le compte à rebours a commencé...
L'Euro
L'Euro

Notre dossier pour bien vous préparer à l'Euro de A à Z L'abécédaire de l'euro
Le compte à rebours est commencé. Le nouveau franc, introduit voilà quelques trente années, va disparaître de la circulation au profit d'une monnaie commune à 200 millions de consommateurs. L'événement est d'importance… tout autant que les appréhensions légitimes de chacun. Mais, plus encore que le particulier, le commerçant va être en première ligne dès le début de l'année 2002 parce que, durant sept semaines, les deux monnaies pourront indifféremment être utilisées. Au ministère de l'économie et des finances, on a d'ailleurs bien compris la difficulté de la tâche qui vous attend et l'importance de votre rôle durant cette période charnière : « Les entreprises du commerce et de l'artisanat sont concernées au premier chef par le passage à l'euro parce qu'elles devront, comme les autres acteurs économiques, procéder à leur propre adaptation. Mais aussi parce que leur rapport direct avec le consommateur final les conduira à jouer un rôle primordial dans le processus d'introduction à l'euro fiduciaire dès le tout début de l'année 2002 ».

Sachant que c'est tout un pays qui compte sur vous, nous vous donnons sous la forme d'abécédaire quelques éclaircissements, quelques rappels indispensables et quelques solutions possibles pour vous simplifier le travail. Et bon courage à tous !

A comme approvisionnement

Tous les commerçants pourront obtenir des pièces et billets en euros à partir du premier décembre. Un fonds de caisse standardisé pour les pièces est constitué de 640 pièces, représentant 222 euros (soit 1.456, 22 F.) Il en sera fabriqué 1,5 million d'unitées, destinés à alimenter les commerces de proximité qui ont le plus besoin de monnaie. Mais le commerçant pourra compléter sa demande par des billets et des pièces en vrac.

B comme billets

Sept billets différents existeront en euros, contre cinq seulement actuellement en francs. Le plus petit vaudra 5 euros (32,80 F.), le plus important 500 euros (3279, 79 F.). Entre les deux, les autres valeurs seront de 10 euros (65, 60 F.), 20 euros (131, 19 F.), 50 euros (327, 98 F.), 100 euros (655, 96 F.) et 200 euros (1311, 91 F.). Contrairement aux pièces qui ont une face spécifique par pays, ils sont rigoureusement identiques dans toute la zone euro.

C comme carte bancaire

Possible depuis le 1er janvier 1999, le paiement par carte bancaire devrait être le plus simple puisque le client n'aura pas à changer de carte… à condition que votre terminal soit adapté. C'est donc à vous de vous renseigner auprès de votre organisme bancaire pour savoir si votre équipement est au goût du jour. Il en va de même pour votre équipement informatique éventuel.

D comme double affichage

Si jusqu'à la fin de l'année, le double affichage n'est pas obligatoire, il est néanmoins fortement recommandé afin de préparer la clientèle au changement de monnaie. Mieux, après une période où le prix en francs était en évidence au détriment de l'euro, l'opération peut s'inverser dès à présent. A partir de 2002, seul l'affichage en euros sera obligatoire, mais le double affichage est néanmoins conseillé jusqu'au mois de juin, en donnant bien évidemment la prédominance à la nouvelle monnaie.

E comme échange

Au-delà de la date de double circulation, le 17 février 2002, l'échange des francs contre des euros sera encore possible et gratuit auprès de votre banque. Pour les non clients, l'échange sera également gratuit… jusqu'à un certain montant qui n'est pas encore défini avec exactitude. Après le 30 juin 2002, l'échange sera encore possible auprès de la banque de France et du Trésor public pendant 3 ans pour les pièces et 10 ans pour les billets.

F comme familiarisation

Dans quelques semaines, il n'y aura plus le choix : l'euro aura remplacé le franc. Il est donc capital de s'y familiariser au plus vite, mais aussi d'y familiariser son personnel et sa clientèle. Le double affichage est l'un des moyens évidents pour y parvenir, mais il sera plus clair si vous utilisez des étiquettes de couleurs différentes, si les symboles des deux monnaies sont bien apparents… Tout comme il est important, durant les premières semaines de l'année 2002, de laisser à la disposition de votre clientèle une calculette de conversion.

G comme guichet automatique

Les distributeurs de billets seront adaptés à l'euro dès la fin de l'année, afin qu'au 1er janvier au matin vous puissiez retirer de l'argent en euros… Attention au retour de réveillon !

I comme imprimés

Documentations publicitaires et autres mailings doivent se projeter dans le temps. Si vous en préparez avant la fin de l'année, pensez que leur diffusion aura lieu en 2002. Les bons de commande de fin d'année pour des livraisons en 2002 doivent pareillement être rédigés en euros, tout comme les devis demandés en 2001 pour des ventes prévues l'année prochaine.

J comme jour après jour

Le calendrier de l'euro se résume ainsi : - Depuis le 1er juillet, les banques ne fournissent que des chéquiers en euros. - En décembre 2001, vous recevez des fonds de caisse en euros tandis que les banques proposent à la vente des sachets de pièces en euros d'une valeur de 100 F. - Le 1er janvier, l'euro est la monnaie officielle, mais jusqu'au 17 février les paiements en liquide peuvent être effectués indifféremment en euros ou en francs. Après cette date, les paiements en francs ne sont plus autorisés. - Jusqu'au 30 juin, les francs peuvent être échangés dans toutes les banques. - Après le 30 juin, seuls la banque de France et le Trésor public procèderont à cet échange, pendant 3 ans pour les pièces, 10 ans pour les billets.

L comme liquide

Si dès le 1er janvier, chèques et cartes seront exclusivement en euro, les clients pourront encore payer avec de l'argent liquide en francs jusqu'au 17 février. Le plus simple (! !) est donc de prévoir deux caisses : une active, en euros, et l'autre passive qui ne servira qu'à recueillir les francs durant cette période transitoire.

M comme monnaie

Aux sept billets présentés à la lettre B, s'ajouteront 8 pièces de monnaie (soit une de moins qu'actuellement). Leur valeur respective sera de 1 cent (7 centimes), 2 cents (13 centimes), 5 cents (33 centimes), 10 cents (66 centimes), 20 cents (1, 31 F.), 50 cents (3, 28 F.), 1 euro (6, 56 F.) et 2 euros (13, 12 F.) L'une des faces est commune à tous les pays de la zone euro, l'autre face est propre à chacun des pays. Mais, quelle que soit leur origine, les pièces sont utilisables dans tous les pays concernés.

N comme ni-ni

Jusqu'au 31 décembre de cette année, il n'y a ni obligation, ni interdiction d'utiliser l'euro, sauf sur les marchés financiers. En clair, il faut un accord entre le commerçant et le client pour que la nouvelle monnaie soit utilisée au détriment du franc dans toutes les transactions commerciales.

O comme opérations bancaires

Vos relevés de compte pratiquent le double affichage, pour la plupart désormais en donnant la priorité à l'euro. Au moment de la conversion définitive des comptes, les facilités de caisse et les découverts autorisés seront eux aussi exprimés en euros. Pour les prêts en cours, la continuité des contrats sera assuré, à charge pour votre établissement bancaire de vous fournir un nouveau tableau d'amortissement.

P comme premiers euros

Le 15 décembre 2001 débutera l'opération premiers euros : un sachet contenant 40 pièces dans la nouvelle monnaie sera vendu dans les établissements bancaires et les postes au prix de 100 F., soit 15, 24 euros.

R comme remise de chèques

Contrairement aux cartes bancaires, les chèques sont différents selon qu'ils sont exprimés en francs ou en euros. Concrètement, cela veut dire que lors de la remise des chèques à votre banque, vous devez utiliser des bordereaux spécifiques francs et euros.

S comme symbole

Le F. de franc disparaîtra donc de notre univers l'an prochain au profit du E de l'euro, traversé d'une double barre. Si les ordinateurs récents ont intégré ce nouveau symbole sur leur clavier, il n'en va pas de même pour les plus anciens. Il existe des possibilités de télécharger ce symbole sur différents sites internet.

T comme transaction

Attention, si un client vous règle avec un chèque en euros tiré sur une banque étrangère, ce que l'on appelle le paiement transfrontalier, des frais de traitement importants subsistent encore. Mieux vaut donc privilégier le paiement en espèces ou en carte bancaire, moins coûteux et plus sécurisé.

U comme utilisation

Pour les chèques cadeaux, avoirs ou autres bons d'échange émis avant la fin d'année, mais seulement utilisables après le 1er janvier, le double affichage francs/euros est indispensable.

V comme vérité

Laurent Fabius l'a clairement indiqué, le changement de monnaie ne doit pas être l'occasion d'une augmentation des prix. N'empêche, vous êtes nombreux à fonctionner avec des prix psychologiques qui n'auront plus le même impact lors du passage du franc à l'euro. Il est donc important de dire la vérité à votre clientèle, en soulignant que les modifications de prix sont légères d'une part et qu'elles ne vont pas toujours dans votre intérêt. Certains prix augmentent, d'autres baissent pour des raisons identiques.

X comme X
C'est une lettre symbole en mathématiques… et il va falloir s'habituer très vite à refaire des efforts de calcul ! En France, la valeur de l'euro a été fixé à 6, 55957 F. Comme le résultat ne tombe pas juste, une règle d'arrondi s'impose. Ainsi, pour les montants qui comporteront plus de trois chiffres après la virgule, la règle veut que l'on n'en retient que deux : si le 3ème chiffre est égal ou supérieur à 5, le montant est arrondi au cent supérieur ; si le 3ème chiffre est inférieur à 5, le montant est arrondi au cent inférieur.

Z comme zone euro

Avec la France, onze pays européens adoptent la nouvelle monnaie en même temps. Il s'agit de la Grèce, de l'Autriche, du Luxembourg, de l'Allemagne, de la Belgique, de la Finlande, des Pays-Bas, de l'Irlande, du Portugal, de l'Espagne et de l'Italie.
Article
Témoignages : 1  2
Jean-Yves Dupain
Daniel Gauthey
Daniel Gauthey

BAR RESTAURANT LE PASSING
Propriétaire : Daniel Gauthey
Stade de Méons
42000 Saint-Etienne
Tel : 04 77 33 09 00
Fax : 04 77 32 41 08

Le Passing à Saint-Etienne

Des terrains de football tout autour, des courts de tennis au pied des terrasses, une zone destinée à la pratique du tir à l'arc… Le restaurant ouvert voici treize ans par M. et Mme Gauthey pouvait difficilement être baptisé autrement que d'un nom en rapport direct avec le monde sportif : ce fut donc le Passing, même si le restaurant n'est pas le club-house du club de tennis, mais bel et bien un établissement indépendant. Au contraire, même la clientèle n'est pas à priorité composée de joueurs, mais plutôt d'industriels et de commerçants installés dans les nombreuses zones alentour qui viennent en particulier le midi. L'exception a lieu un soir par semaine quand les anciens footballeurs professionnels de l'AS Saint-Étienne se donnent rendez-vous au Passing. Il est vrai que le mythique stade Geoffroy-Guichard est tout proche…
Ex sportifs de haut niveau ou pas, les clients du Passing apprécient tout autant l'ambiance conviviale qui règne dans les lieux, « un esprit copain » comme le souligne Mme Gauthey, que la qualité de la nourriture proposée par monsieur. De la lotte aux escargots et aux grenouilles à la trilogie de veau en passant par l'assiette de foie gras poêlé aux figues et pêches, les spécialités sont il est vrai alléchantes. La possibilité d'être dans un cadre calme et reposant, tout en étant à quelques hectomètres du centre-ville de Saint-Étienne et à proximité immédiate de l'autoroute, est un autre de ces atouts.
Et même l'arrivée très prochaine de l'euro ne semble pas vouloir perturber le climat. M. et Mme Gauthey sont fatalistes : « On n'imagine pas encore. Bien sûr qu'on est angoissé, mais on n'a pas le choix. Alors on s'adaptera bon gré, mal gré. D'ailleurs, comme il nous a fallu changer l'année dernière notre caisse enregistreuse, notre matériel est d'ores et déjà prêt : nous sommes déjà en euro à la demande ». D'ailleurs, depuis l'été dernier, les premiers paiements avec la nouvelle monnaie sont arrivés.
Si Daniel Gauthey effectue le parallèle avec le passage des anciens aux nouveaux francs, son épouse préfère se souvenir du bon temps des vacances : « Au début, ce sera comme dans un pays étranger quand on fait systématiquement le calcul pour comparer avec les prix en francs. Mais on s'y habitue très vite ». C'est plus la valeur de la nouvelle monnaie par rapport au franc qui pose question : « Psychologiquement, je crois que l'on va avoir l'impression que c'est moins cher et ça, c'est dangereux. Il va falloir compter… D'ailleurs, on a déjà acheté une machine à calculer » ! Et le premier janvier à douze heures, puisque Le Passing est ouvert sept jours sur sept sauf le dimanche soir, elle va fonctionner quand les premiers clients de l'année paieront avec des francs, mais que la monnaie devra être rendue avec des billets et pièces tout neufs. En euros forcément…
Stéphane Lapierre
Stéphane Lapierre

RESTAURANT LE REFUGE
Propriétaire : Stéphane Lapierre
Le Guizay
42660 Planfoy
Tel : 04 77 80 21 39

Le refuge à Planfoy
 »Nous allons servir de banquier »
Stéphane Lapierre se souviendra longtemps de cette année 2001. Au printemps, il a racheté Le Refuge, une auberge toute proche de Saint-Etienne avant de se marier à l'automne…
Après avoir été le chef de la Cour des Loges à Lyon, un établissement haut de gamme, il a donc fait le choix de s'installer dans un établissement à l'ambition bien plus modeste : « J'ai gardé le nom parce qu'il correspond au cadre, à l'ambiance. Mais d'auberge, le Refuge est devenu restaurant avec un esprit plus professionnel, plus proche de la Cour des Loges sans en avoir le standing. Ainsi, je n'accepte pas de clients sans réservation ce qui me permet de travailler uniquement des produits frais ».
En sept mois d'existence, le Refuge nouvelle formule s'est déjà fait une clientèle… même si certains habitués d'autrefois s'étonnent de se voir refuser une table pour n'avoir pas prévenu à l'avance : « On ne peut pas plaire à tout le monde » avoue Stéphane Lapierre, convaincu en revanche que ceux qui viennent chez lui une fois reviendront. S'il parvient à fidéliser sa clientèle, c'est autant par la qualité de la nourriture proposée que par l'ambiance qui règne dans l'établissement : « Je veux garder le côté convivial et ainsi, tous les clients bénéficient du café gratuit qu'ils prennent le repas à 65 F. ou à 185 F. »
Sûr de lui pour la conduite de sa cuisine, Stéphane Lapierre avoue sans ambâges s'inquiéter du passage à l'euro : « je suis cuisinier, pas comptable » ! Mais cette inquiétude est vite contrebalancé par la profession de son père : « Il est… banquier ! Donc tout ce qui est comptabilité, chiffres, c'est lui qui s'en occupe ». Alors forcément, il sait que la nouvelle monnaie va induire de nouveaux achats : « Je sais par exemple qu'il va falloir acheter une nouvelle caisse, ce qui va me créer de nouveaux frais dont je me serai bien passé. Mais cela va me demander aussi une période d'adaptation à ce nouveau matériel. Déjà que je passe 1 h 30 tous les soirs. En revanche, comme je viens seulement d'installer le terminal pour cartes bleues, je sais qu'il est adapté »…
Le passage à l'euro va également générer des difficultés pour l'établissement de la carte du restaurant : « Comme je ne travaille que des produits frais, je change de carte tous les trois mois. Logiquement donc, la carte d'hiver aurait dû rester en place jusqu'au mois de mars. Avec l'euro, je vais donc être obligé d'en changer à mi-saison, ne serait-ce que pour modifier mon prix de base qui de 65 F. va passer à 68, 70 F ». La période transitoire, du 1er janvier au 17 février, durant laquelle les deux monnaies seront acceptées, est un autre motif d'inquiétude : « je pense que beaucoup d'argent liquide va circuler alors que pour nous, l'idéal serait que tout le monde paie en carte bancaire ou en chèque. Là, le client va nous régler en francs, nous allons rendre la monnaie en euros. En fait, nous allons servir de banquier ».
L'unique soulagement de Stéphane Lapierre est que ce changement de monnaie ait lieu en janvier, une période plus calme dans son établissement : « Heureusement encore qu'ils ne m'ont pas fait ça un 1er juillet » ! En attendant, il a déjà mis en place le double affichage, en donnant la priorité aux francs. Et surtout, il a déjà encaissé des paiements en euros : « En deux occasions, ce sont des repas d'affaires qui ont été réglés ainsi. Mais dernièrement, j'ai encaissé un premier chèque en euros provenant d'un particulier, une grand mère qui offrait à manger à ses enfants et petits enfants ».
Archives
Voici le sommaire du numéro 54 :
Accueil | Editorial | Restaurant | Café | Hôtel | Epicier | Traiteur | Agenda | Les échos | Dossier | Métiers de demain | Nouveautés salon | Parole de caviste | Témoignage | Histoire de marque | Sommelier | Ambiance | Carrière | Livres