Au côté d'une excellente formation et d'une bonne expérience
professionnelle il faut avoir le goût du défi, l'envie de réussir mais également être prêt à quelques sacrifices.
On entre en Restauration comme on entre dans les ordres.
Les tâches sont tellement nombreuses, diverses et difficiles, qu'il faut une bonne dose de courage et de volonté pour accomplir nos douze travaux d'Hercule.
Depuis 90 ans, ma famille, au travers de trois générations, gère mon restaurant. Cette expérience personnelle me rappelle le seul avantage de cette longévité : l'histoire se renouvelant toujours, l'expérience du passé sert toujours à réaliser le présent et à préparer l'avenir.
Pour nous, en 90 ans, les embûches ont été nombreuses : la crise économique de 1929, la seconde guerre mondiale avec le restaurant détruit par les bombardements et reconstruit avec les moyens du bord (le père, de nationalité espagnole, ne bénéficiant pas de l'aide de l'Etat français pour la reconstruction), les modifications urbaines, l'avènement de la voiture et le manque de stationnement dans les villes, les crises pétrolières
Mais également les bonnes choses : le coté relationnel extraordinaire de ce métier, les possibilités de rebondir commercialement à tous moments, la solidarité espagnole, l'appui des fournisseurs, le bénéfice des 30 glorieuses, la fidélité des clients et des amis
Autant de souvenirs qui démontrent la nécessité d'observer l'histoire de son établissement, de sa ville, de sa région.
On en tire alors les conclusions suivantes :
- il faut rester modeste dans les moments euphoriques,
- il faut être combatif dans les moments difficiles,
- il faut avoir autour de soi un bon tissu de fournisseurs, d'amis, de clients, de collègues, ne serait-ce que pour nous remonter le moral,
- Enfin, conclusion suprême : on n'est pas plus sot que nos prédécesseurs.
Notre bouée de sauvetage est la solidarité. Cette solidarité qui, en plus de l'aide matérielle, nous est offerte par nos Organismes Professionnels (en ce qui me concerne, la CPIH) et par nous, êtres humains. Ne l'oublions jamais.
J. ALEMANY
Président CPIH 16