La Réservation


Réserver une table au restaurant du quartier ou une chambre en face de l'océan…Un geste naturel et rentré dans les mœurs commerciales des restaurateurs, des hôteliers et bien entendu des clients. Mais la réservation est-elle obligatoire pour bien gérer son établissement ? Est-elle fiable ?
Les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration doivent- ils disposer d'outils technologiques performants ou utiliser les sacro-saint téléphone et fax. Enquête sur une activité aussi abstraite que passionnante…

« Le week-end arrive, c'est votre anniversaire. Enfin, vous allez fêter cet événement avec toute la famille et vos amis dans ce petit mais ô combien charmant restaurant traditionnel situé en bord de mer… Sur place, le restaurateur vous confie discrètement qu'il n'y a plus de place de libre… Malheur, vous n'aviez pas réservé ! » Ce genre de désagréments est arrivé à monsieur tout le monde au moins une fois dans sa vie. Le fonctionnement des réservations implique que la machine soit bien huilée. Lumière sur ces mécanismes.

La réservation, une obligation pour la bonne gestion d'un établissement

Marie-Pierre Pesneau est Présidente du club hôtelier du pays de Lorient depuis trois ans. Elle porte un avis critique sur le sujet. « Premièrement, la réservation est une donnée obligatoire et nécessaire pour les professionnels des métiers de la restauration et de l'hôtellerie. Il faut gérer le personnel, planifier à l'année les frais probables, optimiser les plannings. Une fois le planning bien remplit, on peut voir venir ». Cela stipule donc que la réservation est considérée à sa juste valeur par les professionnels, elle fait partie intégrante du mode de fonctionnement de l'établissement.
Parallèlement pour le client et consommateur, celui-ci gagne en temps et en sécurité. Et évite les mauvaises surprises. Car une fois que l'on a réservé, à priori rien de fâcheux ne peut vous arriver, à condition de respecter ses engagements.

« Concernant la fiabilité des réservations, il y a toujours des variations. On estime que le chiffre moyen de non-fiabilité est de 10%. Les pertes peuvent être énormes pour le professionnel, mais la solidarité entre nous existe et on essaie dans la mesure du possible de combler les vides ». Au club hôtelier du pays de Lorient, le taux moyen d'occupation est de 50%, « cela concerne les catégories 0, 1, 2, 3 étoiles, c'est une moyenne annuelle » souligne Marie-Pierre Pesneau. Dans la pratique, voilà notre fonctionnement : « Une fois que l'hôtelier a établit la liste des chambres occupées et des réservations à venir, il envoie ses disponibilités en début de semaine, c'est à dire l'état des lieux des chambres inoccupées.
Dès que l'établissement est complet, il appelle l'hôtel centralisateur du club. Tous les mois, la Chambre de Commerce du pays de Lorient tient nos statistiques. Une fiche signalétique par hôtel est aussi de mise, si on est complet, on la renvoie ». Mais quels sont les outils mis à disposition des professionnels pour gérer le principe des réservations et pour palier aux éventuels problèmes ?

Téléphone, fax et Internet

L'utilisation d'Internet pour la réservation est semble-t-il encore indécise, mais permet une accessibilité supérieure, cela est indéniable. Un établissement possédant cette technologie trouve son compte. Aux clients potentiels, il faut proposer des arguments irrésistibles qui sensibilisent la cible. Un site convivial, cohérent et clair avec tous les renseignements inhérents et essentiels est une arme et un outil incontournables. Reste maintenant à situer la réelle place de ce moyen de communication même si l'intérêt d'Internet est évident.
Une certitude, les établissements haut de gamme sont parfaitement équipés, ainsi que les centrales de réservation. Qu'en est-il par ailleurs ? Au club hôtelier du pays de Lorient, « 60% des hôtels sont informatisés, des formations mises en place par la chambre de commerce sont présentes. Mais seul 1% des réservations s'opère sur Internet. On en est aux balbutiements » analyse Bruno Marzin, gérant de la SARL Rex hôtel à Lorient. L'utilisation de la toile pour réserver une chambre ou un couvert ne s'effectue en fait qu'une fois que le client a séjourné ou mangé.

Celui-ci, s'il est satisfait et ainsi sécurisé, peut plus facilement se lancer sur le réseau. Le consensus est clair pour les professionnels, rien ne vaut une conversation téléphonique pour établir des liens directs. La clientèle a besoin de ce contact pour se rassurer. Idem pour le restaurateur et l'hôtelier, car les inquiétudes et les interrogations sont perceptibles au combiné. En outre, les professionnels « se vendent » mieux, c'est une question de communication. Une fois que la réservation est faite, l'utilisation du fax est déterminante. Surtout pour la confirmation.

Confirmation, vente à distance, arrhes

Une fois que la réservation est conclue par téléphone ou sur Internet, la confirmation par fax permet de rassurer clients, restaurateurs et hôteliers. C'est la condition sine qua non pour que le planning soit établit, que le client soit certain d'obtenir satisfaction par rapport à sa commande initiale. Le versement d'arrhes par le client est une donnée plus subtile, car elle diffère d'un établissement à l'autre et bien sûr selon le client. Ce n'est pas un prix à la tête du client, mais une garantie en fonction du contexte. Par exemple, une clientèle d'habitués ou de commerciaux ne versent que rarement des acomptes ou des arrhes. Les touristes et les vacanciers de passage sont dans une situation inverse, « on leur demande 30%, puis le reste du solde a leur départ des vacanciers » raconte Bruno Marzin. Néanmoins, dans la plupart des cas, le client propose de lui-même de verser des arrhes, dont le pourcentage est variable. Ce geste commercial est entré dans les mœurs, car cette anticipation offre une sécurité aux deux parties. Bien sûr, les mauvaises surprises sont possibles. Lors de réservations en été, certains clients, ayants prévus un circuit touristique dans la région, peuvent réserver une chambre dans plusieurs établissements et ne pas respecter leurs engagements.

La vente à distance pour les réservations est un protocole qui permet de mieux gérer la situation, « mais tout le monde ne l'applique pas, c'est un phénomène progressif ». Principalement utilisée par l'hôtelier en période de vacances scolaires, cette méthode consiste à prendre la réservation avec le numéro de carte bancaire. Pour une arrivée après 19 h à l'hôtel, généralement horaire « limite » dans la profession, la confirmation de la réservation doit être effectuée. Si le client n'est pas présent le lendemain, le professionnel opère un débit sur la carte bancaire. Des assouplissements existent selon le contexte, le client. En cas d'annulation de dernière minute, tout dépend de la politique de réservation de l'hôtelier, du restaurateur, et aussi des conditions dans lesquelles a été faite cette annulation. Certains clients acceptent de régler la facture, d'autres, qui ne se sont pas présentés du tout, peuvent sortir indemne et ne rien payer. Dans le cas de la vente à distance, le numéro de carte bancaire est une garantie, une sécurité.

Lors des réservations de couverts dans un restaurant, la confiance et le respect mutuels sont davantage mis en avant. Car, lorsqu'un client réserve une table à son nom sans donner d'autres informations, ou d'autres garanties, le restaurateur peut subir des pertes énormes, cela va sans dire.

Quelles avantages offrent les centrales de réservation ?

L'atout principal des centrales de réservation à grande mais même à petite échelle tient essentiellement dans la centralisation des informations. En effet, le futur client aura facilement accès à une information actualisée, pertinente et globale. En règle générale, les disponibilités des hôtels sont regroupées dans un service informatisé. Les centrales permettent alors au futur client de réserver son séjour en direct, sans supplément. C'est une facilité supplémentaire pour le client, notamment lorsqu'il est nomade et qu'il souhaite séjourner de ville en ville. De plus ces centrales sont généralement reliées avec un site internet touristique, offices de tourisme par exemple, avec de ce fait une réservation en ligne et un paiement sécurisé possibles.
Les centrales permettent en général à l'hôtelier de se faire connaître, incluant son offre parmi d'autres, augmentant ainsi le taux d'occupation de son établissement. L'astuce étant alors de ne pas se faire noyer par le volume d'établissement représenté. Elles lui permettent également de se décharger en partie de cet aspect. Tout ceci ayant un coût, il est important de bien se renseigner.

Réservation par Carte Bancaire

La règle en vigueur et la « déontologie » stipulent, en cas de non présentation du client à l'hôtel pour prendre sa clé avant 19 heures, que l'hôtelier est en droit de débiter et de facturer une nuit sur la carte bancaire du client. Sauf si le client a prévenu de son retard. D'où l'importance du fax pour la confirmation et le versement d'arrhes (environ 30 pour cent du séjour en général) si le client ne donne pas le numéro de sa carte bancaire.
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Eric Massé
Charme et discrétion dans un cadre verdoyant
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Relais et châteaux : le Château de Locguénolé

Le château de Locguénolé est une enseigne Relais et Châteaux depuis 1968. Situé en pleine campagne, aux bords du Blavet, cet établissement quatre étoiles classique dispose d'une trentaine de chambres et d'un restaurant de 70 couverts (et jusqu'à 240 couverts à l'occasion de banquets) pour accueillir sa clientèle. Propriété de famille transformée en hôtel, Bruno de la Sablière en est le Directeur. Sa clientèle est majoritairement française, sans oublier l'importance des touristes américains. L'originalité de cet établissement réside dans son statut et dans son mode de fonctionnement. Le château de Locguénolé utilise NETREZ, une centrale de réservation dont les bureaux sont situés à Paris et à Providence aux Etats-Unis. Pour information, cette centrale regroupe 80 chaînes hôtelières, 20 000 hôtels, 3 000 000 de chambres et des bureaux dans 40 pays dans le monde. « C'est un produit énorme et il faut préciser que 20% cent de nos clients sont américains ».

Alors comment ce système opère-t-il ? Pour réserver une suite, une chambre au châteaux de Locguénolé, une connexion peut être effectuée sur le site Relais et Château ou directement sur le site Internet du château, « ce sont en fait les mêmes canaux » précise Bruno de le Sablière. Ou alors se diriger vers la centrale d'information et de réservation en ligne, NETREZ ; « Ce système est propre aux GDS, Global Distribution Systems, un logiciel réservé aux professionnels ».
La démarche du client se limite ici. Commence alors l'investigation sur la toile par l'équipe de Bruno de la Sablière ; « Nous nous connectons deux fois par jour sur le site américain de NETREZ par un système d'accès codé ; Nous relevons les réservations effectuées dans les dernières douze heures et nous obtenons une liste d'informations ».
Une fois les demandes de réservation recensées concernant le château de Locguénolé, un fax est envoyé au client. Y sont consignées des informations essentielles ; adresse, numéros de téléphone, de fax et bien entendu les garanties de la réservation. « Nous demandons une autorisation de prélèvement d'un acompte d'une nuit de réservation avec le numéro de la carte bancaire. Nous prélevons les arrhes une fois que nous avons confirmation écrite, c'est à dire la signature, par le retour du fax par le client. Il prend ainsi connaissance de la politique d'annulation ». Pour certains clients habitués et cas exceptionnels, aucun acompte n'est exigé. « Mais, la quasi-totalité des clients versent des arrhes, entre 150 et 250 euros selon le type de chambre ».

« En cas d'annulation à plus de quinze jours de la date d'arrivée, le remboursement est intégral. De sept à quinze jours, il se fait de moitié. Et pas de remboursement si l'annulation a lieu à moins de sept jours de la date d'arrivée. Le client accepte et signe donc le fax, cela couvre ainsi les deux parties, et on élimine toute paperasse inutile. Pour les groupes, cette politique d'annulation est plus longue car on court le risque de bloquer l'hôtel intégralement en cas de coup dur ».
Château de Locguénolé
Route de Port-Louis, Kervignac 56700 Hennebont
Tél : 02 97 76 76 76 - Fax : 02 97 76 82 35
www.chateau-de-locguenole.com
bruno@chateau-de-locguenole.com

Le Café Leffe à Lorient

Situé sur le port de plaisance, près du centre ville, le Café Leffe est tenu et géré par une entreprise familiale. Roland et Marguerite Oger, avec leurs enfants et conjoints, sont à la tête d'une brasserie-restaurant depuis 12 ans « au concept non franchisé, ce qui nous permet d'obtenir une gamme de produits de qualité ». Leur spécialité, le plateau de fruits de mer, avec le vin blanc, et du poisson qui enchantent les palais des gourmands et des gourmets…
Roland Oger, souriant et chaleureux, travaille beaucoup avec la réservation. « C'est plus facile pour nous. On est tout près du port de plaisance, de pêche et de commerce » ; VRP et hommes d'affaire sont des habitués toute l‘année. « L'été, la connotation touristique est importante, on embauche des saisonniers. Avec le festival interceltique, nous avons du monde à l'intérieur et en terrasse ».
Le couple de restaurateurs utilise énormément téléphone et fax pour planifier et gérer leurs couverts. La philosophie est simple. « Je ne prends pas d'arrhes. C'est une confiance mutuelle ». Mais, cette méthode peut-elle s'avérer dangereuse dans certains cas avec de mauvais payeurs ? Réponse de l'intéressé « je n'ai quasiment jamais été roulé ». Mais certains principes rythment sa méthode. « Pour les groupes, je demande un budget en fonction des saisons, des menus demandés. Et à partir de ce budget, je réponds par fax, par courrier. Ou alors les clients se déplacent. J'utilise beaucoup le fax pour les groupes, c'est à dire les entreprises, les sponsors de courses nautiques, car environ 85% de ces clients viennent de très loin. Nous ne prenons pas de cars car il faut mobiliser de la place, et souvent les gens disposent d'un budget limité ». Le Café Leffe dispose d'une salle à l'étage qui peut accueillir banquets, mariages ou communions. « Pour les mariages, la réservation se fait un an à l'avance avec une confirmation définitive quinze jours avant la date. L'annulation de la réservation, ou le rajout de convives, doit être signalée trois ou quatre jours avant. Mais je n'ai eu aucune mauvaise surprise ». L'objectif de la famille Oger est d'aider le mieux possible leurs clients « à réussir leur soirée, leur fête ; Dans ce cas là, il n'y a pas de problème de paiement car tout se passe bien ».
Seul unique coup difficile à encaisser, « des habitués qui ne sont jamais venus régler leur facture pour un baptême. C'était une énorme somme, un abus de confiance.. ». Pendant la saison estivale, les touristes étrangers envahissent les rues et le pays de Lorient. « Nous avons beaucoup de réservations là aussi. J'ai même appris une fois par hasard que nous étions présents sur le guide du routard britannique, car des clients anglais venus manger ici nous avaient montré le dépliant ».
« L'arme numéro un » est ainsi le téléphone pour Roland Oger : lorsqu'il s'agit de réserver la table, sa bonne humeur et son sourire sont perceptibles. « Pour les groupes, je demande toujours une confirmation. Mais des fois, un groupe de dix habitués peut nous appeler vers 11 h 30 et venir déjeuner une heure après », flexibilité et gestion régissent ainsi le système de la réservation. Internet, la famille Oger y croit. « Un ami installe en ce moment notre site. Il sera prêt avant l'été. Cela va devenir indispensable pour la rapidité des réservations. Internet entre dans les mœurs ».

Café Leffe
Maison de la mer - Port de plaisance 56100 Lorient
Tél : 02 97 21 21 30


Le Village Hôtel à Caudan

Claire et Cyril Louerat, jeune couple de 26 et 29 ans, sont les gérants du Village Hôtel de Caudan situé dans la zone industrielle de Kerpont, tout près de Lorient. Ces Nantais d'origine sont aux commandes de cet établissement depuis moins de deux ans. Leur clientèle est double : commerciaux et touristes.
Internet, ils connaissent indirectement. C'est avec le siège de la chaîne hôtelière basée à Dijon que certaines réservations leur sont communiquées. « Le siège prend contact avec nous par téléphone, par fax pour connaître nos disponibilités. Nous confirmons le cas échéant et le siège contacte alors le client par Internet ».
Mais c'est grâce au téléphone que le couple maîtrise ses plannings de réservation. Pour bien gérer son établissement, « la réservation est obligatoire. Sachant que trois quarts des commerciaux la font par téléphone ». La location des chambres se fait ainsi de 12 h à 12 h. L'heure limite d'arrivée est 19 h, une confirmation par téléphone pour prévenir d'un éventuel retard ou d'une annulation est nécessaire. « Si un client arrive après 19 h, on lui demande son numéro de carte bancaire, ce qui garantit la réservation de la chambre » ; le distributeur automatique placé juste à l'extérieur, devant la porte d'entrée, reconnaît le numéro de la carte, quelle que soit l'heure d'arrivée. « Généralement, les réservations sont tenues. Sur 170 chambres, il y a deux ou trois réservations non vérifiées » souligne Claire Louerat. Les restaurateurs et les hôteliers utilisent différemment le fonctionnement des arrhes. Pour les responsables du Village Hôtel, deux conditions sont nécessaires dans ce cas : « seulement pendant les grandes périodes de séjour, plus d'une semaine, et pour les groupes, les mariages ». Un acompte de 10 % est ainsi demandé aux intéressés, à verser un mois avant la date d'arrivée.
Quelques mauvais souvenirs sont présents, « il fallait rappeler les groupes la veille pour une confirmation… j'ai eu de grosses surprises ». Claire Louerat maîtrise l'Anglais, ce qui facilite bien les choses. « Nous avons beaucoup de clients étrangers, surtout pendant le festival interceltique de Lorient, alors pour les réservations c'est plus facile, la communication passe bien ».

Village Hôtel
Rue Pierre Landais Zone de Kerpont, Bellevue 56850 Caudan
Tél : 02 97 76 76 11 - Fax : 02 97 76 68 11
Réservations online : villages-hotel.com