J'ai voulu évoler par moi-même et j'ai alors <br>cherché quelque chose à Vannes qui <br>est ma ville de naissance.
J'ai voulu évoler par moi-même et j'ai alors
cherché quelque chose à Vannes qui
est ma ville de naissance.
La Cucaracha à Vannes :
Un établissement unique pour
une clientèle spécifique.


Après plusieurs années passées en discothèque, Jean-Luc Gallo décide de devenir son propre patron et, pour ce faire, de revenir à Vannes, sa ville de naissance. Son objectif est simple et précis : créer un bar d'ambiance destiné à une clientèle spécifique qui ne se retrouve pas dans les établissements traditionnels.







Un emplacement volontairement excentré

Vannes, préfecture du Morbihan, est un charmant petit port breton où il fait bon se promener dans son dédale de rues. On y croise toutes les époques dans une architecture à la fois médiévale, classique et moderne. Ses habitants sont à la hauteur de leur ville : quelque chose de typiquement breton et, en même temps, une modernité incontestable. C'est sans doute ce qui attire les nombreux touristes qui viennent profiter de l'air océanique et du soleil marin.
Car, contrairement à une légende fort répandue, la Bretagne est souvent ensoleillée et sa chaleur vaut bien celle du sud. En sortant de Vannes par l'ouest, en direction de Sainte-Anne d'Auray et de Lorient, on ne peut manquer d'apercevoir une vaste zone commerciale qui, apparemment, ressemble à n'importe quelle autre zone du même genre. Ici encore, un labyrinthe de rues où toutes les activités se côtoient. Mais, au détour d'une allée, on a l'agréable surprise de trouver un établissement qui ne ressemble en rien aux autres : par ses couleurs, son enseigne et son activité même.

Il suffit d'y entrer pour constater que les premières impressions se confirment : un ancien hangar de 300 m² qui, à présent, vit d'une pénombre propice à l'ambiance qu'il dispense ; un comptoir dont on devine qu'il se transforme parfois en piste de danse, une scène où viennent se produire régulièrement les groupes de la région et d'ailleurs ; bref, nous sommes à la Cucaracha, unique à Vannes. Son propriétaire, Jean-Luc Gallo, est un habitué de ce type d'établissements : « j'ai passé plusieurs années, avoue-t-il, en discothèque, dont 5 à La Baule dans l'établissement que possède Gérard Lanvin. Par la suite, j'ai voulu évoluer par moi-même et j'ai alors cherché quelque chose à Vannes qui est ma ville de naissance. Je dois dire, poursuit-il, que j'ai rencontré des difficultés importantes. D'abord, pour trouver un établissement. C'est par hasard que je suis tombé sur ce hangar de 300 m².

J'ai sauté sur l'occasion, car je cherchais précisément des locaux excentrés afin d'éviter tous les problèmes liés au bruit et au voisinage. Ensuite, ce fut le financement : j'ai dû me présenter dans toutes les banques de la région, pour finalement en trouver une, qui n'était pas la mienne, prête à me faire confiance et à prendre le risque, en vérité limité, de financer une création ».

La priorité : sécuriser la clientèle

L'aménagement du lieu a tout de même nécessité un mois de travaux. Mais, dès son lancement, en 1998, La Cucaracha a très bien fonctionné : « au fond, précise Jean-Luc Gallo, je n'ai pas pris beaucoup de risques, car je connaissais la région et je savais qu'il existait peu d'établissements de ce type, c'est-à-dire des bars d'ambiance. La rumeur s'est très vite répandue et le bouche à oreille a fait son travail. Aujourd'hui, La Cucaracha accueille une moyenne de 150 personnes par soirée et une clientèle de 25 à 40 ans ». Jean-Luc Gallo tient en effet à conserver ce type de clientèle : « peu de temps après l'ouverture de La Cucaracha, explique-t-il, j'ai organisé une soirée étudiante. Ce fut une catastrophe ! Les jeunes étaient irrespectueux et ne tenaient absolument pas l'alcool. J'ai donc décidé d'éviter cette clientèle. Mes critères de sélection sont simples et efficaces : d'abord, avoir une tenue correcte, ne serait-ce que par respect pour les clients et le personnel qui font l'effort d'être décents.

Je ne demande pas de venir en cravate, mais seulement de ne pas se présenter en jogging et tong. Ensuite, et c'est sans doute le plus important, je refuse systématiquement les gens qui viennent enivrés ou que je vois boire un peu plus loin. Dans l'ensemble, poursuit-il, mon but n'est pas forcément de faire du monde et de l'argent, mais de permettre à ma clientèle de passer une soirée agréable et en toute sérénité ».

L'effet escompté est donc réalisé : « A présent, précise Jean-Luc Gallo, les clients indésirables ne viennent plus et ma clientèle se sent en sécurité. Le fait d'avoir une clientèle qui se situe dans la fourchette des 25-40 ans a plusieurs avantages. D'abord, ce sont des gens qui ont une certaine expérience et qui, savent se tenir. D'ailleurs, on voit souvent des femmes venir toute seule ou en groupe sans qu'elles ne soient un seul instant importunées. Ensuite, ce sont des clients qui viennent ici précisément pour ne pas se retrouver avec des gens plus jeunes. C'est la raison pour laquelle ils ne vont pas en discothèques : certains pourraient se retrouver avec leurs enfants, ce qui n'est pas toujours agréable quand on a décidé de passer une soirée tranquille ».

Récompenser une clientèle spécifique

D'ailleurs, les relations avec les patrons de discothèques ne sont pas toujours très amicales : « cela fait plusieurs années, avoue Jean-Luc Gallo, que nous sommes plus ou moins en conflit, car les bars d'ambiance attirent une clientèle qu'ils n'arrivent pas toujours à saisir. Leur clientèle se situe principalement dans la fourchette des 16-25 ans. Or, nos clients viennent parce qu'ils en ont envie, nous leur proposons autre chose et les prix sont tout de même moins élevés ».

Sur ce dernier point, Jean-Luc Gallo a pu constater certaines tendances assez régulières : « ce sont les bières que nous vendons le plus, explique-t-il, précisément parce que le taux d'alcool est moins élevé qu'ailleurs. Ensuite, viennent les whiskies coca et les gins tonic ». La carte de La Cucaracha répond à ces tendances, car elle propose un vaste choix à des prix abordables : des Aper'ouf de 3,1 à 6,1 €, des bières en pression (Affligem, Heineken, Desperados) de 3 à 3,1 € ou en bouteilles (Pelforth brune, Adelscott, Corona, Wiechse Witte) de 4 à 4,6 € ; des whiskies et alcools divers de 4 à 69 € selon qu'on les prend au verre ou en bouteille. Les Cocktails enfin sont également nombreux pour des prix allant de 2,5 à 25 € selon la quantité : Bacardi Cola, Mojito, Caliente ou Pina Colada, Bomba, La Cucaracha, Caïpirinha, Blue Lagoon, Get Sunrise ou Mojito, Bloody Mary, Orgasme Coco, Destroyeur, Samouraï.

Mais, l'alcool n'est là que pour accompagner le reste, car La Cucaracha est un bar d'ambiance où l'on vient pour se détendre en écoutant de la musique : « en général, explique Jean-Luc Gallo, je fais venir un D. J. qui anime les soirées et, une fois tous les 2 mois, un groupe se produit sur la scène de La Cucaracha.
Pour moi, c'est un risque, car c'est un spectacle qui coûte environ 1000 e, alors qu'il n'y a pas nécessairement plus de monde. Mais, j'y tiens, car c'est pour moi une manière de récompenser la fidélité de ma clientèle. Ainsi, conclut-il, nous organisons des soirées susceptibles de satisfaire tous le goûts : du rock acrobatique à la musique afro-cubaine en passant par les années 80. Au fond, j'essaie de proposer quelque chose de particulier pour une clientèle spécifique ».
Fiche technique
Article
Philippe Viot
J'essaie de proposer queque chose de particulier <br>pour une clientèle spécifique;
J'essaie de proposer queque chose de particulier
pour une clientèle spécifique;
La Cucaracha à Vannes :
Un établissement unique pour
une clientèle spécifique.

La Cucaracha
Rue Gay Lussac
Lotissement de Parc Lann
56000 Vannes
Tel : 02 97 46 48 66
Activités :
bar d'ambiance, concerts
Ouverture : 6 jours sur 7 de 22 à 4 heures
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