En 1967, Procter & Gamble lance Ariel
William Procter, James Gamble
W. Procter et J. Gamble
(fabricant de bougies pour le 1er et savonnier pour le 2ème)

En 1837, William Procter et James Gamble créent une Société qui représente aujourd'hui 300 marques de produits grande consommation, un effectif mondial de 110 000 personnes réparties dans 140 pays et un chiffre d'affaires de plus de 38,13 milliards de dollars. Ariel est l'un des produits phares de la Société, né d'une découverte capitale : les enzymes.







L'eau, le savon et la lessive

L'eau représente dans l'histoire la première forme de nettoyage connue. Si le savon est utilisé depuis l'Antiquité, l'apparition des premières lessives est intervenue au début du vingtième siècle. Il s'agissait d'augmenter l'efficacité du produit de lavage mais aussi dans certains pays de faire face au problème de pénurie de matières grasses végétales exotiques utilisées pour la fabrication des savons. Ainsi apparue au début du XXe siècle, la nécessité d'un produit de remplacement pour le savon, élément de base des produits de lavage de l'époque. Trois âges se sont succédés : celui du savon, celui des poudres de savon puis celui des détergents synthétiques en 1952. Ce marché a trouvé rapidement preneur. Dès la fin des années 70, et en l'espace de 13 années, le marché des détergents en France a sextuplé, en passant de 52 000 tonnes à 300 000 tonnes.

1837 marque l'association de William Procter et James Gamble

Le savon est le premier métier du groupe, celui par lequel la société va acquérir les bases de son savoir-faire industriel et de son expérience commerciale. Tout commence à Cincinnati, aux Etats-Unis en 1837, avec l'association de William Procter, l'anglais et James Gamble, l'irlandais, mariés à deux sœurs, Olivia et Elizabeth. C'est ainsi qu'ils créèrent sous le conseil de leur beau-père commun la Société Procter et Gamble. En cette période de panique financière aux Etats-Unis, ils se lancent dans la vente de savons et de bougies, sous l'emblême "Moon and Stars" (Lune et Etoiles). En 1859, La Compagnie emploie 80 personnes. La fabrication de bougies sera abandonnée en 1920, avec l'apparition et la popularité croissante de l'ampoule électrique.
William et James améliorent sans cesse la fabrication du savon, qui repose encore sur une méthode qui consiste à faire bouillir des débris de graisse avec des cendres de bois. Un accident de fabrication marque une étape importante dans le développement de Procter et Gamble. Par inadvertance, un ouvrier laisse bouillir trop longtemps le mélange. Le savon qui sort de la cuve contient des bulles d'air, ce qui lui donne le pouvoir de flotter. La société avec l'aide de James Norris Gamble, fils de James et chimiste, perfectionne le procédé et lance ce savon en 1879 sous le nom d'Ivory. C'est à Harley Procter, le fils de William que revient l'appellation "ivory". La pureté du savon l'aura sans doute inspirée, mais bien moins que la lecture de la Bible un dimanche à l'Eglise : "out of ivory palaces". William Alexandre Procter, l'arrière-petit-fils de William sera en 1890 le premier Président de la Société, le deuxième sera William Cooper Procter jusqu'en 1934. Il restera alors le dernier membre des deux familles à avoir géré la Compagnie. Après le lancement en 1926 de Camay, un savon rose moussant et parfumé, Procter et Gamble mettra au point des détergents, des adoucissants textiles, des nettoyants ménagers.

1921 : le premier savon en poudre pour machine à laver chez Procter et Gamble

En 1921, Procter et Gamble lance Chispo, le premier savon en poudre conçu spécialement pour le lavage en machine. Puis, en 1933, c'est Dreft, le premier détergent synthétique doté d'une "molécule miracle" qui apparaît sur le marché. Ainsi les dérivés du pétrole se sont progressivement substitués aux corps gras, base du savon, à partir des années 50. En 1931, un chercheur de Procter et Gamble, alors en voyage d'étude en Allemagne, apprend la découverte d'une molécule de synthèse qui facilite la pénétration des teintures dans les fibres. On la destine donc à l'industrie textile. Le centre de recherche de Procter et Gamble analyse la molécule et acquiert les brevets, lui ouvrant la voie de la fabrication d'un produit de lavage fondé sur ce principe.

Une association d'enzymes biologiques et de puissants ingrédients détergents

Dès 1954, Procter et Gamble s'implante en France, 117 ans après la création de la société. En effet, en août 1954, deux ingénieurs arrivent avec les plans de la chaîne de production, à Marseille. En octobre, c'est le démarrage de l'usine avec la production de la lessive "tide". En 1957, Procter et Gamble France compte 356 employés. En 1958, lancement de Camay et Bonux. Au début des années 60, Procter et Gamble représente une quarantaine de produits grande consommation, un effectif mondial de 26 000 personnes réparties dans une dizaine de pays, un chiffre d'affaires de plus de 1,5 milliard de dollars. En 10 ans, Procter et Gamble lancera six produits, de Camay à Bonux en passant par Dash et Ariel.

1967 : naissance d'Ariel

En 1967, naît Ariel, la première lessive biologique aux enzymes qui combattent spécifiquement les taches d'origine protéinique. En effet, en 1966, le département recherche et développement de Procter et Gamble France attire l'attention de la direction générale sur la découverte d'une famille de substances chimiques, les enzymes. Les enzymes sont des substances organiques, des protéines à la base de presque toutes les réactions chimiques de l'organisme. Elles interviennent en particulier dans les fonctions de la digestion et de l'élimination des déchets. Elles peuvent littéralement "digérer" les taches de fruit, sang ou œuf. Il faut alors identifier les enzymes qui résistent le mieux aux autres éléments chimiques en présence, au repos et au moment du lavage. Après 7 mois de tests dans le département témoin des Seine-Maritime, Ariel est lancé.

La machine à laver
Elle devient électrique au début du siècle et automatique en 1937. En 1945, elle reste pourtant un luxe presque totalement inconnu de la grande majorité des ménages français. Ce n'est que vers les années 1950 qu'elle fait son apparition de façon significative dans les foyers. Entre 1954 et 1964, le taux d'équipement en machine à laver le linge passe de 8,4 % à 35,5 %. En 1994, près de 85% des foyers possèdent une machine à laver.
Claire Morandeau
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