En Espagne, difficile de pouvoir dîner avant 22 heures
alors qu'en Grande-Bretagne, il est déjà trop tard ; en Grèce,
le souvlaki n'est pas l'unique spécialité alors qu'en Suède,
la gastronomie haut de gamme est en plein essor ; en Belgique, le restaurant
n'est pas le loisir premier alors qu'en Italie, il se conjugue à
tous les temps...
La restauration européenne est tout sauf uniforme et si de
plus en plus, il est des établissements à spécialités
portugaises en Allemagne et allemandes en Grèce, il n'en est pas
moins possible de trouver une bonne table partout : les traditions sont
solidement ancrées dans le terroir.
Espagne : la culture de l'assiette et de la nappe
Résumer la restauration espagnole aux bars à tapas serait
forcément réducteur, même si ces comptoirs où
l'on mange des spécialités sur le pouce, ont une réelle
importance dans la vie quotidienne : c'est l'endroit idéal pour calmer
une petite faim et ainsi attendre l'heure du repas... forcément tardive
par rapport à nos habitudes. C'est également le lieu où
la décoration est sans limite, de grande créativité.
Le restaurant est lui plus traditionnel. Car, s'il est une particularité
propre à la péninsule ibérique, c'est le décalage
qui existe avec notre propre rythme de repas. Le déjeuner ne se prend
guère avant 14 heures et si vous entrez au restaurant à 22
heures, vous serez parmi les premiers convives ! Sans doute que les Espagnols
se couchent également plus tard...
Culinairement, la gastronomie espagnole se caractérise par
l'utilisation traditionnelle de l'huile d'olive comme graisse végétale
et du saindoux comme graisse animale. Elle se distingue aussi par la grande
variété de fruits et légumes, souvent héritée
de la culture arabe, incorporée aux repas et à une charcuterie
variée. Quant aux spécialités, bien différentes
selon les régions, elles ont su évoluer pendant ces dernières
décennies avec l'apparition de grands chefs qui ont interprété
les plats et recettes traditionnels en accord avec l'époque, apportant
ainsi de nouvelles saveurs.
Cette variété gastronomique,
alliée à un goût prononcé de la population pour
le restaurant - ce qu'outre-Pyrénées, on appelle la culture
de l'assiette et de la nappe -, font qu'il est très facile de trouver
dans les grandes villes comme dans les petites communes rurales, un établissement
où l'on mange bien.
Depuis la traditionnelle cuisine familiale jusqu'aux plus fameux des
restaurants à cinq fourchettes, la classification allant de une à
cinq, chacun peut trouver celui qui correspond à ses préférences
et à sa bourse.
La carte des prix est généralement
affichée à l'extérieur de l'établissement, ceux-ci
servant en général au déjeuner un menu du jour à
prix réduit. Si le service est inclus dans ce prix, il est d'usage,
mais non obligatoire, d'ajouter un pourboire de 5 à 10 %. S'il est
plus difficile de trouver une table le dimanche et le lundi, jour de fermeture
traditionnel, les bars à tapas qui pratiquent l'horaire continu,
permettent de toutes façons de manger à toute heure...
Italie : autant d'appellations que de spécialités
Des spaghetti, une pizza, des tomates, de l'huile d'olive, un expresso
ou un capucino... La légende à la vie dure et pourtant, de
l'autre côté des Alpes, il est bien évidemment possible
de manger autrement : l'Italie propose mille plats différents, des
centaines de spécialités gastronomiques savoureuses et typiques
des anti-pasti qui profitent d'un système agroalimentaire moderne
et avancé, mais qui veille à conserver les saveurs et les
valeurs traditionnelles.
Et pour y goûter, les possibilités sont nombreuses :
des innombrables trattorias que l'on trouve dans chaque village aux tavole
calde (tables chaudes) en passant par les rosticcerie, les osterie, les
tavernes ou les... pizzerias ! Aux prix affichés, il faudra ajouter
un supplément pour les couverts et le service, sinon pour le pain
comme dans d'autres pays d'ailleurs. Dans les régions côtières,
où le poisson est régulièrement sur la table, le prix
correspond le plus souvent à une portion de 100 grammes alors que
la part qui est servie est bien évidemment supérieure...
Suède : un art culinaire en pleine évolution
Il y a bien longtemps que la sécurité alimentaire est
inscrite dans les têtes et mise en avant sur les tables suédoises.
Bien avant chez nous. Comme le respect des animaux d'ailleurs, à
tel point que le gavage de canards est interdit, supprimant ainsi la production
de foie gras... Et pourtant, la gastronomie suédoise n'est pas un
vain mot et ses chefs sont depuis quelques années régulièrement
classés dans les grands concours internationaux. La reconnaissance
de Paul Bocuse, en préface d'un ouvrage édité par le
ministère suédois de l'agriculture, en dit d'ailleurs plus
long que tout autre discours :
« Par ses contrastes subtils, cette cuisine venue du froid
sait nous réchauffer le cur et le corps. C'est pourquoi je
demeure un fervent adepte de ce pays empreint de traditions ».
Si Stockholm concentre bien évidemment les meilleures tables,
la passion de la gastronomie ne s'est pas arrêtée aux portes
de la capitale et, au contraire, le développement de l'art culinaire
a profité à toute la Suède. Dans les petites localités,
fleurissent souvent des cuisines plus informelles à base de produits
du terroir. Les restaurants de quartier ou spécialisés dans
le déjeuner, c'est à dire servant un menu du jour, ont eux-aussi
suivi l'évolution de l'art culinaire, mais en adoptant des prix plus
modiques.
12.000 restaurants sont recensés en Suède et
tous n'appartiennent pas à l'élite répertoriée
dans le Guide rouge ou à l'incontournable classement annuel de la
revue Gourmet et de son guide « 199 tables ».
L'une des différences fondamentales avec la restauration française
provient d'un service peu mis en avant : « Dans le meilleur des
cas, les restaurateurs compensent un service réduit au minimum par
un charme décontracté... Dans le pire des cas, par rien du
tout » résume l'auteur du livre « Sûre
et savoureuse, nourriture suédoise ». Le niveau de salaire
très élevé explique en grande partie ce service minimum.
Grande-Bretagne : incontournables pubs
L'Angleterre s'ouvre à la gastronomie... très souvent
par l'apport de chefs étrangers, français en particulier.
D'ailleurs, la restauration britannique est surtout marquée par l'influence
étrangère, qu'elle soit indienne, chinoise ou originaire des
pays de l'est de l'Europe. Il n'empêche qu'il reste les incontournables
fish and ships, qui offrent un repas peu onéreux et rapide : idéal
pour le déjeuner qui n'a pas une réelle importance Outre-Manche.
En revanche, le repas du soir est plus élaboré à condition
de se présenter tôt au restaurant : passé vingt heures
voire 19h, il n'est pas évident de se faire servir, en particulier
dans les petites villes.
Les pubs, institution britannique s'il en est, font également
office de restaurant, proposant le plus souvent un plat unique et parfaitement
abordable. Mais en règle générale, pour un repas équivalent
à ce que l'on trouve en France, l'addition sera légèrement
plus élevée. N'empêche, l'évolution est notable
: il est aujourd'hui possible de trouver à Londres des restaurants
haut de gamme, recensés par le Guide rouge... Un indice qui ne trompe
pas !
Belgique : moins cher
Si les Belges aiment manger, ils n'ont pas la même culture culinaire
que les Français : la tendance aujourd'hui est de mettre son argent
dans sa maison ou sa voiture, plutôt qu'au restaurant... Pourtant,
en comparaison avec Paris, les tables sont sensiblement moins élevées,
comme le coût de la vie en général.
Des fourchettes et des étoiles sacrent les meilleurs établissements
qui ne se trouvent pas tous dans la capitale. Mais partout, il est possible
de déguster les spécialités nationales : des moules-frites
au waterzo... en passant par les stoemps, plats à base de pommes
de terre, et aux nombreuses carbonades et autres mets préparés
à base de bière...
Grèce : pas seulement le souvalki
Il y a bien longtemps que la cuisine grecque a dépassé
les strictes frontières du pays et il n'est pas de capitale européenne
qui ne s'enorgueillisse d'un quartier grec. Mais les souvlakis, équivalent
hellène du kebab turc, ne sont pas l'unique spécialité
issue des rivages de la mer Egée : justement l'omniprésence
maritime incite à la dégustation de poissons et fruits de
mer.
Des ragoûts de légumes, avec ou sans viande, des grillades,
des feuilletés au fromage, à la viande, au poulet ou aux légumes
sont également sur toutes les cartes des restaurants. Haut de gamme
(plutôt rare) ou taverne, les établissements grecs servent
à des horaires plus tardifs que dans l'hexagone : à partir
de 14 heures et au-delà de 21 heures. Entre temps, à l'image
de l'Espagne, nombreux sont les bars qui proposent à toutes heures
les mezes, ensemble d'amuse-gueules traditionnels du pays.