
Pour moi, c'était un challenge,
car je repartais de zéro et il fallait
tout réinventer, y compris la clientèle.
Le « Sweet Life Café », à
Hyères :
Un challenge gagné
Après avoir exercé plusieurs activités
à travers toute la France, Henri Escriva, cuisinier de formation,
accompli un retour aux sources en créant le « Sweet Life
Café » à Hyères.
Pour lui, c'est un véritable challenge, car il s'agit de repartir
à zéro. Challenge d'autant plus difficile que son café
n'est pas proprement dit un établissement touristique.
Un nouveau départ
C'est au cur du littoral varois, sur la route qui mène
aux îles les plus célèbres de cette côte, que
l'on rencontre, au passage, un grand bâtiment dressé sur le
bord de la route et précédé d'un vaste terrain de boules
: le « Sweet Life Café ».
Son propriétaire actuel, Henri Escriva, lui-même né
à Hyères, a accompli un retour aux sources, après avoir
exercé différents métiers dans plusieurs régions
françaises : « j'ai une formation de cuisinier, indique
Henri Escriva, et c'est ainsi que j'ai débuté dans la profession.
Mais, très rapidement, je me suis orienté vers les discothèques,
ce qui m'a conduit à voyager à travers toute la France. La
raison de ce changement est simple : les horaires. A l'époque, je
faisais surtout les saisons, ce qui me laissait très peu de liberté.
Finalement, je suis revenu à la brasserie en 1996 lorsque j'ai eu
l'opportunité de reprendre le Sweet Life Café ».
Avant que Henri Escriva ne le reprenne, cet établissement n'était
pas du tout ce qu'il est devenu : « c'était un simple bar
de quartier, précise-t-il, qui a été détruit
par un incendie. Je l'ai racheté et j'ai totalement modifié
le concept. J'en ai fait un pub avec une salle de jeu et une brasserie.
Pour moi, c'était un challenge, car je repartais de zéro et
il fallait tout réinventer, y compris la clientèle ».
Aujourd'hui, le challenge est gagné, grâce à la persistance
et à la notoriété de Henri Escriva.
Une clientèle d'habitués
Contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier abord,
l'été n'est pas la meilleure période pour le Sweet
Life Café : « l'été est ma bête noire,
avoue Henri Escriva, car durant les mois de juillet et août, mon chiffre
d'affaires baisse d'environ 40%. Cela s'explique par la situation de l'établissement
: je suis entre le centre ville et le port de Hyères. C'est un lieu
de passage où les touristes ne s'arrêtent pas forcément.
Quant à la clientèle locale, elle s'éparpille pendant
la période estivale ».
Le Sweet Life Café est donc un établissement fréquenté
principalement par une clientèle fidèle d'habitués
: « c'est une clientèle plutôt jeune, précise
Henri Escriva, composée d'habitués à 80%. Ils viennent
ici pour la convivialité, car tout le monde se connaît, ce
qui crée une ambiance chaleureuse et très sympathique. Il
y a également les billards qui attirent beaucoup de monde, ainsi
que les concours de boules, organisés tous les vendredis soirs. Mon
seul point noir, poursuit-il, est le bruit : au début, j'organisais
des soirées à thèmes ou musicales. Mais, en raison
du voisinage, peu commode, j'ai dû arrêter ».
Malgré cette difficulté, la clientèle du Sweet
Life Café n'a pas déserté l'établissement ni
diminué sa consommation, bien au contraire : « l'avantage
d'une clientèle plutôt jeune, explique Henri Escriva, est qu'elle
ne regarde pas à la dépense. Elle consomme jusqu'à
ce qu'elle n'ait plus d'argent, ce qui n'est pas le cas d'une clientèle
plus âgée qui, pour diverses raisons, fait attention à
son budget. Les jeunes consomment d'autant mieux que les prix sont modérés
: le café est à 1 et le pastis à 1,3 .
D'ailleurs, contrairement à ce que l'on pourrait croire, le
passage à l'Euro a entraîné une légère
augmentation de la consommation, car les clients ne se représentent
pas encore précisément la valeur de l'argent qu'ils ont ».
Quant à la lutte contre l'alcoolisme, Henri Escriva n'en voit, pour
l'instant, que très peu les effets : « en moyenne, précise-t-il,
une personne sur dix se soucie de ne pas trop boire. Il faut dire que 9
personnes sur 10 viennent ici en voiture et qu'il suffit de boire 2 verres
pour dépasser les limites autorisées. Cela dit, à moyen
terme, l'alcool est voué à disparaître dans les bars
et, nécessairement, il faudra trouver des solutions de remplacement.
L'image personnelle
L'activité brasserie, quant à elle, ne fut créée
qu'en 2001, mais déjà elle révèle toutes ses
potentialités : « cette création, explique Henri
Escriva, a certes nécessité un poste supplémentaire,
mais au bout du compte, je m'y retrouve, car elle a permis une augmentation
notable du chiffre d'affaires. Elle représente une moyenne de 25
à 30 couverts par jour, essentiellement au déjeuner, et concerne
une clientèle d'habitués, composée d'employés
qui travaillent dans le quartier ».
Il faut dire que Henri Escriva propose un menu attractif à
9,6 avec une Salade mixte ou Charcuterie, un Plat du jour ou
des Lasagnes ou des Brochettes, et Fromage ou Dessert. La réussite
de cette activité est d'autant plus appréciable que la restauration
est actuellement en diminution : « aujourd'hui, précise
Henri Escriva, la clientèle devient de plus en plus méfiante.
Finalement, le fait de ne pas être un établissement totalement
saisonnier ou situé dans des endroits stratégiques devient
un avantage. Cela dit, poursuit-il, on ne peut constater d'importantes modifications
dans les comportements des clients : ils sont toujours autant attentifs
à la qualité des produits et à l'accueil ».
Mais un établissement tel que le Sweet Life Café a une
caractéristique bien particulière : « l'activité
de mon établissement, conclut Henri Escriva, ainsi que de tous ceux
qui lui ressemblent, c'est-à-dire des petites affaires, est essentiellement
liée à l'image de la personne qui l'exerce. Autrement dit,
les clients viennent au Sweet Life Café parce que j'en suis le patron.
Si c'était quelqu'un que les clients ne connaissent pas, peut-être
qu'il recevrait beaucoup moins de monde ».