Trois jeunes sommeliers d'horizons différents, réunis
pour le concours des jeunes sommeliers en Vin de Cépages du Pays
d'Oc, témoignent
de leur formation et de leur futur métier.
Le 4ème concours du meilleur jeune
sommelier « en Vin de Cépages du Pays d'OC »
Le concours du meilleur jeune sommelier en Vin de Cépages du
Pays d'Oc s'est déroulé au salon Vinisud. Quarante écoles
réparties sur toute la France ont participé à la pré-sélection
et seuls 12 jeunes ont été retenus. Les épreuves finales
ont ainsi confronté des candidats de Metz, Marseille, Chamalières,
Saumur, Arbois, St Chély d'Apcher, Illkirch, Graffenstaden, Nîmes,
Nice, Compiègne, Tours et Béziers.
Un questionnaire sur le Languedoc-Roussillon, la sommellerie et la réglementation
des Vins de Pays d'Oc attendaient nos élèves sommeliers, puis
une dégustation de 5 vins. Les trois meilleurs se sont alors retrouvés
pour une épreuve de dégustation à l'aveugle, de description
du vin et d'argumentaire de vente devant le jury et le public. Une expérience
motivante et intéressante aux yeux de ces jeunes, et tout particulièrement
pour Matthieu Villemin, Julien Ouradou et Axel Curtillet.
Matthieu Villemin, étudiant Strasbourgeois
et meilleur jeune sommelier en Vin de Cépages du Pays d'Oc
Une formation poussée
Après son bac technique hôtelier à Strasbourg
Illkirch, Matthieu choisit de s'orienter, sur le conseil d'un de
ses professeurs, vers un BTS commercial en boissons, vins et spiritueux
au lycée viticole de Rouffach : « au départ, je
souhaitais intégrer la mention complémentaire directement
après mon bac, mais mon professeur m'a précisé qu'il
valait mieux avoir une bonne maîtrise de la culture vinicole avant
de tenter la mention complémentaire et j'ai suivi son conseil ».
Satisfait de son parcours, il a néanmoins le regret de ne pas avoir
intégré le master en boisson et spiritueux préparé
en école de commerce. De sa mention complémentaire, il retire
un grand enrichissement : « c'était très intéressant.
Nous n'étions que 12, sélectionnés sur entretien, et
suivions une partie théorique puis pratique avec des dégustation
et du service ».
La passion du vin transmise par son père
Matthieu a la passion du vin, il a toujours voulu en faire son métier.
Son père était un grand amateur de vin et il lui a tout naturellement
transmis l'amour du vin, des grands et des petits. De ce fait, Matthieu
a toujours voulu être caviste. Il a suivi son stage aux caves des
hospices civiles à Strasbourg. Il travaille le week-end à
la cave coopérative de Turckheim, pour approfondir son goût
du contact, ses connaissances et déguster comme tout récemment
les vins de ce petit viticulteur alsacien Joseph Gsell à Orschwihr
:
« il faut travailler et déguster tout le temps.
J'ai le plus souvent du plaisir dans mon métier. Pendant mes vacances,
je déguste 2 à 3 fois par jour ».
Etre caviste
comporte pour Matthieu une notion de liberté, celle de sélectionner
ses vins mais aussi d'organiser des dégustations. « je
ne veux pas être franchisé, ni être limité dans
mes choix. Je pense que pour réussir il doit falloir trouver un nouveau
concept ».
Premier concours : premier prix
C'est la première fois que Matthieu passe les épreuves
de présélection d'un concours. Il n'a pas hésité
à tester des connaissances très éloignées de
ses origines. « 'J'ai passé les présélections,
puis je suis arrivé ici en finale. Le questionnaire était
relativement simple, j'avais révisé et beaucoup dégusté
La dégustation commentée de deux vins en huit minutes m'a
semblé très longue. Et, je crois que la plus grande difficulté
a été d'affronter le public. J'ai gagné parce que j'ai
énormément travaillé ».
Un goût déjà très personnel
Matthieu apprécie les vins issus de Syrah, les côtes
rôtis « Je voudrais voyager car tout peut être intéressant.
J'ai découvert il y a peu un Syrah australien
et je me rappelle
une dégustation d'un vieux millésime La Landonne et La Mouline
de Guigal 1991, c'était formidable. Ces vins sont tellement aromatiques,
ils ont une aptitude au vieillissement, ils sont très faciles d'accès
lorsqu'ils sont jeunes, ils se bonifient avec l'âge
»
et cela en dit long sur sa passion !!!
Julien Ouradou, deuxième au concours des
jeunes sommeliers en Vin de Cépages des Pays d'Oc
Un peu de hasard et beaucoup de passion
Julien Ouradou est un jeune homme dynamique, motivé et un redoutable
communicant. Il est aussi aux yeux de ses camarades de concours « un
pro ». Son parcours est pourtant hésitant, même s'il
a, dès le BEP, choisi une orientation vers les métiers de
l'hôtellerie . « J'ai été inspiré dès
le départ. Mes parents et grands-parents sont dans l'hôtellerie
et il était prévu que je reprenne un hôtel appartenant
à ma grand-mère. J'ai donc suivi le BEP à Béziers
puis le bac pro service en restauration à Montpellier. Mais un professeur
qui m'avait vu en service pendant mon examen est venu me voir et m'a persuadé
de continuer dans la sommellerie. Il a insisté, alors je me suis
lancé et j'ai suivi la mention complémentaire ».
Et Julien ne regrette pas son choix « si on aime le vin, c'est
merveilleusement bien. Si on aime déguster, en parler, on peut aller
très loin. Dans cette formation, il n'y a plus d'enseignements généraux,
tout est basé sur le vin. J'ai eu, en plus, la chance d'avoir un
professeur qui nous a enseigné le bar ».
Un métier difficile mais très ouvert
« C'est très difficile d'apprendre ce métier
car il faut une connaissance générale sur les vignobles français
puis étrangers, connaître les appellations, tout savoir sur
les terroirs, les classements des vins et jusqu'aux cours d'eau qui passent
»
Julien a donc beaucoup appris, mais aussi beaucoup dégusté.
Et notamment dans le mâconnais, un millésime 94 de Monsieur
Thevenet qui a laissé notre amateur de liquoreux sans voix.
Julien a voyagé avec son école dans le Mâconnais et
le Beaujolais notamment « c'est le meilleur moyen d'apprendre ».
D'ailleurs, Julien souhaite voyager pour s'extérioriser de sa région
et découvrir, mais aussi pour apprendre l'anglais. Et plus tard,
pourquoi ne pas travailler sur un bateau : « j'aimerais être
sommelier sur un bateau de croisière et pouvoir poser mes bagages
dans les ports. Ce qui est bien dans ce métier, c'est qu'on a la
possibilité de bouger ». Julien aime ce métier également
pour l'étendue de possibilités qu'il offre : « on
peut être professeur dans un lycée, avoir son propre établissement... »
Mais il y a des revers à la médaille et Julien trouve
parfois que le métier est dur avec les jeunes : « les horaires
sont difficiles mais c'est ainsi, ce qui est moins normal c'est lexploitation
de certains patrons. Je n'ai jamais eu de problèmes mais j'ai vu
des jeunes dégoûtés du métier, mal payés
et faire beaucoup d'heures sans aucune considération. Les patrons
devraient avoir plus de reconnaissance pour les futurs chefs. Je voudrais
avoir la possibilité plus tard d'avoir mon propre établissement
et de diriger comme personne ne l'a jamais fait et avec beaucoup de respect ».
Axel Curtillet, 20 ans et la passion du vin
BEP, CAP, BTH puis la mention complémentaire
en sommellerie
Axel a la passion du vin et une certaine facilité de contact
avec les gens, ce sont les raisons pour lesquelles il a suivi la voie de
la sommellerie « je voulais faire partager ma passion et être
au contact avec les clients, tout mettre en uvre pour les faire saliver ».
Il a donc préparé un BEP puis CAP serveur à Marseille,
puis un BTH à Grenoble pour revenir ensuite à Marseille dans
le nouveau lycée Bonneveine, y suivre une mention complémentaire
en sommellerie.
La MC, c'est la meilleure façon d'apprendre, c'est nécessaire
: « Dans la famille, on aime le vin. En rentrant dans l'hôtellerie
restauration, ça m'a plu et j'ai pensé alors m'orienter directement
vers la mention complémentaire. Mais on m'a convaincu de passer d'abord
un BTH, ce que je ne regrette pas ». La mention complémentaire
est un apprentissage difficile pour Axel :
« il faut en
vouloir, beaucoup apprendre en peu de temps, mais si l'on est passionné,
cet enseignement se révèle plus facile qu'on ne pense ».
Une porte ouverte sur différents métiers
: caviste, sommelier, commercial en vin
Axel compte travailler dès la fin de ses études, en
juin prochain. Il hésite encore sur l'orientation professionnelle
qu'il va prendre. Différents métiers s'offrent à lui.
Celui de sommelier, de caviste ou encore de commercial dans le vin. « Si
je reste dans la sommellerie, je voudrais être chef sommelier, gérer
une cave, diriger une équipe. Si j'étais caviste, j'aimerais
monter une cave qui regroupe les meilleurs vins du monde. Je ferais le tour
du monde pour pouvoir tout goûter ». Car si pour l'instant,
le Gewurztraminer vendanges tardives est celui qui remporte le plus de succès
à ses yeux « pour sa douceur au palais, son fruité,
son cépage rare
», il est convaincu de la diversité
des vins et de leur multiplicité de par le monde.
Quel que soit le métier d'Axel, les qualités requises
pour être un bon professionnel du vin sont celles ci : « Il
faut savoir adapter son vocabulaire et arriver à faire le meilleur
choix. Il faut être à l'écoute et serviable. Le client
doit être ébloui et partager alors la même passion ».
6ème au concours des jeunes sommeliers
en Vin de Cépages des Pays d'Oc
Le concours des jeunes sommeliers en Vin de Cépages des Pays
d'Oc est le premier concours auquel participe Axel. Il a obtenu la 6ème
place sur 12 candidats « Il m'a fait découvrir les vins
du Pays d'Oc. En dégustation j'ai été bon mais c'est
l'écrit qui a été le plus difficile pour moi. Le stress
sans doute, j'ai été déséquilibré par
les questions. C'est une expérience intéressante dans laquelle
j'ai pu me juger mais aussi juger les autres, car on apprend autant de soi-même
que des autres. Le fait d'être sixième me motive pour la suite,
j'aimerais refaire des concours et bien sûr participer au Trophée
Ruinart par exemple. Pourquoi ne pas être un jour le meilleur jeune
sommelier de France ? » Souhaitons lui de réussir.