De l'espoir pour 2009
Comme beaucoup d'autres, l'Association du Quartier de la Bastide à Bordeaux est née du besoin de se fédérer pour porter auprès des organes institutionnels la voix de ses habitants et de ses commerçants. Son ambition est de développer la vie de ce secteur de la rive droite, si longtemps abandonné, en participant entre autres à créer des conditions favorables au développement du commerce.
Président de cette association et restaurateur, je suis à ce titre particulièrement sensibilisé aux conséquences de la crise financière qui menace de contaminer l'économie réelle. La peur d'une récession s'accompagnant d'une flambée du chômage pèse sur l'ensemble de l'activité économique.
La restauration accuse déjà les conséquences de la situation. Répercussion de la crise du pouvoir d'achat, les Français sortent moins au restaurant. La fréquentation de nos établissements depuis le début de l'année a chuté de 20 à 30% suivant les régions et le ticket moyen est en régression. Rappelons qu'à la fin de septembre 2008, le nombre d'hôtels, cafés et restaurants ayant déposé le bilan était en hausse de 37% par rapport à l'an dernier sur la même période.
La baisse de la TVA à 5,5 %, arlésienne des restaurateurs, est réclamée plus que jamais par la profession. La TVA, ce n'est pas moi qui vous l'ai promise, mais c'est moi qui vous l'obtiendrai avait déclaré le candidat Nicolas Sarkozy à ce propos lors de la campagne présidentielle en 2007. Fin 2008, le projet se heurte toujours au blocage de l'Allemagne et du Danemark au sein de l'Union Européenne mais aussi à celui de Sénat. Pourtant, les règles communautaires permettraient à la France de ramener de son propre chef la TVA à 15%, mieux que rien sans aucun doute en attendant d'obtenir mieux.
Mais la baisse de la TVA est-elle vraiment l'unique remède à tous nos maux ? Afin de favoriser l'embauche, sollicitons le gouvernement pour qu'il mette en place des aides à l'emploi significatives. Cela permettrait de freiner le chômage et de revaloriser les salaires dans un secteur où la main d'uvre est particulièrement mal payée et souffre de plein fouet de la régression du pouvoir d'achat.
Ne serait-il pas aussi opportun, en période de crise, d'infléchir l'intransigeance de l'administration fiscale qui pénalise sans concession le moindre retard de paiement, soit-il de 24 heures, participant à la noyade de ces entreprises qui ont rejoint le club des 37% ?
N'oublions pas que les restaurateurs sont créateurs d'emplois, créateurs de richesses. L'hôtellerie-restauration, avec 850 000 personnes, est le quatrième employeur français. Gageons que les mesures seront prises pour y préserver l'emploi, la qualité du service et de l'accueil.
Christophe Boyer,
Président de l'association du Quartier
de la Bastide à Bordeaux et restaurateur