Le Lycée professionnel L. A. de Bougainville à Nantes
les élèves en plein travail
Lycée Professionel Louis-Antoine de Bougainville
2, rue Eugène Le Roux 44 100 Nantes
Tel: 02 51 80 24 00
Pour ne pas se limiter à l'acquisition d'un métier...

Le Lycée professionnel L. A. de Bougainville est situé non loin du port autonome de Nantes, dans le quartier de Chantenay. Construit en 1958, le bâtiment qui l'abrite a toujours été orienté vers la formation professionnelle. Initialement centre d'apprentissage, ce fut ensuite un collège d'enseignement technique avant de devenir, en 1977, l'actuel Lycée Professionnel. Le lycée accueille aujourd'hui environ 440 élèves, encadrés par une équipe de plus de 80 personnes, qui se destinent à l'hôtellerie restauration, mais aussi aux métiers de la vente ou à des professions plus originales.

A côté des formations spécifiquement orientées vers les métiers de bouche, le Lycée de Bougainville possède en effet une importante section vente et une section plus réduite consacrée à la tapisserie d'ameublement et à la couture-décor. Il s'agit, pour les élèves qui ont choisi ces dernières sections, de découvrir et de faire leur un métier artisanal très particulier.

Acquérir un métier et une culture générale

S'agissant plus particulièrement des métiers de bouche, le Lycée de Bougainville propose tout d'abord un BEP Bio-services, destiné à former de futurs agents techniques d'alimentation, employés par la restauration collective; et un BEP Hôtellerie Restauration. Ce dernier BEP pourra être complété par une spécialisation au métier de traiteur, autre spécialité du Lycée de Bougainville.

Dans tous les cas, les élèves titulaires d'un BEP peuvent pousser plus loin leur formation, au sein du Lycée ou ailleurs ; l'essentiel restant, pour l'équipe pédagogique comme pour la direction, que le jeune qui rentre au Lycée de Bougainville ressorte de sa formation avec, bien sûr, un métier qui le rende immédiatement opérationnel sur le marché du travail, mais aussi et surtout avec une culture générale. Comme le soulignent de concorde Madame Michèle Gontard, Proviseur du Lycée, et M. Yves Dreillard, Chef des travaux : "le Lycée est certes là avant tout pour former des élèves à un métier, mais aussi plus largement pour les éduquer, c'est-à-dire leur permettre d'accéder à une certaine culture, en les ouvrant, les tirant vers autre chose que la simple acquisition d'un savoir-faire professionnel".

Aussi, les jeunes qui rentrent au Lycée de Bougainville savent-ils d'emblée qu'ils s'engagent dans une aventure qui devrait en principe durer quatre ans, les amener au Bac pro, voire, pour ceux qui le souhaitent, vers une première d'adaptation leur ouvrant les portes d'un bac technologique et enfin d'un BTS. En effet, toute l'équipe du Lycée de Bougainville cherche à pousser vers le haut ses élèves et n'hésite pas à les envoyer dans les établissements de la région qui leur permettront de passer les examens nécessaires pour acquérir les diplômes auxquels ne prépare pas le Lycée, comme la première d'adaptation et le Bac technologique, ou certaines spécialisations souhaitées par quelques éléments.

De plus en plus d'offres emplois pour un secteur où la main d'œuvre se raréfie

Bien évidemment, rien n'interdit à l'élève qui le souhaite de tenter sa chance sur le marché de l'emploi, une fois son BEP en poche. Au demeurant, un tiers environ des jeunes titulaires d'un BEP se satisfont de ce diplôme et s'insèrent, grâce à lui et sans difficulté aucune, dans le marché du travail, parfois d'ailleurs en occupant des emplois qui n'ont qu'un lointain rapport avec leur formation initiale.

Ceux qui décident de continuer dans la voie de leur choix, au sein du Lycée de Bougainville, le font pour plusieurs raisons. La première tient sans doute au fait qu'ils ont délibérément choisi cette spécialisation. Malheureusement, ceux-ci sont de moins en moins nombreux. L'avantage de cette situation est que les jeunes qui les choisissent s'avèrent particulièrement motivés. Ce qui se traduit par exemple par très peu de remises en question à l'issue du stage. Cette motivation les conduit tout naturellement à se spécialiser plus encore et à chercher à parfaire leur formation. La seconde raison tient en la qualité de la formation dispensée au Lycée de Bougainville. Les élèves que j'ai rencontré lors de ma visite m'ont confirmé qu'ils avaient jusqu'alors trouvé leur compte dans les enseignements qui leur étaient assurés et qu'ils étaient notamment très satisfaits de l'équilibre entre la théorie et la pratique déterminé par le programme pédagogique du Lycée.

De l'importance des Périodes de formation en entreprise

Tous les élèves du Lycée de Bougainville suivent bien évidemment des périodes de formation en entreprise qui leur permettent de confronter leurs connaissances théoriques et pratiques aux nécessités concrètes du métier. S'agissant du BEP Hôtellerie restauration, ces stages (pour reprendre l'ancienne dénomination) se font dans des établissements de Nantes ou de la Côte atlantique, notamment à La Baule, Le Croisic et Pornic ; "Il ne s'agit pas d'envoyer les élèves au casse-pipe" souligne M. Dreillard. Le premier stage est en effet déterminant dans l'appréhension du métier. Aussi l'équipe pédagogique dégage-t-elle préalablement le profil de chaque élève pour essayer de l'orienter vers un établissement adapté et surtout un maître de stage qui lui conviendra. Cette année, un tiers des élèves a fait sa propre démarche professionnelle pour trouver un stage. Disposant du carnet d'adresses de l'établissement et de l'aide des enseignants, tous les élèves qui ont tenté cette expérience ont trouvé l'établissement de leur choix, réussissant même parfois à dénicher de nouveaux partenaires pour le Lycée.

Des enseignements concrets et immédiatement mis en application

De retour de ces périodes de formation, les élèves prennent pleinement conscience de l'intérêt de l'enseignement théorique qui leur est proposé et sont mieux en mesure de comprendre les exigences qui leur sont imposées. Le Lycée dispose en effet de deux restaurants d'application où l'on ne transige pas sur les règles traditionnelles de la cuisine et du service. Le premier restaurant est un restaurant traditionnel qui accueille le public, sur réservation, tous les midis et les mardis et jeudi soirs. Y sont proposés des menus qui diffèrent tous les jours. Les plats servis sont prévus plusieurs semaines à l'avance et présentés dans un livret disponible au Lycée et distribué à certaines administrations.

Les élèves du BEP Hôtellerie restauration du Lycée de Bougainville acquièrent, dès leur arrivée, une tenue vestimentaire de service propre à l'établissement et qui leur permet de fournir immédiatement des prestations extérieures en se sentant à l'aise dans leur rôle et en disposant d'un signe distinctif par rapport aux autres prestataires. Le second restaurant propose une formule rapide avec un plat et une entrée ou un dessert. Très apprécié des élèves et du personnel du Lycée, il accueille aussi le grand public mais dans une moindre mesure que le restaurant traditionnel. Le jour de ma visite, la classe de terminale du BEP hôtellerie y offrait un pot à ses "clients" (sans alcool et dont tous les ingrédients ont été gracieusement offerts par le Promocash de Nantes), à l'occasion de la parution et de la mise en vente d'un ouvrage réalisé par leurs soins : "Le tour de Nantes". S'agissant enfin des produits élaborés par les élèves suivant la spécialisation "traiteur", tous sont commercialisés en son enceinte, après avoir été éventuellement conditionnés sous-vide.

Un établissement ouvert sur l'extérieur

Toutes ces activités donnent aux élèves l'indispensable ouverture sur l'extérieur qui facilitera leur insertion et leur adaptation au marché du travail. C'est de cette même logique que découlent les nombreuses participations à divers concours, comme la Coupe Baptiste, le Concours Gratien Meyer ou le Concours Malongo, et autres salons, comme le Salon Serbotel au printemps dernier. C'est également toujours dans cette même logique que le projet pluridisciplinaire d'établissement a été déterminé autour du thème "Santé et citoyenneté", ce qui permet aux élèves de rencontrer de nombreux intervenants extérieurs venus les sensibiliser au secourisme, à la prévention des risques professionnels et à la santé, mais aussi à des problèmes pouvant les toucher de façon plus intime tels que la sexualité, le tabac, le stress ou la violence. Certes, le fait que le Lycée soit submergé d'offres d'emplois, tant au niveau local qu'au niveau national voire international, est sans doute pour beaucoup dans la motivation générale qui anime le personnel et les élèves. Cela n'explique cependant pas tout. Lors de notre entretien, Madame le Proviseur a sans doute résumé un autre aspect important de cette bonne ambiance et qui tient dans ce que toute l'équipe d'encadrement a à cœur que les élèves réussissent dans leur vie professionnelle mais aussi dans leur vie personnelle. Au Lycée de Bougainville, la porte des bureaux est toujours ouverte aux élèves et pas seulement pour parler travail. Toutes leurs préoccupations sont ainsi susceptibles d'être prises en compte car, on a parfois tendance à l'oublier, il n'y a pas que le travail dans la vie...
Article
Témoignages
Philippe Gady
les élèves en plein travail
Lycée Professionel Louis-Antoine de Bougainville
2, rue Eugène Le Roux 44 100 Nantes
Tel: 02 51 80 24 00

Rachel Sauvetre, Marie Sonnet, Bruno Olivier
Rachel Sauvetre

Agée de 18 ans, Rachel est au Lycée de Bougainville depuis bientôt trois ans. A l'issue de son BEP option cuisine, elle a choisi de parfaire sa formation par une spécialisation "traiteur". Très tôt attirée par les métiers de bouche, "ce que je voulais faire depuis toute petite", Rachel a volontairement privilégié cette voie et y a persisté en dépit d'un premier stage "qui ne s'est pas très bien passé". Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un mauvais souvenir, effacé par d'autres stages et la perspective de faire un métier qui lui plaît. Si Rachel a privilégié la spécialisation "traiteur", c'est parce qu'elle considère qu'on y trouve "une meilleure ambiance que dans la restauration traditionnelle" et que "ce n'y est jamais la routine". Séduite notamment par toutes les réceptions telles que cérémonies de mariage, elle ne considère pas que son métier constituera un jour un obstacle à une vie de famille épanouie. Confiante dans l'avenir, Rachel estime que les lois sociales récemment adoptées permettront d'atténuer ces contraintes qui, de toutes façons, disparaîtront, certes pour laisser place à d'autres types de contraintes, lorsqu'elle aura réussi à développer sa propre affaire.

Marie Sonnet

Marie a 17 ans et est entrée au Lycée de Bougainville l'an dernier, pour y préparer un BEP Hôtellerie restauration. A l'issue de sa première année, elle a choisi l'option "restaurant", avec pour perspective de sanctionner sa formation par un Bac pro ou une mention complémentaire en sommellerie. Elle aussi a délibérément choisi cette voie professionnelle, après avoir été séduite par les expériences qu'elle a pu vivre chez son oncle et sa tante, qui tiennent un bar sur la Côte atlantique. Son stage Au Maréchal, à La Baule, s'étant très bien passé et les conditions d'études offertes par le Lycée de Bougainville lui convenant tout à fait, Marie envisage elle aussi l'avenir avec sérénité. Elle souhaiterait, dans un premier temps, trouver une place dans un restaurant gastronomique, surtout si elle peut alors prétendre au titre de sommelière, pour ensuite, pourquoi pas, se mettre à son compte.

Bruno Olivier

Bruno, âgé de 16 ans, vient juste d'intégrer le Lycée de Bougainville et de terminer son premier stage. Celui-ci, réalisé au Clos de La Bronçais, à Saint-Herblain, s'est très bien passé, venant ainsi conforter Bruno dans son choix initial de se spécialiser dans la cuisine. Il faut dire que Bruno "aime bien cuisiner... et bien manger aussi", ce qui, bien souvent, ne va pas l'un sans l'autre. Très content de la formation, très satisfait également de l'esprit d'équipe qui règne en cuisine, Bruno envisage déjà de poursuivre sur un Bac pro, sans pour autant s'être déterminé pour une spécialisation. Lui aussi aimerait, un jour ou l'autre, ouvrir sa propre affaire, considérant qu'il s'agit là, finalement, d'un rêve que caressent tous les employées de l'hôtellerie restauration. Toutefois, Bruno est conscient que, d'ici là, il lui faudra encore beaucoup apprendre et notamment à travailler plus vite, sans que la qualité de son travail en pâtisse.
Archives
Voici le sommaire du numéro 51 :
Accueil | Editorial | Restaurant | Café | Hôtel | Epicier | Traiteur | Agenda | Les échos | Dossier | Métiers de demain | Nouveautés salon | Parole de caviste | Témoignage | Sommelier | Ambiance | Histoire de marque | Carrière | Livres