Balnéo, Thalasso, les remèdes modernes au stress...
Euripide déjà écrivait en 420 avant
JC que "la mer lave les maux de tous les hommes". Ainsi au fil du temps,
avec plus ou moins des éclipses, les hommes ont utilisé les
bienfaits marins pour se soigner.
En 2001, c'est un véritable engouement qui fait se
multiplier les offres de week-end et de semaine de "relaxation". Il ne faut
pas confondre balnéothérapie et thalassothérapie. La
balnéothérapie utilise l'eau courante, pour ses propriétés
physiques d'apesanteur et elle se pratique dans un environnement médical.
La "balnéo", quant à elle, se développe en salles de
sport et dans les instituts d'esthétique, et il s'agit en général
de jacuzzis, spas et autres équipements de ce style...
La thalassothérapie est l'utilisation combinée, dans un but
préventif ou curatif, dans un site marin privilégié,
sous surveillance médicale, des vertus du milieu marin, c'est-à-dire
du climat, de l'eau de mer, des boues marines, des algues, sables et autres
substances pouvant être extraites de la mer (définition de
la Fédération Internationale de Thalassothérapie).
Il existe d'ailleurs une charte de qualité pour la thalassothérapie
parue au Journal Officiel du 18 juin 1997, qui définit précisément
ces critères.
C'est donc acquis, il existe toujours une technique
exploitable par un établissement hôtelier et par un restaurant,
quelle que soit sa position géographique.
Un concept tout en un
Stressés, fatigués, les clients recherchent une offre de remise
en forme globale comprenant les soins, la restauration adaptée et
le logement. C'est donc à ce titre que vous tes concernés.
Profitant de cette semaine ou de ce week-end pour prendre soin d'eux dans
tous les sens du terme, les clients attendent des services adaptés
au contexte. Nathalie, cadre commercial, l'avoue : "je suis partie une semaine
en thalassothérapie, pour me reposer et tre en forme à
la rentrée. Les repas étaient parfaits : beaucoup de poissons,
des plats élaborés mais pas trop lourds... Je me suis fait
plaisir sans nuire à ma ligne." Le mot est lancé : ligne !
Et oui, hommes ou femmes, les clients des établissements de thalassothérapie
sont souvent dans une configuration de soins de leur corps ou de leur moral,
ils recherchent donc des plats bons mais légers. Alors, libre cours
à l'imagination du chef.
Autre facette, il s'agit souvent d'une
clientèle qui attend les "plus" services, en échange d'un
séjour somme toute encore onéreux. Les détails qui
font la différence, la disponibilité du personnel sont attendus,
voire exigés. Romain, cadre supérieur, le confirme, "je me
souviendrai longtemps de ce week-end thalasso. J'avais vraiment l'impression
de déranger : pas moyen d'avoir le petit-déjeuner au lit,
les heures de repas étaient strictes et courtes, je n'avais aucune
latitude pour pouvoir rester tranquille. Un vrai enfer! Quand on facture
une prestation aussi cher, le minimum serait d'avoir un service de premier
choix !". Bien entendu, il serait facile de répondre à Romain
en arguant sur le contexte médical, sur l'importance des soins et
des contraintes que cela impose...
Cela pourrait à la limite se comprendre pour des clients qui sont
dans une optique très médicalisée, mais l'essentiel
de la clientèle actuelle, qui choisit ce type de prestation pour
le confort et le bien-être ne peut pas comprendre un tel discours
! L'important, pour satisfaire la clientèle et pour qu'elle serve
de relais pour votre établissement, est qu'elle reparte comblée.
Pour cela, il n'y a d'autre choix que de multiplier les services et les
attentions : animations en soirée, salon d'esthétique, bibliothèque,
solarium, etc.. Ce que recherche la clientèle, c'est avant tout un
instant privilégié, dédié à son bien-être
et à sa détente, sans avoir à aller chercher ailleurs.
Emmanuel, ingénieur télécom, renchérit même
: "La thalassothérapie, ou la balnéo, ce n'est pas tant pour
les vertus médicinales que j'aime ça. Ce qui m'attire, c'est
de me retrouver une semaine dans un environnement entièrement dédié
à mon confort. C'est vraiment un moment d'égoïsme pur."
D'ailleurs, cela se voit bien, les établissements, qu'ils soient
de balnéothérapie, ou de thalassothérapie communiquent
essentiellement sur les bienfaits, sur le repos, sur la détente.
Ils ont compris où se déplaçait le cur de cible.
Un phénomène de mode ou un investissement
durable?
Le premier établissement de bains chauds a été ouvert
à Dieppe en 1822. Le XIXème siècle a été
une période de fort développement pour la thalassothérapie
et les cures thermales, attirant la noblesse, les casinos et un certain
art de vivre, illustré par les affiches des "bains de mer". La guerre
viendra mettre fin à cette époque, et c'est à un célèbre
cycliste, Louison Bobet, que l'on doit le retour en grâce des vertus
aquatiques dans les années 60. Commence alors une nouvelle ère,
avec la première génération de centres modernes, qui
durera 20 ans. Ds 1988, l'offre de services se multiplie et les centres
fleurissent sur le littoral français. Ce mouvement s'accompagne d'un
renouveau des valeurs régénérantes de l'eau et d'un
regain des cures thermales, la fréquentation des établissements
thermaux ayant à nouveau progressé en 1999 après une
chute de 15 % en 7 ans.
Le client de 2001 n'est pas le curiste du
début du siècle. Il vient faire une cure thermale ou une thalassothérapie
dans une optique globale de repos et de détente. La demande est forte,
et les établissements spécialisés se multiplient. Tant
et si bien que l'argument est devenu touristique et figure au même
titre que les hôtels et restaurants dans les guides des offices de
tourisme. Le phénomène est en pleine expansion et les demandes
affluent. Que ce soit pour la France ou à l'étranger, les
citadins ne rêvent que de ça, d'un luxe inestimable actuellement:
du temps rien que pour soit ! On peut penser qu'avec l'essor des valeurs
"terroir" et "bien-être", ce phénomène va encore durer
quelques temps.
Il faut ajouter aussi que la client à la française dispose
de plus de temps avec la loi sur la réduction du temps de travail,
sans pour autant avoir perdu de son pouvoir d'achat. Pour vous, professionnels
du CHR, il existe plusieurs manières de s'inscrire dans le phénomène
: être associé à un centre médicalisé,
qu'il soit de thalassothérapie et ou de balnéothérapie,
et proposer ce qui relève de l'hébergement et de la restauration,
choisir de développer une offre "balnéo", plus centrée
sur la remise en forme, et là, le développement peut se faire
à partir d'un établissement hôtelier, moyennant un sérieux
investissement financier et l'embauche de personnel spécialisé
(kinésithérapeute, masseur, professeurs de sport, etc.), ou
enfin, vous décider d'être à l'origine d'un centre complet,
regroupant les "soins", l'hébergement et la restauration, et il s'agira
d'un investissement de plusieurs millions de francs (même d'euros
!) où souvent vous travaillerez conjointement avec les collectivités
territoriales...
Mais quelle que soit la solution qui est la vôtre, n'oubliez
pas que votre client cherche avant tout "quelques instants de repos et de
plénitude avant de repartir dans une vie qui est de plus en plus
difficile", selon Stéphanie, cadre et mère de deux enfants...