
Roland Durand
Roland Durand,
plus de trente ans de passion.
Le Passiflore
33, rue Longchamps
75008 Paris
Tél. : 01 47 04 96 81
Fax. : 01 47 04 32 27
E-mail : passiflore@clubinternet.fr
Après plus de trois décennies au service des hôtels
et des restaurants les plus prestigieux, Roland Durand s'est installé
dans le 16ème arrondissement parisien. Un an après, son Passiflore
décroche une étoile Michelin, et son superbe ouvrage sur les
soupes salées et sucrées (éditions Flammarion) remporte
un savoureux succès. Bilan et perspectives avec ce Meilleur Ouvrier
de France qui de la passion a fait sa raison.
Quatre ans après son départ du Pré Catelan, Roland
Durand s'est installé à deux pas de l'Arc de Triomphe. Signe
du destin, ce Meilleur Ouvrier de France qui a porté la cuisine française
en Asie dès les années 70, a créé le Passiflore
en lieu et place d'un ancien restaurant chinois du 16ème arrondissement
parisien. Aujourd'hui, ce jeune quinquagénaire peut savourer son
retour sur le devant de la scène gastronomique. Une étoile
vient de récompenser la fine et goûteuse cuisine de ce MOF
qui se définit comme un « paysan voyageur ».
La critique ne s'y trompe pas en définissant sa cuisine comme une
véritable ode au terroir mâtinée d'une passion pour
les subtilités asiatiques savourées lors de la quarantaine
de ses voyages professionnels. Quelques plats vedettes de sa carte en témoignent
comme la Tête de Veau aux huîtres creuses de Quiberon ou la
Vichyssoise de topinambours à la truffe (en hiver, bien sûr).
Ou encore les Noisettes de biche « poivre et orange »,
poires de curé, coings, châtaignes, et, côté dessert,
la Tajine de fruits aux épices merveilleuses.
Une formidable explosion de saveurs finement maîtrisées, dans
la simplicité chaleureuse du Passiflore qui comporte une cinquantaine
de places. Ils sont cinq en salle et six en coulisses, sous la houlette
du chef devenu maître des soupes depuis la sortie de son « Soupes
salées, soupes sucrées » aux éditions Flammarion.
Un très beau livre qui nous invite à parcourir toute la gamme
des soupes, potages, consommés, crèmes et veloutés
à travers 110 recettes offertes à notre gourmandise par ce
chef qui a été élevé dans une ferme d'Auvergne.
C'est au sein d'une famille de sept enfants que le jeune Roland Durand découvre
les saveurs façon nature. Son père est maçon, sa mère
au foyer, et son grand-père apiculteur lui fait goûter les
betteraves fourragères et les pommes de terre cuites à l'eau
dans la marmite des cochons. Dans le jardin familial, il choye les asperges
tout en découvrant les escargots, mousserons et morilles dans les
friches avoisinantes. Aux côtés de sa mère, il est commis
à la vinaigrette en particulier et à la cuisine en général.
De là à ce qu'elle devienne son métier, il n'y a qu'un
pas à la fin de la Troisième. Le voilà apprenti, aux
cotés de René Rivière, un très bon saucier.
En 1968, CAP en poche et premier du département déjà,
il va peaufiner ses bases entre St Jean Cap Ferrat, le casino d'Aix et le
Carlton de Cannes. Il rejoint alors la brigade de Charles Janon à
l'hôtel Intercontinental, rue de Castiglione. Il y apprend le froid
et les buffets de cuisine d'apparat. Il en retiendra à jamais la
nécessité d'aller vers l'extrême et parfaite simplicité
: « On ne peut pas faire pour 2.000 comme pour 8 personnes. Il
faut s'en éloigner et simplifier. Le secret ? Faire chaud, bien assaisonné
et dans l'esprit que vous faites pour huit personnes ».
Chaque mois, il apprend aussi les saveurs d'une région de France
mise en vedette. Au sein de cette brigade qui compte 50 personnes dont Pierre
Gagnaire, Patrick Terrien, Christian Etienne ou encore Raoul Gaïga,
il va rester ainsi deux ans avant que Charles Janon le recommande au Savoy
de Londres, « parce qu'il faut apprendre l'anglais ».
Il y restera une année, mais quelle année. Chef potager puis
chef poissonnier au milieu d'une brigade de 80 à 100 cuisiniers assurant
un service à la carte jusqu'à 500 couverts les soirs de théâtre.
« Je n'avais jamais vu ça ! Il y avait 5 sous-chefs derrière
le passe et un aboyeur avec une corne de brume. Il y avait aussi douze potages
en permanence à la carte tous les jours ».
Fort de cette expérience unique, il revient en France assurer la
réouverture du Royal de Deauville aux côtés de Raoul
Gaïga. Sous-chef deux saisons durant, il prend alors, à 24 ans,
sa première place de chef au restaurant de la direction de la Régie
Renault, géré par le Sofitel Sèvres dont il vise la
place de chef. Après trois ans de patience, Roland Durand prend enfin
la direction des cuisines de cet hôtel de 650 chambres et aux divers
restaurants, dix ans à la tête d'une brigade de soixante personnes.
Avec les années 90, de nouveaux challenges l'attendent. C'est d'abord
la reprise avec le groupe Accor, du légendaire Camélia de
Jean Delaveyne qui, à peine réouvert, prend de plein fouet
les conséquences de la guerre du Golfe. Roland Durand se retrouve
alors au piano du Pré Catelan où sa cuisine pleine d'inventions
contrôlées lui vaut deux étoiles, un an après
son arrivée. L'aventure durera jusqu'à la fin 96, où
il devient le directeur de production de Lenôtre pour la Coupe du
Monde de Football, avant de reprendre sa liberté.
Une année sabbatique et deux de consulting après, Roland Durand
est donc revenu aux fourneaux et de quelle façon ! « Il
faut être fou, c'est vrai. Mais, en même temps, c'est tellement
de satisfaction. Les clients sont beaucoup plus ouverts sur la découverte
des goûts et saveurs d'ailleurs. Même la clientèle plus
âgée a le goût plus épicé et plus pointu.
Il y a une indéniable évolution du goût et c'est tant
mieux. « Voyagez » est bien le maître mot de ce
que l'on peut dire aux plus jeunes. Apprenez les bases dans les bonnes maisons,
mais allez voir ce qui se passe ailleurs pour vous ouvrir au monde. Notre
métier est fait de passion et de découverte permanentes ».