Michel Panariello : chocolatier, un métier où
l'on peut concilier travail et vie de famille
Michel Panariello a une formation de glacier. Après sont CAP
glacier à Marseille en apprentissage, il poursuit ses études
par un BTM glacier à Toulon puis un BTM chocolatier. C'est un choix
qu'il juge intéressant : « glacier et chocolatier sont
deux métiers qui se complètent bien. Lorsque la saison des
glaces se termine, celle des chocolats démarre. Cela va de paire.
Après mon BTM glacier et ma première expérience, je
me suis retrouvé au chômage. C'était l'occasion de me
perfectionner, c'est pour cela que j'ai passé mon BTM chocolatier ».
Cette formation l'a intéressé « nous apprenons à
être chef d'équipe, nous travaillons sur l'animation d'équipe,
la gestion des stocks, c'est une bonne formation, assez difficile car le
niveau est plus élevé ».
Michel entre ensuite en contrat de qualification chez Riederer, pâtissier
chocolatier réputé sur la place d'Aix en Provence.
« Chez Riederer, je travaillais le chocolat, les glaces mais aussi
le salé. Cela m'a beaucoup plu, c'était très diversifié.
Mais en même temps, j'effectuais beaucoup d'heures et un moment donné
j'ai choisi de privilégier ma famille. Les deux n'étaient
pas compatibles avec de jeunes enfants ».
Michel veut néanmoins rester dans son métier, il entre alors
à la chocolaterie de Puyricard et voilà maintenant quatre
années qu'il y travaille : « je fais tout ici, je tourne
dans les postes, je travaille les pates, la ganache ou le praliné
par exemple ». Michel aime le côté créatif
de son métier et cette année encore la chocolaterie Puyricard
participe aux « ufs royaux », une manifestation
qu'il prend à cur : « c'est un concours de création.
Les plus grands maîtres chocolatiers confectionnent et exposent leur
création en chocolat à l'occasion de Pâques dans la
Grande Galerie du Trianon à Versailles. Chaque participant doit réaliser
l'uvre la plus belle qu'il soit, sur le thème de la royauté.
Il y a deux ans, j'avais participé à la réalisation
d'un uf de 80 cm sur un socle en fleur de lys. Participer à
un concours permet de sortir du quotidien, de créer tout en respectant
les contraintes qui nous sont données. Ce n'est pas facile, mais
c'est exaltant ». Le mot est lâché, car en effet,
le travail du chocolatier peut rimer avec monotonie, les gestes sont parfois
répétitifs. « Ici, à la chocolaterie, on
tourne. On a une gamme de 92 chocolats. Je propose parfois de nouvelles
recettes, mais il est difficile d'avoir une gamme plus large, surtout lorsque
l'on sait qu'il faut en moyenne quatre années pour que le nouveau
produit trouve sa clientèle ».
Pour Michel le métier est facile et agréable : « bien
sûr il faut respecter des règles simples, la courbe de température
du chocolat, c'est « le nerf de la guerre », le chocolat
monte à 50° puis redescend à 27° pour finir à
31°. Il ne doit pas cristalliser, être ni trop fluide ni trop
cassant. Il faut stabiliser les molécules pour que le chocolat ait
un aspect brillant ». Mais, en plus de la technicité, il
faut avant tout être passionné « Pour faire ce métier,
il faut l'aimer » et sans doute être un peu gourmand
Michel raffole des « Solène » au chocolat brut
avec une noisette grillée à l'intérieur ou encore des
« clous de Cézanne » garnis avec de la figue
confite et du Marc.
L'avenir reste ouvert pour Michel mais il lui semble qu'avec les années,
il s'orientera sur un travail créatif où il s'exprimera grâce
au chocolat. Il se voit alors dans un bureau d'étude, à la
recherche de formes créatives, de décors, travaillant la matière
première.
Cédric Narbonne : l'amour du métier
Cédric Narbonne est un jeune chocolatier de 21 ans. Des études
généralistes qui ne l'enthousiasmaient guère et un
engouement pour la pâtisserie l'ont fait s'orienter vers un CAP de
boulanger - pâtissier à Aix-en-Provence. « j'ai toujours
aimer la pâtisserie, j'ai même un oncle pâtissier, et
puis j'aime être en contact avec l'alimentaire". Pendant son CAP en
apprentissage, il travaille chez Segond où il apprend à travailler
la crème, la viennoiserie, les tartes. Il garde un bon souvenir de
son apprentissage « c'est une bonne chose de pouvoir étudier
et en complément de connaître la réalité du métier
chez un employeur. J'ai travaillé en tant qu'ouvrier, cela m'a montré
le travail, c'est assez dur moralement car l'on est poussé à
100% ».
Puis, chemin faisant, Cédric, dans le cadre de son CAP, pratique
également le chocolat ; il est enthousiasmé et cherche alors
à s'orienter vers le métier de pâtissier - chocolatier.
Il entre au restaurant « La bastide » à Aix en
Provence et apprend le travail de la pâtisserie à l'assiette
: « les horaires sont certes très contraignants mais le
travail est très intéressant. C'est à l'opposé
du travail de pâtissier au sein d'une boutique. Je me suis exercé
aux volumes, il fallait que ce soit beau et bon.
Je faisais aussi les mises en place ». Mais, la vie dans
les cuisines ne semble pas être faite pour Cédric qui décide
alors de changer d'orientation tout en restant dans le métier : « je
suis entré à la chocolaterie de Puyricard en 2000 en tant
que saisonnier. Puis, par volonté, j'ai réussi à être
gardé. J'ai reçu une formation complémentaire et je
suis maintenant à la confiserie, notamment à la fabrication
des calissons. Cependant, je tourne. Je travaille également sur les
truffes, la ganache, le démoulage, le praliné. Je suis autonome,
cela me plait ».
Cédric se plait à dire aux plus jeunes que chocolatier
confiseur est un métier fabuleux et qu'il faut l'aimer. « il
faut essayer car à la base il faut l'amour du métier. On commence
de rien et ce que l'on sort est magnifique, les clients trouvent que l'on
fait de bonnes choses, c'est gratifiant.
Il faut aussi je crois être
délicat dans ce métier".
Etienne Doisy : depuis l'age de 10 ans je veux être chocolatier
Etienne a une formation complète avec un CAP boulangerie, un
CAP pâtissier option alimentation, et un CAP chocolatier. « en
fait, j'ai eu une mauvaise orientation au départ. Lorsqu'à
10 ans, dans un salon avec mon père, boulanger de métier,
j'ai vu une démonstration de pièces en chocolat, je me suis
dit qu'il fallait que j'en fasse mon métier. J'ai pourtant été
orienté sur la boulangerie, alors que je ne voulais pas faire cela.
J'ai bêtement perdu 3 ans". Après donc quelques détours,
Etienne arrive à ce qu'il souhaite et intègre un CAP de chocolatier
« dans ce CAP, on apprend les règles de base du chocolat
: réaliser un chocolat bouillonnant constamment, quelques pièces
commerciale et de la confiserie. La matière en elle même est
difficile, il faut savoir la maîtriser".
En sortant de sa formation, Etienne veut travailler, mais il regrette encore
de n'avoir pas poursuivi sur un BTM « il y a très peu d'écoles
de chocolatiers, c'est une spécialisation trop rare et je ne voulais
pas rester en région parisienne. Je crois qu'un CAP peut être
suffisant pour réussir dans ce métier. Mais, pour réaliser
des pièces artistiques, il vaut mieux avoir un BTM ».
Etienne aime son métier même s'il précise : « les
artisans chocolatiers sont assez rares maintenant, on ne peut pas vivre
que du chocolat en étant artisan, c'est un produit de luxe. Pour
un artisan, le bon chocolat est cher. Il y a une grande différence
entre le chocolat industriel et le chocolat artisanal. La matière
première chez nous à Puyricard par exemple arrive sans aucune
adjonction de produits de conservation. Notre chocolat de couverture suit
un cahier des charges très strict issu des meilleures fèves,
et le goût s'en ressent. Mieux vaut être pâtisser
chocolatier pour en vivre. D'ailleurs, en pâtisserie, on apprend les
bases de la chocolaterie ».
Après son CAP en boulangerie pâtisserie, il réalise
un stage en chocolat « c'était le rêve, j'étais
chez un artisan, il a cru en moi, il m'a poussé. D'ailleurs il voulait
que je sois Compagnon. Mais, même si j'adore mon métier, je
veux travailler pour en vivre et non vivre pour travailler ».
Puis, Etienne se spécialise en chocolaterie dans un CFA, par
apprentissage « j'étais chez un pâtissier, mais j'étais
responsable de la partie chocolat. J'étais autonome dans mon travail.
L'apprentissage est une bonne formule, c'est mieux que les lycées
professionnels, on peut mettre en uvre immédiatement ce que
l'on a appris ».
Puis, Etienne se lance dans la vie professionnelle, il postule à
la chocolaterie de Puyricard après 6 mois de chômage et il
est pris en tant que saisonnier. Il fera deux saisons, avant d'être
embauché. A la chocolaterie, il prépare les intérieurs
: ganache, pralinés, caramels, pates d'amande ou alcools, il réalise
les mises en forme en poche pour les truffes, mais effectue aussi des opérations
de moulage ou démoulage : « ce qui me plait c'est de changer
de poste, de varier mon travail. C'est plus valorisant que de faire un travail
monotone. J'ai créé quelques recettes. A partir d'une base
donnée, je trouve un amalgame, c'est une partie créative intéressante ».
A l'avenir, Etienne se voit avec davantage de responsabilités et
d'initiatives, et aussi avec une plus forte reconnaissance de son travail.
Car, il est fier de son métier « à force de travail,
on arrive à quelque chose. Il faut être motivé, passionné ».