Le Chianti Classico est produit depuis plusieurs siècles
dans une tranche de Toscane délimitée au Nord par la ville
de Florence, à l'Est par le Mont du Chianti, au Sud par la ville
de Sienne et à l'Ouest par les vallées de la Greve, de la
Pesa et de l'Elsa, le long desquelles s'étend la voie rapide dénommée »Palio ».
Florence et Sienne sont les deux « capitales » du Chianti
Classico.
Ces terres s'étendent sur 70 000 hectares. Les bois occupent presque
la moitié du territoire.
Cette terre est riche d'histoire et d'anciennes traditions.
Elle a été civilisée par les Etrusques et plus tard
par les Romains. Au Moyen Age, le Chianti Classico fut le théâtre
de batailles entre Florence et Sienne. C'est aussi à cette époque
que de nombreux villages et abbayes, châteaux et forteresses furent
construits et transformés ensuite en maisons de campagne et résidences
dès que la paix revint. C'est alors que l'on employa de vastes superficies
de bois de châtaigniers pour les transformer en vignobles, transformation
qui commença à prendre progressivement de l'importance économique
et une renommée internationale.
Le premier document notarial mentionnant le nom du Chianti date de 1404.
Au 17ème siècle, les exportations vers l'Angleterre étaient
fréquentes. Puis à partir du 18ème siècle, la
renaissance agraire de la Toscane entraîna l'exploitation du Chianti
Classico au moyen du métayage. La plupart des fermes ainsi que la
disposition des terres telle qu'il est possible de la voir aujourd'hui date
de cette époque.
La zone votée à l'exploitation viticole du Chianti Classico
a été délimitée en 1932 par un décret
ministériel et depuis lors, les limites n'ont plus été
modifiées. Le décret définissait le Chianti Classico
comme la zone d'origine la plus ancienne, lui assignant ainsi une attestation
de primogéniture et lui reconnaissant une identité toute particulière.
Les 7000 hectares de vignobles sont aujourd'hui inscrits au Registre de
la D.O.C.G (Dénomination d'Origine Contrôlée et Garantie),
ce qui fait de cette dénomination l'une des plus importantes d'Italie
étant donnée qu'elle constitue presque un quart de tout le
vin à D.O.C.G.
La légende du Coq noir
La renommée du Chianti Classico date de longtemps, et ce vin a rencontré
de nombreux rivaux. En 1716, le Grand Duc de Toscane Côme III fut
donc contraint de faire connaître les limites du Chianti Classico.
Ce fut le premier document légal au monde définissant une
zone de production vinicole. Mais ce ne fut pas suffisant, du faux Chianti
Classico continuait d'être produit. C'est pour cette raison qu'en
mai 1924 un organisme fut créé pour défendre et valoriser
la production. C'est ainsi que naquit le « Consorzio per la difesa
del vino Chianti et della sua marca », qui a pour image et comme
attestation de qualité le coq noir, en italien le « Gallo
Nero ». Le coq noir est en effet le symbole qui identifie depuis
toujours le territoire du Chianti Classico et vient d'une légende
relative aux rivalités qui animaient jadis Florence et Sienne. Pour
mettre fin à leurs interminables guerres, les deux villes décidèrent
de confier la détermination de leurs limites à un combat singulier
entre deux chevaliers. Ils devaient pour cela partir chacun de leur ville
à l'aube, au chant du coq, et leur point de rencontre devait établir
les limites entre les deux républiques. Les Siennois élevèrent
et gâtèrent dans ce but un coq blanc qui fut bientôt
alourdi par les excès de nourriture. Les Florentins choisirent un
petit coq noir auquel ils donnaient si peu à manger que le jour fatidique
il commença à chanter avant l'aube. Par conséquent,
le chevalier florentin partit très tôt et ne rencontra le chevalier
siennois qu'à Fonterutoli, à une douzaine de kilomètres
de Sienne. Ce fut pour ce motif que presque tout le territoire du Chianti
Classico passa sous la juridiction de la république florentine. Il
se peut que cela ne soit qu'une légende, mais il est certain que
le profil du coq noir était justement l'emblème de la Ligue
du Chianti historique qui déjà au 14ème siècle
gouvernait ces contrées.
Des règles de production strictes
Le territoire du Chianti Classico ne produit pas que du vin de ce nom :
en effet, pour avoir droit à cette appellation, il est non seulement
indispensable qu'il provienne d'une zone bien déterminée,
mais aussi que toutes les règles prévues par le règlement
de production, établi depuis 1894, soient respectées.
Le règlement exige en premier lieu que le Chianti Classico soit composé
de quatre espèces de ceps, deux à grains rouges (le Sangiovese
dans un pourcentage pouvant aller de 75 à 90 % et le Canaiolo de
5 à 10 %) et deux à grains blancs (la Malvasia et le Trebbiano
pour un pourcentage totale de 2 à 5 %). Il est possible d'utiliser
d'autres raisins à grains rouges, à raison d'un maximum de
10%, comme par exemple le raisin local, le Colorino, le Cabernet-Sauvignon
ou le Merlot.
En second lieu, le degré d'alcool doit avoir un minimum de
12° pour le vin normal et de 12,5° pour celui de la « Riserva ».
Pour avoir droit à l'appellation »Chianti Classico »,
un vin doit aussi répondre à d'autres facteurs de production
forts importants. Il faut laisser passer 5 ans avant que le raisin d'un
vignoble nouvellement planté soit vinifié ; le rendement par
hectare ne peut dépasser 7500 kilogrammes, ce qui correspond à
5250 litres de vin et un pied doit produire au maximum 3 kilogrammes de
raisin.
Outre le degré d'alcool évoqué, le Chianti Classico
doit avoir des qualités caractéristiques bien précises
: sa couleur doit être d'un rouge rubis vif, avec une tendance au
grenat au fur et à mesure qu'il vieillit ; son odeur doit être
intensément vineuse, même avec un parfum prononcé de
violette ; sa saveur doit être harmonieuse, sèche, savoureuse,
avec un léger goût de tanin ; le sucre réducteur contenu
ne doit pas dépasser 4 gr/l ; l'extrait sec total minimum doit être
de 2,3% et l'acidité totale minimum de 5 pour mille.
Terrains, climats et altitudes
Le climat, la variété des types de sols, et les altitudes
font du Chianti Classico une région particulièrement destinée
à la production de vin de qualité.
Le climat est continental dans cette région, avec des températures
basses en hiver et des étés secs et chauds. Les altitudes
fluctuant entre 250 et 800, mètres sont à l'origine de fortes
amplitudes thermiques dans le courant de la journée. Les terrains
sont donc très variés.
La diversité des terrains est telle qu'il est difficile de les classer
en fonction de leur appartenance communale. Il est néanmoins possible
de dire que les terrains de San Casciano présentent plus d'albérèse,
et que ceux du territoire de Grève sont plus argilo- calcaire, comme
dans toutes les zones les plus basses d'ailleurs. La chaîne des Monts
du Chianti est constituée de roches arénifères tandis
que la zone centre méridionale est constituée en grande partie
d'albérèse. La majeure partie de castelnuovo Berardenga est,
elle, caractérisée par la présence de tuf. Par ailleurs,
presque tout le terrain du Chianti Classico est caractérisé
par l'abondance de cailloux ou de pierres, en particulier de la glaise cohérente.
Deux éléments importants caractérisent également
le paysage agraire du Chianti Classico : les rangées de vignes qui
s'alternent avec celles des oliveraies.