A pied d’œuvre pour les vendanges

Pendant le mois d'août, dans le Beaujolais, les vignerons nettoient leur cuvage et scrutent le ciel ! Les vendanges sont pour bientôt et le sort en est jeté : c'est désormais uniquement des caprices de la météorologie que dépendra la qualité du vin.

« Le climat idéal pour de bonnes vendanges, c'est un temps sec afin que les sucres et les tannins se concentrent à l'intérieur du raisin ; s'il pleut, les racines pompent l'humidité, diluant au contraire toutes ses propriétés » explique François Launay, viticulteur à Chânes (Saône-et-Loire) et producteur de Saint-Amour.

Il faudra alors attendre que le préfet fixe le ban des vendanges, c'est à dire la date à partir de laquelle le raisin peut être ramassé : « Ensuite, chaque vigneron choisit de commencer par rapport à la maturité de ses vignes. L'important est que le rapport acide/sucre soit convenable, ce que l'on peut mesurer avec un multimètre. Dans le Beaujolais, des vendanges précoces peuvent débuter dans les premiers jours du mois, mais ça peut aller jusqu'au 20 septembre ».

Entre Juliénas et Villié-Morgon, le ramassage du raisin est entièrement manuel : « La machine à vendanger est effectivement interdite dans le Beaujolais parce que pour la vinification, on doit vinifier des raisins entiers alors que la machine ne ramasse que des grumes. On n'aurait pas la rafle et ça changerait la typicité du vin. De toutes façons, même si elle est autorisée dans le Mâconnais, pour les Pouilly-Fuissé ou les Saint-Vérand, voire même pour les beaujolais blancs, beaucoup de viticulteurs continuent à travailler manuellement ».

Cette différence de traitement entre vins blancs et vins rouges s'explique par la vinification. Pour le premier, le pressurage est immédiat et la vinification se fait en cuve tandis que pour le second, ce sont les raisins entiers qui sont mis en cuve : « On laisse alors fermenter : si on veut un vin tendre et fruité, on laisse 4-5 jours ; si on le veut très corsé, on peut aller jusqu'à 10-12 jours. Ensuite, lorsque la plupart des sucres est transformée en alcool, on pressure ; on met le vin en cuve, et on le laisse finir sa fermentation alcoolique : certaines fois 8-10 jours ; d'autres fois moins… Ca dépend des années ». Et en moyenne, pour obtenir un hectolitre de vin, il faut récolter 125 kgs de raisins.




La vendange est le travail le plus spectaculaire du vigneron. Pour l'occasion, il embauche des étudiants ou des passionnés qui chaque année, prennent leurs vacances spécialement à cette période. Mais la vigne demande une attention quotidienne tout au long de l'année :
« Pour nous, la saison commence en novembre, une fois que les feuilles sont tombées et que la taille peut commencer, ce qui dure en général jusqu'au 15 mars. Ensuite, pour les blancs seulement, on plie les baguettes. Commence alors le remaillage, c'est à dire une remise en état des fils de fer, des piquets,… Avant que la vigne ne commence à pousser, un entretien est nécessaire : on laboure un peu, on désherbe, on remonte la terre qui est partie durant l'année. Intervient l'opération de mondage qui consiste à enlever les pousses inutiles.

Tous les dix/douze jours jusqu'à fin juillet, il faut ensuite sulfater pour lutter contre le mildiou et l'oïdium tandis que deux traitements contre les vers sont nécessaires durant l'année. L'une des dernières tâches est de relever la vigne, de la palisser avec du fil de fer, de l'attacher avec des brins d'osier »… L'année est bouclée, les vendanges peuvent commencer !
Jean-Yves Dupain
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