une réelle utilité à un média qui n'a au départ rien de concret ? Enquête sur un réseau très « net » mais encore trop peu connu.

Webstory

Le 29 juillet 1969, le monde assiste aux premiers pas de l'homme sur la Lune, Neil Amstrong marquant de son empreinte l'odyssée spatiale. Cette même année se construit dans les bureaux du Département de la défense américaine, ce que beaucoup considèrent aujourd'hui comme l'une des révolutions majeures du XXème siècle : Internet.

En 1969 le système ARPANET est créé, il relie 4 ordianteurs, permettant ainsi l'échange d'informations à distance. Dès lors l'engouement pour un tel système ne fera que croître : en 1972, ARPANET compte plus de quarante ordinateurs reliés, et déjà le premier e-mail est envoyé. En 1979, les universités américaines sont connectées et échangent des informations via le courrier électronique.
Alors qu'en 1981 la France découvre la télématique et le Minitel, l'expression « internet » est désormais courament employée pour désigner l'ensemble des réseaux interconnectés (américain, canadien, européen et japonais). En 1988, le premier virus touche 6000 des 60 000 ordinateurs présents sur le Net. Il faut attendre 1991 pour assister à l'arrivée du 1er logiciel de recherche et de navigation (GOPHER), alors que le World Wild Web voit le jour (il permet d'accéder à du son, de l'image, de la vidéo via le réseau, naguère limité à une succession de lignes de commandes et à une communication écrite).
La dernière décennie du siècle va consacrer l'invention d'origine américaine : en 1993, de grandes organisations comme l'ONU et la Banque Mondiale s'affichent sur le Net, alors que les premières émissions de radio sont diffusées en ligne. En 1996, Netscape voit le jour et marque l'explosion d'un média qui, dix ans auparavant, ne concernait qu'une poignée d'utilisateurs avertis.
Internet fait désormais partie intégrante de notre quotidien, au même titre que télévision et téléphone. Entre succès public (un américain sur deux est connecté) et succès économique (phénomène de la nouvelle économie et création de l'indice NASDAQ, qui représente les valeurs de la « net économie »), impossible d'ignorer le sujet Internet. Si l'accès à l'information et au web sera l'un des thèmes de la prochaine campagne présidentielle (Le Monde intéractif du 17/09/01), si la démocratisation du Net est en marche, est-on condamné à subir le web ou à s'y adapter ?

Oublier les préjugés

A en croire les FAI (Fournisseurs d'Accés Internet), internet est une révolution, il symbolise le dernier espace de liberté. Selon les accros du mulot, les mordus de la toile, c'est un formidable outil sans frontières, sans limites (ce qui traduit beaucoup de possibilités mais aussi pas mal d'excès). Enfin les néophytes vous diront que ce réseau ressemble plus à une jungle hostile qu'à un espace d'expression. Qui détient la vérité ? A force d'entendre tout et son contraire, le découragement guette...

Pas d'inquiétude, c'est un sentiment général ! Mais souvenez-vous, il y a quelques années, le boum du téléphone portable permettait le même constat : entre vraies arnaques et fausses promesses, ajoutées aux témoignages illusoires des accros de technologies dégagés des factures à rallonge, beaucoup de curieux se sont laissés prendre au piège. Et puis le temps aidant tout est rentré dans l'ordre.

Internet fonctionne sur le même modèle (profusion des offres, mêmes passionnés, système d'abonnement etc.) auquel il faut ajouter la barrière psychologique de l'informatique et du « monstre ordinateur » ! Pourtant la peur insidieuse qui saisit l'ensemble des français aux abords d'un clavier n'a plus vraiment de raisons d'être : la dernière gamme Macintosh (surtout le Imac, succès mondial) le prouve, un ordinateur monobloc, agréable à regarder, peu encombrant, seulement deux prises à brancher (téléphone et électrique) et vous surfez, pianotez, cliquez dans les minutes qui suivent. Enfin pour les moins aguerris, la plupart des fournisseurs proposent désormais des stages de formations (de tous niveaux, concernant tous les thèmes proches de l'informatiques) alors que les marques de micro-ordinateurs disposent d'une hot-line (numéro de téléphone d'assistance en cas de problème lors de la mise en route et la maintenance). Alors entre formations variées, aides multiples et permanentes, utilisation de plus en plus simple, il ne reste plus que la mauvaise volonté (c'est rare) ou l'indifférence pour rester « offline » (déconnecté).

Cibler ses besoins

L'indifférence, une attitude fréquente quand on aborde le thème d'Internet. Elle cache en général une méconnaissance du sujet et rien ne vaut une bonne initiation pour y remédier. Et pour ceux qui ont fait l'effort ? L'ordinateur est branché (tant bien que mal !), le modem allumé, vous voilà sur le Net ! et maintenant ?

La première étape avant même l'achat et l'installation du matériel et qui est la plus importante, c'est de savoir les raisons de son achat : autant l'ordianteur peut servir à l'ensemble des applications bureautiques habituelles (compta, correspondance, etc.), ainsi qu'au divertissement et à l'éducation (vaste choix de jeux pour les enfants ainsi que de CD-ROM culturels et éducatifs). Mais Internet ? Comme le téléphone portable, on remarquera que le phénomène d'accoutumance s'amplifie avec le temps ! Pour une utilisation professionnelle, prévoyez un nombre conséquent d'heures passées en ligne. Une des meilleures solutions reste la connection illimitée, par câble ou ligne téléphonique (ADSL). Ces deux connections laissent votre ligne téléphonique libre et vous offrent un taux de transfert incomparable (10 fois supérieure à une connection RTC classique !). Notez enfin qu'une telle installation revient à environ 45,72 E par mois + 152,4 E de frais d'installation. Seule difficulté, ces services ne sont pas disponibles dans toute la France, renseignez-vous dans une agence France Télécom ou auprès de votre mairie.

Que faire avec Internet ?

D'un point de vue professionnel, le Net peut vous apporter divers services : c'est tout d'abord une vitrine, le site permet au visiteur de connaître l'établissement, son histoire, ses spécificités et enfin de le localiser. Pour les plus intéressés, il est possible de mettre en ligne l'ensemble des services proposés, et ainsi de pouvoir réaliser des transactions telles que des réservations ou des commandes à emporter via le réseau et la boîte aux lettres électronique. Ces démarches sont simples à réaliser et peuvent être mises en place par tout possesseur d'un ordinateur. En ce qui concerne le paiement en ligne, il est plutôt du ressort d'une structure déjà importante car il fait appel à des compétences techniques poussées et il demande un investissement financier plus conséquent.

Tout dépend de vos objectifs : pour réaliser des transactions via Internet, préférez une connection permanente car il est nécessaire de répondre aux sollicitations dès leur réception. Pour vous faire connaître et afficher votre entreprise sur Internet, le forfait et la connection familiale peuvent faire l'affaire pour une reception régulière du courrier et une mise à jour ponctuelle du site.

Petit lexique à l'usage des néophytes et des initiés.

Adresse : correspond à une adresse postale dans le mode de fonctionnement, elle permet d'accéder au « site » web. De type HYPERLINK "http://www.nomdelasociété.fr" : www pour World Wide Web (littéralement « large réseau mondial »), et .fr pour France (.com pour « commercial », et ainsi de suite)

Connexion : fait d'être relié au réseau. Elle peut être ponctuelle (on parle de connexion RTC) ou permanente (connexion par câble, ADSL, BLR)

E-mail : « Electronic mail », courrier électronique, service gratuit. Ajoutez au courrier postal les avantages de l'informatique (instantanéité, fonctions multimédia) et vous obtenez l'e-mail

FAI : Fournisseur d'Accès Internet, « Provider » en anglais. C'est lui qui permet l'accès à internet, il est l'interface entre l'Internet et l'internaute. Ex : AOL, Wanadoo, Libertysurf, Club Internet (payants), Free, Oreka, Mageos (gratuits)...

Interactif : est dit interactif ce qui a la capacité de réagir en fonction des sollicitations de son utilisateur.

Internet : « InterNetwork », interconnexion entre réseaux, d'où l'expression « réseau des réseaux ». Un réseau est une connexion entre deux ou plusieurs ordinateurs, cette structure de nœuds et de liens est symbolisée par une toile, littéralement « web » en anglais.

Modem : abréviation de « Modulateur Demodulateur ». Interface matérielle entre l'ordinateur et le réseau. Il réceptionne et envoie les données. Plus ses performances sont importantes plus le surf est rapide et aisé (on parle de « débit » et de « taux de transfert »).

Multimédia : on dit qu'un ordinateur est multimédia lorsqu'il gère tous types de média, texte, image, son, vidéo.

Moteur de recherche : un moteur de recherche s'utilise pour trouver une information précise dans la masse de données disponible sur le réseau. La recherche s'effectue par mots clés, et les résultats renvoient à des sites référencés par thèmes (HYPERLINK "http://www.yahoo.fr" www.yahoo.fr) ou par un court descriptif (www.altavista.fr).

Navigateur : (« Browser » en anglais). Interface logicielle, permet de surfer sur le web. Le navigateur traduit et affiche les données reçues par le modem. Les deux principaux navigateurs sont Internet Explorer (de Microsoft, 95% des ordinateurs) et Netscape.

Cibler sa clientèle : la priorité

Un site Internet est-il désormais un passage obligé pour une communication efficace ? Si l'expansion de la toile et son utilisation en France n'est pas aussi rapide que prévue, son omniprésence ne s'en accentue pas moins à rythme régulier et, sans jeter pour autant aux oubliettes les bons vieux prospectus de nos parents, sans renoncer forcément aux mailings traditionnels, un site est un vrai plus. Ou peut être un vrai plus… Car l'important n'est évidemment pas d'avoir un site Internet, et d'attendre paisiblement les retombées. L'important est que le site soit lu par le plus grand nombre et en particulier par les clients potentiels. Avant donc de se lancer tête baissée dans la réalisation de son site, la première étape doit consister à cibler sa clientèle : que recherche-t-elle ? Quels sont les atouts à mettre en avant ? Comment l'inciter, après avoir visité virtuellement votre établissement, à avoir l'envie irrépressible de franchir physiquement les portes et d'y poser ses valises ? Une fois la réponse apportée à toutes ces questions, le plus difficile est fait…

Question d'accessibilité

Utiliser les services d'un créateur spécialisé semble donc primordial, charge à chacun d'expliquer ses attentes avec précision afin que le produit final corresponde parfaitement à ses espérances. Car les pièges à éviter sont nombreux. Un site doit être «convivial», selon une expression en vogue dans le milieu internaute, mais il doit également être facilement lisible, facilement utilisable. Multiplier les passerelles complique la tâche de l'utilisateur et peut donc le lasser si vite qu'il n'ira pas au bout de sa lecture et donc de la découverte de l'établissement. Idem avec des fichiers trop importants : si l'informatique multiplie effectivement les possibilités, il ne faut pas abuser car l'internaute n'aura pas forcément à sa disposition, un ordinateur à la puissance maximale. Si le temps de chargement est trop long, parce qu'une photo par exemple nécessite une mémoire importante, il aura la tentation de se déconnecter ou d'aller voir le site du voisin et concurrent ! Autant donc supprimer les fioritures inutiles, fussent-elles d'un esthétisme indéniable. Autre choix important : la qualité des photos ! Indispensables parce qu'elles offrent la possibilité aux clients de s'immerger dans l'établissement, elles doivent donc mettre en valeur l'apparence. A contrario, une illustration de mauvaise qualité donnera une mauvaise image de marque de votre hôtel ou de votre restaurant. Internet, c'est la possibilité de donner l'information visuelle qui apporte le plus.

L'étape suivante est que votre site soit facilement accessible. Une adresse personnelle est donc importante, à condition d'être bien placé dans les moteurs de recherche. En conséquence, il semble indispensable d'être présent sur un site plus large : une fenêtre sur un site d'un office de tourisme est donc idéale. Le client pourra tout à la fois découvrir les attraits de la région, les centres d'intérêts culturels et de loisirs, trouver son hébergement et sa table… C'est du clef en main !

Et puis, Internet est aussi un moyen de communication rapide et peu onéreux puisque, même si votre correspondant est à l'autre bout du monde, le tarif reste celui d'une communication locale. Ainsi, à une agence de tourisme américaine qui souhaiterait disposer de plus d'informations, vous pouvez répondre dans la minute à un coût moindre. Facilité et rapidité sont les deux mamelles de la communication moderne… Ce qui ne doit pas empêcher de conserver, en parallèle, des moyens plus classiques sans être encore totalement hors de mode : rien de pire qu'un site Internet d'un établissement qui ne mentionnerait pas l'adresse postale, le numéro de téléphone ou de fax !

Cette nouvelle forme de communication sera de toute évidence très rapidement incontournable. L'hôtellerie haut de gamme et la restauration gastronomique l'ont d'ores et déjà bien compris. Pourtant, il serait faux de croire que seule l'élite de la profession doive l'utiliser. Un petit établissement de charme, une auberge de campagne comme un hôtel en ville peuvent également y trouver leur compte. Le client, s'il a envie de tradition, n'est pas pour autant coupé de la réalité : l'important une fois encore est de proposer un site qui corresponde à sa cible. La difficulté est là, mais une fois contournée, elle deviendra un atout supplémentaire. Et ce n'est qu'un début !
Article
Témoignages : 1  2
Julien Palier
''Le Moulin de Barette''
''Le Moulin de Barette''

le Moulin de Barette à Blavozy
« Internet c'est l'avenir »

Le paradoxe est évident. Le cadre du Moulin de Barette est enchanteur, son implantation dans une nature verdoyante, sa façade recouverte de lierre, avec la Sumène, la petite rivière qui serpente à son pied… Tout incite à la tradition, au calme, à la relaxation. Seulement, pour commercialiser l'endroit, il ne faut pas s'attarder sur des méthodes traditionnelles, mais bien franchir le fossé du modernisme et mettre en ligne les charmes de l'établissement. C'est du moins ce que pense Pascal Van De Casteele, travailleur indépendant qui exploite actuellement cet hôtel-restaurant appartenant à Mme Geneviève Coffy : « Pour que cela remplace entiè-rement la publicité tradi-tionnelle, il va encore falloir attendre un peu parce que certains clients, les Allemands en particulier, sont friands de prospectus. Mais il est évident que cela la réduit considérablement ».

L'autre conséquence est la diminution du coût de parution dans la presse : « La demande étant moindre, il existe une baisse sensible des prix sur les insertions magazines ».
Pascal Van De Casteele, dès son arrivée au Moulin de Barette, a souhaité mettre l'établissement en ligne : « Je venais de m'occuper d'un hôtel en banlieue parisienne et j'ai insisté auprès de Mme Coffy pour que l'on suive l'exemple ». Et de justifier ce choix par l'impact de plus en plus grand d'Internet : « Désormais, quand un autocariste de Bretagne souhaite organiser un voyage, il se connecte et veut trouver très vite toutes les possibilités qui lui sont offertes, avoir du clef en main ». Cette conception explique donc que le site du Moulin de Barette ne soit pas accessible directement : « En fait, nous avons une fenêtre sur le site de la ville du Puy-en-Velay qui permet aux personnes intéressées de voyager au sein de notre hôtel. L'important est de lui donner envie de venir et de rentrer. Et en plus, il y a possibilité d'effectuer une réservation en ligne »…

Et en un peu moins de deux ans d'existence, le site du Moulin de Barette donne des résultats intéressants : « L'hôtel dont je m'occupe en région parisienne fonctionne aujourd'hui avec 35 % de réservation Internet. Ici, nous n'en sommes pas encore là, mais l'augmentation est néanmoins sensible. L'été dernier par exemple, nous avons eu des clients américains, ce qui n'était jamais arrivé auparavant. Est-ce l'effet Internet ? Difficile à affirmer avec certitude. En revanche, c'est sûr en ce qui concerne des touristes britanniques et néerlandais ».

Autre conséquence de ce nouveau mode de communication, la clientèle évolue sensiblement : « C'est l'avenir, mais ce n'est pas encore à la portée de tous. Tout le monde ne disposant pas encore d'un ordinateur à domicile, encore moins d'un accès Internet, ça sélectionne effectivement la clientèle, ça la tire vers le haut »… D'où l'importance de proposer un produit qui corresponde parfaitement à l'attente. Avec ses 42 chambres dont 12 studios équipés de cuisinette, sa piscine chauffée et une grande salle modulable pouvant accueillir jusqu'à 500 personnes pour des soirées dansantes, Le Moulin de Barette ne manque à l'évidence pas d'arguments. D'autant que, l'on y revient, l'établissement est situé dans un lieu si magnifique que l'argument de la tradition reste toujours valable au XXIème siècle…

Hôtel - Restaurant «Le Moulin de Barette» Pont de Sumène 43700 Blavozy
Propriétaire : Mme Geneviève Coffy
Tél : 04 71 03 00 88
Fax : 04 71 03 00 51
Site Internet : http://www.lepuyenvelay.com
''La Table du Trappeur''
''La Table du Trappeur''

la Table du Trappeur au Puy-en-Velay
« Pour être dans le coup » !

« Parmi les restaurants du Puy-en-Velay, je devais être le premier à avoir un site Internet »…

Eric Boudoul, propriétaire de La Table du Trappeur, ne voulait pas être en reste quand la toile s'est mise en place.

Eric a créé son site. Il a fait appel à un ami pour réaliser son site, sans pour autant se faire d'illusions quant à la réussite de l'opération. « L'important était que nous soyons dans le coup… Mais en deux ans, honnêtement, ça ne m'a rien rapporté. Les seuls courriers que je reçois proviennent de mes amis » ! Sur le site de la Table du Trappeur, figurent pourtant les menus, les photos de l'établissement et l'ambiance conviviale qui est de mise ici : « L'internaute qui consulte notre site comprendra aussitôt quel style nous souhaitons privilégier, même s'il n'est pas impossible que techniquement nous ne soyons pas vraiment au top. En plus, nous ne le tenons pas réellement à jour ». Car Eric Boudoul ne cache pas que l'informatique en général, et Internet en particulier, n'est pas sa tasse de thé : « J'ai en particulier du mal à comprendre comment les gens qui naviguent sur le web peuvent trouver notre site »…

La très faible influence d'Internet sur la fréquentation de la Table du Trappeur peut s'expliquer aussi par le contexte local : « Dans une petite préfecture comme Le Puy-en-Velay, ce n'est pas encore réellement entré dans les mœurs. Si ça peut être intéressant pour un hôtel, ça ne correspond pas à notre clientèle ». Et Eric Boudoul d'effectuer un parallèle avec des métropoles plus importantes : « Si je prépare un séjour à Paris et que j'ai envie de passer une soirée dans un restaurant à thème, je vais consulter Internet. Ici, l'offre est forcément plus réduite et il n'y a donc pas une réelle nécessité, sauf lorsqu'on offre un certain standing ».

Bien sûr, le tourisme vert est en plein développement et, dans ce créneau-là, La Table du Trappeur pourrait avoir une carte à jouer sur Internet. Mais Eric Boudoul balaie l'argument d'un geste : « Les touristes ici viennent surtout pour des pèlerinages ou pour les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et ne correspondent donc pas à notre clientèle ». Car l'établissement tout en bois, décoré à loisirs de portraits d'indiens, de cannes à pêche ou de canoës offre une indéniable chaleur, un confort douillet, loin de la froideur liée à l'informatique : la Table du Trappeur, c'est « ma cabane au Canada » autour de la cité historique du Puy-en-Velay, comme le rappelle l'autre nom de l'endroit : Saskatchewan restaurant ! Et cette petite table d'ambiance, où l'accordéon résonne souvent en soirée, ne se veut pas plus gros que le bœuf : « A Paris, ils ont sans doute plus l'habitude. Mais ici, ce n'est pas la folie »…

Eric Boudoul voulait un site Internet, il l'a : « C'est bien pour notre clientèle de paraître branché, d'être à la page. Mais c'est tout ». N'empêche, il croit quand même à l'importance à venir d'Internet : « C'est évident que ce n'est que le début, surtout chez nous dans de petites villes. Mais plus ça va aller et plus ce sera indispensable. Et ce jour là, La Table du Trappeur sera prête avant tout le monde » !

Restaurant «La Table du Trappeur» Rue Sainte-Agathe 43000 Le Puy-en-Velay
tel : 04 71 07 90 4
Site Internet : http://pro.wanadoo.fr/latabledutrappeur
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