Dans le cadre de leur formation, des étudiants de
l'école nationale de crêperie de Dinan présentaient
une animation au salon Prorestel ayant pour thème « Galettes
et crêpes à l'heure européenne ».
Rencontre avec ces jeunes porteurs d'une célèbre tradition
culinaire bretonne...
Un seul objectif en vue pour nos trois apprentis
Le titre de crêpier, homologué niveau V, symbolise la
consécration d'une passion pour le froment et le blé noir.
Car la crêpe, la galette sont le leitmotiv de Nadège Touboulic,
Morgane Cavalec et Jean-Louis Rault.
Et ce depuis leur plus tendre
enfance jusqu'à leur professionnalisation en première année
de CAP à l'école nationale de crêperie de la Chambre
des Métiers de Dinan.
A 18 ans, Nadège Touboulic fait partie
de cette génération de jeunes femmes dynamiques et ambitieuses,
bref elle ne tient pas en place
Créer mon entreprise
Après l'obtention d'un BEP hôtellerie restauration à
Paimpol, sa passion pour la Bretagne et le goût des bonnes crêpes
de sa grand-mère ont aiguisé ses choix professionnels. « Les
deux métiers en salle et en cuisine m'intéressent, il faut
que l'équilibre soit présent », ce qui signifie
que les jeunes apprentis doivent s'impliquer et mettre la main à
la pâte aussi bien en salle qu'en cuisine. L'alliance du service de
qualité et des bonnes recettes au froment et au blé noir est
de mise. « Ce sont deux métiers différents. En salle
ou en cuisine, ça bouge tout le temps et le métier est loin
d'être facile », et même dans le restaurant d'application
de l'école nationale de crêperie où l'expérience
est enrichissante.
Ce qui motive la jeune femme, ce sont « les coups de jus ».
En effet, la morosité et la monotonie ne font pas bon ménage
pour elle car « je ne peux pas rester en place ». La
communication et la relation avec le client sont importantes à ses
yeux et il faut concilier respect, service et amour du métier. Ces
vertus, elle les appréhende et les cultive chaque jour pendant sa
formation et en stage près de Paimpol dans une crêperie restaurant
pub. Ses projets d'avenir sont clairs et bien définis ; l'objectif
à terme étant de « créer ma propre entreprise ».
Jean-Louis Rault a grandi lui aussi dans l'univers
de la galette, un mets qui ravit petits et grands
Entre tradition culinaire et musique
« Ma mère travaille dans une usine qui prépare
des crêpes et des galettes », destin croisé avec
un célèbre héros de Uderzo et de Goscinny qui est tombé
dedans quand il était petit...
Venant de quatrième en préapprentissage, ce jeune de
16 ans a ainsi intégré la formation technique et professionnelle.
En cours pendant une semaine et en stage le reste du mois, Jean-Louis est
immergé comme ses camarades dans le monde du travail.
« Je travaille en alternance dans une crêperie industrielle
à Lamballe. Les horaires sont aménagées et je travaille
en semaine à la chaîne. On prépare la pâte en
grande quantité, on fait de tout, il faut être polyvalent ».
Souriant et sympathique, il semble cacher quelque chose... mais quoi ? En
fait, « je suis musicien ». « DJ Jean-Louis »,
comme le surnomment ses camarades de classe, guide les crêpes et les
disques sur les pistes. Il sait ainsi allier crêperie traditionnelle
et musique électronique.
Passionné, le jeune homme l'est assurément. « La
cuisine, la mise en place... on prépare la pâte le matin avec
les recettes salées, sucrées. Puis, on fournit selon la demande
en salle ». Il considère son métier et juge que
certaines personnes se font de fausses opinions : « c'est un métier
passionnant. Tout le monde pense que c'est une activité difficile,
mais c'est un métier comme un autre. Même si, cela ne doit
pas être évident quand il faut gérer vie privée
et travail ».
Mais, il a toute la vie devant lui et espère « partir
plus tard à l'étranger » pour implanter la crêpe
et la galette bretonne... peut être à Ibiza où il deviendra
le prince de la crêpe blé noire et des vinyles...
Autre point de vue sur le métier, celui
de Morgane Cavalec, une jeune femme de 17 ans
Obtenir le titre de crêpier
Issue de quatrième et de troisième technologique à
Dinan, son engagement dans la voie de la crêperie traditionnelle semblait
logique, « mon frère est cuisinier, c'est vrai que le contexte
familial est favorable ». Elle souhaite ainsi obtenir le titre
de crêpier tant convoité, la polyvalence de la formation est
indéniable car la fabrication, le service en salle, la vente, les
garnitures culinaires sont les données inhérentes que les
élèves découvrent et assimilent. Néanmoins,
son caractère expansif et dynamique se décèle relativement
rapidement. « Ce qui me plait, c'est la communication avec les
gens, les clients. C'est un métier assez speed et il faut que je
bouge ».
« Entre cuisine et salle »,
elle ne sait que choisir car « ce sont deux aspects qui me plaisent ».
Souriante et chaleureuse, elle ne se voit pas assise dans un bureau toute
la journée, « je cherche de toute façon un métier
animé, il me faut des coups de jus ».
Pas trop de limites et d'inconvénients dans ce métier,
Morgane reste optimiste, « il faut s'habituer, car beaucoup pensent
que c'est difficile, par exemple les horaires, la vie de famille pour les
couples mariés... ». Mais pour l'instant, aucun nuage à
l'horizon, « en général, j'ai un bon feeling avec
la clientèle ».
Comme Nadège et Jean-Louis, Morgane suit cette formation en alternance
dans une crêperie grill glacier bar à Dinan. Sa voie est tracée,
comme celle de ses camarades, il faut maintenant l'arpenter avec motivation
et sérieux.
Des projets au fait ? « je pense partir,
car je trouve qu'il y a trop de crêperie dans la région »,
Morgane s'envolera donc vers d'autres cieux...
Une immersion dans le monde professionnel
Deux formations sont ainsi dispensées aux amoureux et aux curieux
désireux d'apprendre le métier de crêpier.
50
élèves se retrouvent en formation continue (plutôt les
adultes) et en apprentissage (c'est le cas de Morgane, Nadège et
Jean-Louis) pour recevoir et transmettre eux-mêmes plus tard la célèbre
tradition culinaire bretonne, pour écouter les conseils de professionnels...
L'alternance école et entreprise est un point positif et indéniable
si l'on se réfère aux avis de nos trois jeunes apprentis.
Ces derniers obtiendront ainsi à la fin de leur cycle d'étude
le certificat technique des métiers, un diplôme homologué
niveau V.
Entre un laboratoire de production et le restaurant d'application,
les cours et les activités sont complémentaires.
Les
élèves naviguent entre gestion, communication, organisation
du travail, relation clientèle, anglais... et confection, élaboration
de recettes de crêpes à emporter et à déguster.
Ainsi, dans le cadre de leur formation, nos aventuriers de la galette se
sont retrouvés au salon Prorestel pour présenter « galettes
et crêpes à l'heure Européenne ».
Tous
les deux ans, l'école nationale de crêperie propose une manifestation
avec dégustation et décoration originales...
Jean-Louis conseille par ailleurs
une recette particulière, la garniture normande
(compote de pomme au caramel au beurre salé) ;
Ingrédients : pommes melrose, pommes golden, cidre, eau, sucre, beurre
demi-sel, sel fin.
Réalisation : Eplucher et couper les pommes en quartiers ;
Réaliser un caramel ambré. Décuire avec la moitié
du cidre.
Insérer le beurre ; Faire cuire les pommes dans le reste du cidre.
Récupérer le jus de cuisson et faire réduire
de moitié.
Insérer la compote et le caramel.
Compoter et fouetter grossièrement l'ensemble.
Chambre des Métiers école nationale de crêperie
BP 155
22103 Dinan cedex
Tél : 02 96 39 03 38
Fax : 02 96 85 25 91
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