Les Bienfaits de l'Animation
Les Bienfaits de l'Animation
Les Bienfaits de l'Animation

La musique est depuis longtemps entrée dans les bars et restaurants, mais il est aujourd'hui bien d'autres moyens pour animer un établissement, le faire vivre, lui donner une image de marque et lui créer une identité, dans laquelle la clientèle se reconnaîtra...

« Si vous attendez que le client entre, vous risquez d'attendre longtemps ! Aujourd'hui, le consommateur est de plus en plus exigeant et il ne vient pas dans un bar seulement pour le besoin de boire une bière »... Tim Eales n'est pas un novice. Le Smoking Dog, l'établissement stéphanois qu'il dirige, n'est pas le premier. Pas le dernier non plus sans doute. Et il a acquis son expérience au fil des ans, mémorisant dans un coin de sa tête les mille et une façons d'attirer la clientèle d'abord. De la garder ensuite.
Si les méthodes de fidélisation sont diverses, l'animation est l'une d'entre elles : c'est en créant une ambiance particulière à un bar que la clientèle s'étalonnera et deviendra homogène. Alors c'est parti au rythme des flonflons d'un soir, des bumpers des salles de jeu de la sortie des lycées ou des commentaires télés du match de football au sommet. Tout est possible, tous est permis.

Une animation en adéquation avec la clientèle

Si les flippers sont de plus en plus sophistiqués, ils n'en existent pas moins depuis longtemps, très longtemps. Avec les baby-foot, les cibles de fléchettes et autres jeux électroniques high-tech, l'offre est importante et à eux-seuls, ils peuvent drainer une frange de population jeune qui trouvera ainsi, une fois les cours finis, le moyen de se retrouver dans une ambiance plus conviviale que la salle de classe... Créer de l'animation autour de ces jeux n'est pas très compliqué : ce peut-être un tournoi, un record à battre, un championnat inter-lycées !
Mais pour que ces jeunes gens se sentent chez vous, chez eux, il faudra un cadre approprié et proposer, en complément, une restauration rapide et adaptée à des finances forcément limitées. Ensuite, place à la musique ! Sonoriser un établissement est aujourd'hui primordial, à condition que les programmes diffusés correspondent au goût de la clientèle, pas seulement au vôtre... à moins de parvenir à se créer une clientèle en adéquation avec votre personnalité, ce qui reste évidemment l'idéal. Le style de musique que vous choisirez sera votre image de marque, votre marque de fabrique : même idéalement placé, votre bar n'attirera pas une foule d'étudiants s'il est baigné au son de l'accordéon ; inversement, des joueurs de cartes n'apprécieront que modérément de disputer une partie, avec de la house music en toile de fond.
La musique peut aussi se conjuguer de façon plus événementielle, avec l'organisation de soirée avec un groupe en live, une radio locale qui vient avec son DJ installer son studio ou un chanteur prêt à faire participer les consommateurs. Et la musique n'est pas le seul support culturel qui puisse trouver place en bar ou restaurant : si l'appellation café-théâtre désigne évidemment un lieu spécialisé, cela n'empêche pas pour autant de faire entrer le théâtre, à l'occasion, dans un café... Quelle que soit l'animation choisie, le choix de la date est primordial, pour éviter la concurrence d'abord, mais surtout pour ne pas prévoir une telle animation un soir qui ordinairement affiche déjà complet.
Cette double utilisation de la musique - ambiance permanente et événements - peut se décliner avec d'autres vecteurs d'animation. La télévision par exemple et sa multitude de chaînes câblées, offre la même possibilité. Autant un consommateur solitaire pourra apprécier de déguster son expresso, son demi ou sa limonade en regardant les informations sur CNN, le dernier clip de Mylène Farmer sur MCM ou le énième but de Trézéguet sur Eurosports, autant un événement télévisé important peut être l'occasion de communiquer et d'organiser une animation. La finale de la coupe du monde de football en 1998 était l'occasion rêvée, mais il n'est pas forcément nécessaire d'attendre de tels sommets. Au Smoking Dog, tous les matches importants du championnat anglais sont ainsi prétexte à rassemblement. Et à chaque but, l'ambiance monte d'un cran...

Animer dans et autour de l'établissement

D'ailleurs, il n'est guère besoin d'avoir l'œil rivé sur le programme T.V. pour trouver de bonnes occasions. Le calendrier est une mine intarissable : de la saint Patrick à la saint Valentin, en passant par Halloween, Mardi-Gras ou la Chandeleur, il est toujours possible de sortir du train-train. Et ces soirées à thème peuvent se décliner aussi bien en bar qu'en restaurant, pour peu que le chef ait envie lui-aussi de se détourner de sa carte pour un soir. Jean-François Cheyrasse, à la brasserie de la Patinoire à Clermont-Ferrand, donne ainsi l'exemple : quand ses associés programment une soirée spécifique, il met les petits plats dans les grands pour que la nourriture soit au diapason de l'ambiance. Et écouter un groupe country en dégustant un jambalaya comme en Louisiane, c'est s'offrir des vacances sans prendre l'avion...
L'idéal est même d'inciter d'autres commerçants du quartier à entrer dans le jeu. Une rue qui vibre à l'unisson, c'est la garantie d'attirer de nouveaux clients potentiels ! Tim Eales propose même ponctuellement des animations pour les enfants de ses voisins : une bonne façon de s'attirer la sympathie de tout le monde, y compris de ceux qui ne fréquentent pas les bars, et ainsi de se faire pardonner quelques excès vocaux et nocturnes qui ne manqueront pas d'arriver à un moment ou un autre de l'année.

Mais l'animation peut être aussi plus sereine. On ne compte plus les bars ou les restaurants qui utilisent les murs de leur établissement comme cimaise pour une exposition temporaire : si le vernissage est l'instant privilégié où les amateurs d'art se pressent, l'expo elle même draine des curieux tout au long de sa durée. Des jeux de société peuvent tout autant occuper l'après-midi de jeunes gens, plus ou moins jeunes d'ailleurs, voire donner prétexte à de petits concours : ainsi en zone rurale, il n'est pas rare que ce soient les propriétaires de cafés qui prennent l'initiative d'organiser concours de belote en hiver, de pétanque en été avec le double intérêt d'animer, plus largement que le café lui-même, la commune et d'attirer à l'intérieur des établissements une clientèle nouvelle.
Des livres à disposition des personnes seules ou les journaux du jour sont également des éléments qui participent à l'animation d'un lieu, qui lui donne une âme... Et c'est bien là l'essentiel : animer un établissement, c'est lui donner vie, mais aussi lui établir une identité et le sortir de l'anonymat. S'il ne ressemble à aucun autre, s'il possède sa propre spécificité, c'est gagné. Et le client qui s'y pressera, ne le fera alors pas uniquement pour boire un verre...
Article
Témoignages : 1  2
Jean-Yves Dupain
Le Smoking Dog
Le Smoking Dog

Le Smoking Dog à Saint-Étienne
Le quizz hebdomadaire fait le plein

A l'automne dernier, pour célébrer le premier anniversaire de son établissement stéphanois, le Smoking Dog, Tim Eales avait convié à une petite fête tous les enfants du voisinage, avant qu'avec la nuit tombée, les habitués du lieu ne viennent à leur tour investir l'endroit : « C'était un geste pour nous excuser auprès des riverains pour le bruit qu'il peut nous arriver de faire durant l'année ». Car, même si une pancarte à la sortie du pub prévient les consommateurs, que « le bruit la nuit, ça nuit », le Smoking Dog est un endroit qui vit d'autant plus que le patron n'hésite pas à créer l'événement à longueur de temps.
L'établissement, installé sur deux étages, se prête à merveille aux animations en tous genres : si la musique est en haut, le rez-de-chaussée est plus calme et inversement ! Tim Eales organise donc régulièrement des concerts acoustiques, ou bien s'entend avec une radio locale pour qu'elle installe dans les murs du café, un studio avec un D.J. : « En général, ça se passe le jeudi parce que le pub n'est pas suffisamment vaste pour accueillir plus de monde. En plus, le week-end, c'est une autre clientèle. Aussi, même si en semaine il y a un petit peu moins de consommateurs, ce sont des gens qui vont réellement écouter les musiciens ».
Mais Tim Eales, britannique d'origine, a également prévu une installation T.V., ce qui lui permet de retransmettre tous les événements sportifs d'importance, en provenance d'Outre-Manche. Pas un match de rugby, pas un match de football qui ne soit programmé au Smoking Dog : « Nous sommes donc devenus le rendez-vous de tous les Anglais de Saint-Etienne... mais pas seulement des Anglais, puisque dans nos équipes de football en particulier, il y a de plus en plus de joueurs français qui évoluent ». L'autre animation originale qui est organisée chaque mardi est un quizz, jeu de questions de culture générale, de sports, de géographie ou de cinéma et qui se termine inévitablement par cinq morceaux de musique à reconnaître : « L'avantage, c'est que c'est une animation qui ne demande pas d'investissement et qui amène une clientèle spécifique, en plus des habitués. Chaque semaine, c'est entre 50 et 80 personnes qui viennent jouer alors que le mardi était, avant le quizz, une soirée relativement calme ». Ajoutez à ces événements ponctuels ou réguliers, des jeux de société à disposition des consommateurs, une bibliothèque franco-anglaise évidemment, « la planche du dog » qui est une formule sympathique et peu chère pour une restauration rapide à midi et « Guinness », le chien mascotte de l'endroit et vous obtenez un cadre agréable, premier élément pour animer un café. Et comme Tim Eales n'est pas homme à manquer d'idées, des nouveautés devraient encore apparaître cette année au menu festif du Smoking Dog, avec en particulier la mise sur pied d'un club des vins, paradoxe pour un patron anglais culturellement plus habitué à aimer la bière. Question paradoxe, d'ailleurs, il s'y entend parfaitement : le 18 février, il avait prévu d'organiser l'enterrement du franc avec, dans la rue piétonne où est installé le bar, une procession, béret basque et baguette sous le bras : « Une idée typiquement française » s'exclame-t-il !
Et comme le concept global de l'établissement est une réussite, la famille s'agrandit... Le Smoking dog stéphanois avait déjà un grand frère à Lyon, dans le quartier Saint-Jean. Depuis cet hiver, un nouveau rejeton a vu le jour dans la station de sports d'hiver des Deux-Alpes. Toujours à l'enseigne du chien qui fume évidemment !

Le Smoking Dog
Propriétaire : Tim Eales
5, rue Georges-Dupré
42000 Saint-Étienne
tel : 04 77 47 23 57


La brasserie de la Patinoire à Clermont-Ferrand

La glace ne fait pas tout !

Il y a moins d'un an que Vincent Salesse, associé à Michel Fradin et Jean-François Cheyrasse, a repris la brasserie de la Patinoire, un établissement qui, comme son nom l'indique, est installé dans le même bâtiment que la patinoire de Clermont-Ferrand. Aussi, il ne faut pas chercher plus loin pour trouver la première source d'animation : du bar comme du restaurant, la vue est idéale pour admirer les circonvolutions des patineurs artistiques, les duels acharnés des hockeyeurs ou les premiers pas, malhabiles et maladroits, de M. Tout-Le-Monde qui s'essaie à un nouveau loisir. Seulement, si la brasserie est totalement concernée par les animations qui se déroulent sur la glace, le créneau n'est pas suffisant pour assurer la pérennité de l'établissement : « L'un des torts de nos prédécesseurs a été de tout miser là-dessus. Nous, au contraire, on cherche à diversifier ». Et comme Vincent Salesse, en dehors de son activité limonadière, dirige également une société d'animation, il sait de quoi il parle : « Nous disposons de trois zones distinctes et chacune est source de clientèle. Il y a d'abord le restaurant, qui grâce à la proximité d'une zone d'activités importante, attire de la clientèle et qui, par ailleurs, aide à la redynamisation du second secteur, le bar. Enfin, il y a une partie destinée à une clientèle plus jeune, avec baby-foot, flippers et autres jeux vidéos, pour laquelle nous développons une restauration rapide ».

La première animation fut donc d'installer des télévisions, une sono et des éclairages, associés à une décoration plus sportive : « C'est un investissement important, mais qui fait partie intégrante de notre volonté d'animer l'endroit, de le faire vivre. S'il est difficile de mesurer avec précision quelles sont les retombées, il est évident que les habitués apprécient, les hockeyeurs en particulier pour qui la brasserie est un peu le club-house ». Mais à ces aménagements initiaux devrait bientôt s'ajouter une véritable innovation : « Nous envisageons effectivement un partenariat avec Pathé-Sport, ce qui serait une première en France. C'est nous qui les avons sollicités et ils ont été séduits par l'opportunité ». Depuis la reprise de l'établissement, Vincent Salesse et ses amis ont également mis sur pied des soirées à thème, avec la collaboration d'un disc-jockey : « Notre but n'est pas de remplacer les boîtes de nuit, mais plutôt de chauffer leur public, de le préparer. Nous voulons être l'avant boîte de nuit avec de la bonne musique, des consommations pas chères, une petite restauration... Des choses pas compliquées mais qui sont appréciées ! Et comme les premières expériences ont été réussies, ces animations seront à partir du printemps systématisées chaque vendredi et samedi »... C'est le pingouin qui va être content !
L'animal en question, plus à l'aise sur glace que sur terre, a logiquement été choisi pour être la mascotte de la brasserie : « C'est bien sûr notre logo. Mais on le met vraiment à toutes les sauces. Sur la patinoire les soirs de matches, pour faire monter l'ambiance, au centre-ville de Clermont-Ferrand pour assurer notre promotion, ... ». Même les serveuses et le chef arborent fièrement un pingouin sur leur tenue, un chef de cuisine qui n'hésite d'ailleurs pas à créer lui-aussi l'animation : « Sur demande, on organise également des soirées à thème autour de la cuisine et, si nécessaire, on n'hésite pas à bousculer notre aménagement, à reconfigurer l'établissement pour le privatiser le temps d'une soirée ».

Ceux qui ne connaissaient pas la brasserie ont vite appris à le faire depuis 9 mois. D'ailleurs, l'installation d'une nouvelle enseigne de plus de 30 mètres de long en façade, a été une priorité des nouveaux gérants. Car si l'animation est importante, la publicité ne l'est pas moins... Brasserie de la Patinoire
Gérants : Vincent Salesse, Michel Fradin et Jean-François Cheyrasse
155, boulevard Gustave-Flaubert
63000 Clermont-Ferrand
Tél : 04 73 26 80 80
Fax : 04 73 28 21 60
Attention, la S.A.C.E.M. veille…

Tout mode de diffusion sonore est soumis à redevance ! Organiser une soirée concert dans un bar ou un restaurant, proposer une musique d'ambiance ou retransmettre un match de football n'est donc pas une activité complètement libre, qu'il serait possible de mettre en place dans son coin sans en avertir personne. La S.A.C.E.M., société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique, est là pour veiller, contrôler et… percevoir ! Comme tout organisateur de spectacles, un cafetier ou un restaurateur doit par principe informer la S.A.C.E.M. de la soirée à venir. Cette information préalable est inscrite dans le texte de loi qui régit le code de la propriété intellectuelle. Si l'activité concert ou autres est totalement exceptionnelle, il est donc nécessaire de prévenir la S.A.C.E.M. de votre ville : la taxe peut être indexée sur la recette du bar durant le spectacle en lui-même, voire se transformer en forfait afin de limiter les difficultés comptables. Si l'activité est pérenne, il existe une possibilité de contrat à l'année, mais au delà de six soirées annuelles, une licence d'organisateur de spectacles devient nécessaire. La redevance minimale pour une soirée est de l'ordre de 35 -. Outre la recette, la capacité de l'établissement entre également en ligne de compte : le tarif sera différent selon que vous disposez de 30 places ou de 250 !
Si la S.A.C.E.M. a passé des accords avec des groupements représentatifs du C.H.R. pour la diffusion de musique ou de programme T.V., les tarifs forfaitaires sont également fonction de certaines conditions : la capacité de l'établissement encore, le mode de diffusion (tarif moins élevé avec une vieux poste de radio qu'avec une chaîne hi-fi dernier cri) et le seuil d'habitants. La tentation de ne pas avertir la S.A.C.E.M. est à proscrire vigoureusement. L'organisme possède un réseau d'informateurs quasiment sans faille et, sauf à n'effectuer aucune publicité autour d'un événement, il sera forcément au courant. L'absence de communication serait de toutes les façons contre-productive pour votre établissement et, en cas de tentative de fraude avérée, le forfait appliqué serait en définitive bien plus élevé…
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