
La disparition des fournisseurs de produit
de mercerie et la laine m'a obligé
à me remettre en question
sur la diversité de mon offre
L'épicerie de Tauxigny
Le hasard mène Elise Bergeault à
l'épicerie
Nous sommes en 1972, dans un petit village de 1100 habitants nommé
Tauxigny où les deux plus proches villes (Loch et Tours) se situent
à 25 km. Une jeune femme de 25 ans, Elise Bergeault avec deux enfants
en bas âge travaille dans l'aviculture et son mari est alors chauffeur
livreur, dans une société de bois. A la recherche d'un logement,
Mme Bergeault est informée par une commerçante qu'une maison
avec un commerce attenant est en vente. Cette offre interpelle le jeune
couple qui décide de visiter les locaux. Sous le charme de la bâtisse
mais après une mure réflexion ils acceptent l'offre. Voilà
comment débuta l'aventure dans le commerce pour
Madame Bergeault.
Des débuts difficiles
Cette jeune femme autodidacte, sans formation, ni expérience
dans le domaine débuta son activité d'épicière
avec beaucoup d'appréhensions.
Les débuts furent difficiles.
Les propriétaires qui lui cèdent les locaux, la forme en une
semaine, sur un inventaire et avec une visite rapide des fournisseurs.
Mme Bergeault nous l'explique : « J'avais beaucoup d'appréhensions
à mes débuts, je me sentais perdue dans ma nouvelle fonction.
En une semaine, je n'avais pas eu le temps d'appréhender le fonctionnement
de l'épicerie. Une semaine, c'est très court. Les propriétaires
m'ont rapidement présentée les fournisseurs et nous avons
effectué un inventaire en une journée ».
L'ascension d'une commerçante hors du commun
Cependant, passionnée par son métier, avec un sens inné
du commerce et beaucoup de dynamisme, Mme Bergeault géra cette affaire
avec un grand succès. Elle dégagea en effet de cette petite
épicerie de 27 m2 un tel chiffre d'affaires qu'au bout de huit années
d'activité elle décida d'acquérir le Tabac Presse.
Secondée par une tierce personne pour la garde de ses enfants mais
également au sein du commerce, l'aventure Mme Bergeault continua
dans le bonheur le plus complet, selon ses dires : « Le temps
nécessaire à la bonne marche de mon commerce et suite à
la naissance de mon 3ème enfant, m'à obligée à
cette époque à faire appel à ma cousine pour m'aider.
Elle m'assistait tant au niveau du magasin que pour la garde de mes enfants ».
En 1986, la commune montre une réelle volonté de dynamisme.
Elle souhaite développer l'activité commerciale du village.
Face à une commerçante hors du commun, la mairie sollicite
Mme Bergeault pour agrandir son commerce. Néanmoins, cette opportunité
ne peut se concrétiser, et un café fut alors transformé
pour qu'elle puisse s'implanter dans de nouveaux locaux.
Elle double
sa surface de vente qui atteint alors 70 m2. Un nouveau challenge pour Elise.
Réagir face à la concurrence
A partir des années 80 avec l'apparition du libre service et
le développement de la grande distribution, la concurrence se fait
plus ardue. Madame Bergeault voit son chiffre d'affaires régresser.
Face à ces difficultés, cette femme pleine de courage et de
ténacité diversifie alors son offre. Elle propose du poisson
le vendredi et en 1986 elle abandonne la mercerie, activité peu rentable
et sans réelle offre de fournisseurs. En revanche, elle développe
dès 1993, la vente de fleurs en pot.
Puis, progressivement, cernant de mieux en mieux ses clients, elle
offre de la vaisselle personnalisée de Tauxigny ainsi que des articles
cadeaux, souvenirs. Bien entendu, ses produits d'accroche restent tout de
même les fruits et légumes et le frais. Elle nous explique
les raisons de ces changements et la mise en place des prestations pour
attirer toujours plus de clients : « La disparition des fournisseurs
des produits de la mercerie et de la laine m'a obligée à me
remettre en question sur la diversité de mon offre, mais avec le
tourisme se développant, j'ai jugez bon de proposer d'autre produits ».
Ainsi, malgré les difficultés, Madame Bergeault nous
explique que l'activité salariale de son mari et les investissements
immobiliers qui ont été effectués durant les années
fastes lui ont permis de poursuivre son activité dans le bonheur
le plus complet : « grâce à mon activité mais
également à celle de mon mari, nous avons eu la chance de
pouvoir partir chaque année en vacances en famille ».
La fidélité d'une clientèle
locale
Voilà déjà 30 ans que Madame Bergeault tient
son épicerie à Tauxigny. Elle est toujours commerçante
dans ce petit village où la clientèle locale lui est fidèle
pour sa sympathie et sa disponibilité exprimées par les villageois
: « je connais quasiment tous mes clients puisque c'est une clientèle
fidèle et locale depuis que j'ai commencé ». Cependant,
Tauxigny est un village dortoir qui, à terme, risque de voir disparaître
ses commerces, d'où le souhait de la commune de créer des
événements afin de redynamiser le site. Avec toutes ces interrogations,
Madame Bergeault met en avant l'activité très stable du tabac/Presse
qui génère 50% du chiffre d'affaires.
Alors souhaitons très prochainement une bonne retraite à
madame Bergeault qui devrait bientôt sillonner la France en profitant
de ses petits enfants.