El Cochino
Jeremy Angeli, neveu du nouveau propriétaire travaille à plein temps pour le restaurant

Le Cochino a 13 ans.

Ce fut à l'époque le premier bar à vin de Marseille. Depuis, sa réputation ne cesse de grandir. Année après année, la carte s'enrichit, la décoration s'étoffe, se cherche et se trouve, la taverne mûrit, sa personnalité, comme un grand vin gagne son âme. L'auteur anonyme du célèbre adage « Tout est bon dans le cochon » ne devait pas s'imaginer à l'époque la portée de sa pensée. Pour le Cochino la sentence devint serment d'Hypocrate et son auteur prophète anonyme!

Voyage au bout de la nuit

L'idée de ce bar est la conséquence d'un voyage en Espagne, les propriétaires du futur Cochino ont été trouvés séduits par l'ambiance unique des nuits ibériques, par cette ferveur bouillonnante qui anime les rues et métamorphose les villes. A la recherche d'idées pour aménager le local qu'ils viennent d'acheter à Marseille, et surtout à la recherche d'ambiances différentes de celles que la cité phocéenne offre la nuit, les propriétaires sont conquis par le concept du bar à vin. « L'ambiance dans ces bars y est très chaleureuses, les gens se retrouvent, se découvrent et sympathisent autour d'un verre de rouge, l'on y mange de la charcuterie, l'on y danse sur de la musique latino ».

Le concept est large, le public jeune, il n'est pas question d'élitisme œnologique mais plutôt de partager un penchant commun pour la bonne chaire et la culture du vin. Ces grandes messes à la joie populaire, ne sont pas sans évoquer les dionysies grecques ou bien encore les bacchanales romaines…en fait si l'on y pense bien, tous ces bars s'inscrivent dans les traditions méditerranéennes les plus anciennes, célébrant le spiritueux roi du pourtour de la mare nostrum.
Des souvenirs pleins la tête, un concept dans la poche, les propriétaires rentrent à Marseille fonder « El Cochino » un lieu atypique, unique, sorte d'enclave espagnole au cœur de la nuit Marseillaise.

The day of Wine and Rose

« El Cochino » signifie littéralement « Le Cochon » annonçant ainsi la couleur d'une cuisine traditionnelle, faisant la part belle à la charcuterie. Cependant, que l'on ne se méprenne pas, que l'on ne mélange pas les termes, cuisine simple ne renvoie pas à simpliste, paysanne ne renvoie pas à austère car le Cochino est également, et avant tout, un restaurant.
Et sur ce point là sa réputation n'est plus à faire, il a été, en 2000, lauréat de la « Fourchette d'Argent », récompensant, parmi près de 70 restaurants de la région PACA, la qualité du service et de l'accueil, de la nourriture et de l'ambiance présentes dans le restaurant.

On y sert principalement de copieuses salades composées, de la charcuterie (évidemment !) et également du fromage. Au niveau des boissons on y sert du vin (évidemment !), la carte est très conséquente proposant une trentaine de vins différents à des prix très raisonnables, les vins sont servis à la bouteille ou au verre et s'adaptent à tous les goûts et toutes les bourses… il est amusant de constater qu'au fur et à mesure de la soirée les gens s'échangent les bouteilles entre les tables, se font découvrir de nouveaux goûts, de nouvelles saveurs, dissertent et discutent, argumentent et échangent, le vin a d'incontestables vertus sociales. Pour les clients réfractaires au vin ou, tout simplement, pour tout ceux qui veulent varier les plaisirs, le restaurant a créé une série de rhums aromatisés dont quelques rhums glacés… avis aux amateurs !.

Tout est bon dans le cochon

La décoration du lieu est dépaysante, les thèmes exploités sont l'ambiance vielle auberge ,d'une part, et… le cochon, d'autre part. Le nombre d'allusion directe et indirecte à l'animal est très importante, ici non seulement le cochon se mange, mais en plus il se conjugue, se décline, se dissimule et surtout il s'affiche ! Tout l'arsenal est déployé : poster, affiche de cinéma (Babe… évidemment!), dessin, peinture, têtes de cochon ornant les murs telles des gargouilles bienveillantes, petits bonbons en forme de cochon, et une très sympathique collection de peluches porcines… et puis au plafond sont suspendus jambons, saucissons et saucisses, également du cochon en morceau certes, mais du cochon quand même !

Le lieu se divise en deux salles, la salle principale du restaurant et au sous-sol une cave réservée pour les groupes et les occasions spéciales. La salle principale est meublée entièrement en bois, l'ensemble se veut rustique. Les tabourets sont massifs, les tables sont constituées d'énormes tonneaux de vin. Au mur les quelques affichettes n'évoquant pas le cochon date du début du siècle dernier, le plafond est en poutre apparente renforçant encore l'esprit paysan du lieu. La pièce se termine à l'autre extrémité par une alcôve où peuvent se loger trois tables, à cet endroit prend place, derrière une grille une collection impressionnante de bouteilles classées sur des étagères, véritable bibliothèque de bouteilles de vin, catalogue grandeur nature de tanins.
Au sous-sol dans une cave aménagée réside la seconde salle, celle ci est plus rarement ouverte, elle est à la disposition principalement de groupes l'ayant réservée pour la soirée et des manifestations culturelles épisodiques qui prennent siége dans l'établissement. Cependant quand la salle du haut croule sous le poids du monde, le cochino la met à la disposition des clients. L'ambiance de cette salle ? « C'est comme à la maison ! » Canapés, fauteuils et lumières tamisées sont de rigueur pour une sensation de bien-être naturelle.



L'important c'est pas que la rose…

Cela fait bientôt un an que le restaurant a été repris, Jeremy Angeli, neveu du nouveau propriétaire travaille à plein temps pour le restaurant. Il a fini récemment ses études au lycée Hôtelier de Bonneveine à Marseille et le Cochino est pour lui son premier emploi.

Le rapport avec les clients est pour lui la raison d'être de sa profession, c'est le moteur de son investissement professionnel.
Il a participé de manière très active à la décoration de son antre, la gratifiant même d'œuvres de sa composition. « La décoration est pour lui, l'âme d'un lieu, sans cela l'ensemble manque cruellement de personnalité et l'on devient l'un parmi tant d'autre, perdu dans la masse », explique t-il.

EL COCHINO
11 rue des 3 mages
13001 Marseille
Tel : 04 91 47 29 66
Nicolas Auffray
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